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Conseillère information jeunesse, je vois des situations d'urgence au quotidien : soutien aux lycéen·nes !

Wed, 07 Oct 2026 10:22:29 CEST

Révolution Permanente

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Travaillant au quotidien auprès de lycéens et lycéennes, Lys Garan revient sur les raisons qui poussent les lycéen.nes à se mobiliser et enjoint ses collègues à rejoindre leur lutte.

Cette rentrée 2026 est marquée au fer rouge par la colère de la jeunesse, depuis des semaines je reçois des jeunes âgé.es entre 15 et 25 ans qui sont dans des situations d'incertitude totale, voire d'urgence.

Aujourd'hui la jeunesse fait face à un système éducatif qui le mène dans le mur, alors quand on lui demande « tu veux faire quoi plus tard ? », « tu voudrais travailler dans quoi ? », quelle réponse peut-elle apporter ? Aucune.

Ce que le mouvement lycéen exprime aujourd'hui c'est toute la colère d'une jeunesse laissée à l'abandon, celle à qui on dit qu'il suffit de le vouloir pour y arriver.

Mais quelles conditions sont organisées pour y arriver, quand tu étudies à plus de 35 dans une classe, que l'année de ton bac de Français tu n'as pas de prof pendant plus de 5 mois, que ton établissement prend l'eau ou carrément n'ouvre pas pendant 15 jours en hiver car le chauffage ne fonctionne pas.

Comment tu peux espérer t'en sortir alors même que le soin n'est pas possible faute d'infirmière ou d'assistante sociale dans ton lycée ?

La semaine dernière je suis intervenue dans une classe de 2nde, un jeudi à 15h00, et sans surprise, avec une écrasante majorité ce qui s'exprimait c'était une fatigue chronique due au rythme scolaire, 8h-18h, des profs absents ou encore une charge de travail non absorbable.

Comment est-il possible de correctement étudier dans ces conditions, quand, dès la rentrée tu es déjà épuisé du rythme qui t'est imposé ?!

Depuis la rentrée, c'est pas moins de 3 jeunes différents ayant obtenu leur BAC, qui se sont retrouvés sans aucune proposition post BAC, ce sont ces mêmes jeunes que j'ai accompagnés pendant leur année de terminale rongés par le stress de Parcoursup qui se retrouvent sans solution à la rentrée, ou bien qui tentent, à 18 ans de s'inscrire à la mission locale pour espérer décrocher un poste dans le nettoyage. Ce n'était pas l'avenir que cette jeune avait en tête…

Ce n'était pas celui non plus de Diego et Alex, 25 ans tous les deux, qui dorment dans leur voiture, car trouver un travail même avec une formation en poche est quasi impossible.

Moi, mon métier ce n'est pas d'accompagner les jeunes en situation d'urgence, mais aujourd'hui je n'ai plus d'autre choix, puisque l'ensemble des structures sociales révèlent toutes leurs limites, manque de moyens, licenciements, manque de place d'hébergement…

Les jeunes ne sont pas dupes, ce qui s'exprime c'est une colère politique avec des revendications claires qui dépassent celles de la jeunesse mais qui posent la question plus générale des conditions d'existence.

Ils sont lucides face aux orientations politiques qu'on leur impose.

La semaine dernière j'étais avec des étudiants du CROUS en bas de leur résidence, et j'ai constaté l'état et leurs conditions de vie, un bâtiment dégradé, impossible de chauffer l'hiver et une chaleur écrasante l'été, pas de laverie, ni de restau U sur place. Et je ne parle même pas de l'image que se donne le CROUS d'organiser la vie sociale étudiante… Ici, dans cette résidence, rien, et personne ne se croise.

Le CROUS n'organise pas la vie des étudiants, mais il canalise leur précarité.
Mais les jeunes ne s'y trompent pas, ils le savent l'orientation du gouvernement est claire : « ils réarment le pays, ils désarment notre avenir ».

On nous parle d'engagement, de citoyenneté alors même que l'ensemble des prestations jeunes ont été diminuées, en 2 ans les missions locales ont vu leur budget baisser de 20%, le budget des associations est en chute libre et les services publics avec !

En parallèle, l'Etat mène une politique sur le terrain militaire très offensive puisqu'il met tout en œuvre pour que la jeunesse consente à aller à la guerre, service militaire, propagande militaire jusque dans les lycées, réarmement démographique… !

Cette dernière semaine a montré quelle réponse l'Etat a choisi d'apporter à la jeunesse : celle d'une réponse policière violente et massive, puisque le jeudi 1er octobre ce sont presque 2000 interpellations de jeunes, quasiment tous mineurs.

Et c'est sans parler de la frénésie médiatique des antennes de droite, qui s'indignent des poubelles brûlées par quelques jeunes, mais qui taisent les violences policières, celles qui éborgnent des jeunes de 15 ans, qui fracturent des crânes ou encore qui arrachent des dents.

Comment peut-on mettre quelques poubelles brûlées, au même plan que cette répression sanglante qu'organise l'Etat.

La direction est claire : le gouvernement exige que la jeunesse se justifie de leurs méthodes plutôt que de rendre des comptes sur l'état de dégradation de l'éducation et renforce l'imaginaire raciste, en diabolisant les jeunes des quartiers populaires.

Mais si cette répression est si grande c'est parce que le gouvernement et le patronat a peur, peur de l'impact d'une telle mobilisation. La semaine dernière, la mobilisation a dépassé les lycées de banlieue et s'est étendue aux centres-villes.

On a vu une solidarité immense entre les professeurs et AED du lycée Paul Eluard, se former en chaîne humaine pour défendre leurs élèves.

Cette solidarité doit se déployer partout, à l'image des travailleurs et syndicalistes du Havre, qui ont également formé une défense face à la violence d'Etat pour défendre la Jeunesse.

Si cette solidarité est si grande c'est parce que les revendications des lycéen.es sont les mêmes que celles des travailleurs et travailleuses, qui sont les conséquences d'un même gouvernement qui n'a de cesse depuis 10 ans de casser notre camp social.
Aujourd'hui la colère monte, nous devons nous mobiliser, nous organiser car face à cette colère leur violence monte aussi.

Nous les travailleur.euses qui sommes auprès des jeunes tous les jours, avons un rôle à jouer pour soutenir ce mouvement. J'encourage toutes celles et ceux qui le peuvent à se mobiliser et soutenir la semaine noire de blocus appelée par les étudiants, et rejoindre toutes les manifestations du 6 octobre prochains.

Que cette défense de la jeunesse se transforme en lutte commune contre les politiques qui détériorent nos conditions de vie. Nous devons, étudiant·es, travailleur•euses, syndicats mettre toute nos forces pour développer un mouvement capable de défendre la jeunesse face à la détérioration de leurs conditions d'étude comme celles des conditions de travail de leurs parents.

Alors, la question décisive est de savoir si l'indignation qui se diffuse aujourd'hui dans les lycées peut se transformer en un mouvement et en une solidarité durable, tout en s'étendant à de nouvelles couches des exploité.es et des opprimé.es.

Pour vivre et ne plus survivre nous exigeons l'abrogation de Parcoursup, un revenu étudiant à hauteur du SMIC, nous exigeons un investissement massif dans les services publics, la santé, le social, l'éducation, un SMIC à 2000 € net et une revalorisation de toutes les allocations, une retraite à 60 ans et l'expropriation de tous les logements vides.

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