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Fermetures administratives : le gouvernement veut empêcher les étudiants de faire front avec les lycéens

Wed, 07 Oct 2026 18:29:07 CEST

Révolution Permanente

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Depuis l'acte III ce mardi 6 octobre, le mouvement lycéen est marqué par l'entrée en scène des étudiants et de certains secteurs du monde du travail. Dans les universités, pour tenter d'empêcher les étudiants de rejoindre la colère lycéenne, le gouvernement a recours aux fermetures administratives. Une arme face à laquelle il faut riposter !

Depuis mardi 6 octobre, le mouvement lycéen parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil s'étend à tous les lycées et emporte avec lui les étudiants, avec le blocage de dizaines de campus. Cette extension qui se poursuit jusqu'à ce mercredi 7 octobre avec entre autres le blocage de Sciences Po, qui a rassemblé des centaines d'étudiants. Terrorisé par cette extension du mouvement aux universités, le gouvernement déploie une féroce répression policière, à l'image de la nasse au blocus de Sciences Po Paris pendant plusieurs heures ou de l'intervention des CRS pour réprimer une AG à Jussieu. Mais il s'appuie aussi sur une répression administrative, en multipliant les fermetures d'universités pour basculer les cours en distanciel. Si on pourrait être tentés de voir ces fermetures administratives comme des victoires arrachées par la lutte, il faut au contraire dénoncer ces manœuvres qui visent à casser la mobilisation !

Plus d'une quinzaine en Île-de-France, deux à Lyon, huit à Lille ou encore deux à Bordeaux, depuis l'extension du mouvement lycéen, des dizaines de campus ont été fermés préventivement par les présidences de facs pour tenter de briser la convergence naissante des étudiants avec les lycéens. L'utilisation de la fermeture administrative pour casser les mobilisations étudiantes n'est cependant pas nouvelle. Depuis le Covid, elle a été utilisée des dizaines de fois par les présidences d'Universités pour empêcher la mobilisation en soutien au peuple palestinien, le mouvement du 10 septembre 2025, ou encore des réunions politiques, comme une réunion contre la loi immigration à Rennes 2.

Souvent justifiée par des « perturbations des enseignements » ou pour « préserver la sécurité des personnes et des biens », la fermeture de campus et le passage des cours en distanciel servent en réalité à empêcher la mobilisation, en vidant les facs, en privant les étudiants d'espaces de discussions et d'auto-organisation et en permettant bien souvent, par le passage en distanciel, de maintenir des obligations d'assiduité. De plus, elles servent parfois aux présidences de facs à monter les étudiants mobilisés contre les étudiants non mobilisés en faisant porter à ces premiers la responsabilité de la fermeture. Ainsi, si elle est parfois présentée comme une victoire de la mobilisation en ce que les campus ferment leurs portes, il n'en est rien.

Si le gouvernement et ses relais sont aujourd'hui obligés de recourir massivement à des fermetures d'établissement – comme dans les lycées où depuis le début du mouvement, des centaines d'établissement ont fermé leurs portes – c'est parce que la détermination des lycéens mobilisés n'est pas entamée par la répression policière inouïe qui s'abat sur eux, des yeux crevés aux mains arrachées. Loin de décourager, la répression a au contraire été un vecteur de mobilisation et de solidarité, le mouvement continue à s'étendre, et commence à tisser des ponts entre différents secteurs, des parents d'élèves aux professeurs.

Étudiants, travailleurs de l'éducation et professeurs d'universités doivent donc refuser le « lock-out scolaire », exiger la fin des cours en distanciel, et se battre aux côtés de la jeunesse mobilisée dans les lycées, avec laquelle ils partagent bon nombre de revendications. Contre les fermetures, de premières initiatives voient le jour, comme des rassemblements appelés par le Poing Levé sur le parvis du campus de Victoire de l'Université de Bordeaux à 11 h, ou à 18 h Place de la République à Paris ce mercredi 7 octobre.

Mais face aux tentatives du gouvernement d'éteindre la colère, il faudra continuer non seulement à étendre les blocages, mais aussi organiser des assemblées massives, construire des coordinations entre les lycéens, étudiants et travailleurs mobilisés, et lutter pour ouvrir les facultés à toutes les personnes mobilisées pour en faire des lieux de résistance et d'auto-organisation. Plus encore, face aux tentatives du gouvernement d'éteindre la colère, il faut renforcer la lutte dans les universités : étendre les blocages, organiser des assemblées massives et ouvrir les facultés aux lycéens pour organiser des rencontres et des coordinations.

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