Retour

Formation à la chirurgie de guerre à Rennes : le CHU se prépare au tri des patients

Wed, 07 Oct 2026 19:53:11 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

En juin dernier, la direction du CHU de Rennes a organisé 2 journées de formation à la chirurgie de guerre. Cette initiative révèle un plan du gouvernement pour militariser les hôpitaux, à la fois pour répondre aux enjeux de l'impérialisme français et à la fois à normaliser le fonctionnement en temps de crise avec des mesures comme le tri des patients.

En juin dernier, la direction du CHU de Rennes a organisé 2 journées de formation à la chirurgie de guerre, à l'initiative du chirurgien Erwan Flécher. Ce dernier explique que « dans un contexte international marqué par des tensions persistantes et des crises multiples, la préparation des systèmes de santé à des situations exceptionnelles voit son importance exacerbée ». Environ 130 soignant·es ont assisté à la formation dont une quarantaine d'internes en médecine, ainsi que des infirmières de bloc opératoire.

Le chirurgien à l'initiative de cette formation justifie son entreprise par la : « situation sanitaire exceptionnelle avec inadéquation des moyens à disposition ». S'il est clair que les moyens alloués à la santé, et plus largement aux services publics, sont largement insuffisants, c'est précisément le discours militariste qui permet au gouvernement de justifier ces attaques budgétaires.

De fait, cette formation au CHU de Rennes prend place dans un contexte plus large de préparation à la guerre et de martèlement du consensus militariste. Il y a un an, Macron demandait aux hôpitaux de « se tenir prêts à accueillir des milliers de blessés en cas de conflit armé en Europe ».] L'objectif central de ce genre de formations est donc de préparer les esprits à une perspective de guerre, pour justifier les futures saignées austéritaires, déjà annoncées dans le budget 2027.

Cela a lieu en parallèle des opérations de propagande destinée à donner une image positive de l'armée, lancer des campagnes de propagande à destination de la jeunesse et recruter des milliers de militaires chaque année. Mais il faut également préparer la « société civile » à cette perspective.

Parmi les animateurs de la formation, on retrouve notamment des médecins militaires comme le colonel ou « médecin en chef » de l'hôpital militaire de Marseille, qui se présente comme ayant « l'expérience du vécu dans les derniers conflits où il y avait des militaires français engagés », avant de préciser, concernant le fait de devoir trier les patients (par faute de moyens pour prendre tout le monde en charge), que ça « n'est pas du tout intuitif, quand on est médecin. On peut avoir tendance à s'acharner à essayer de soigner des gens qu'on n'arrivera finalement pas à sauver ».

En lisant ces mots, difficile de ne pas penser à la situation de crise, au plus fort de la pandémie COVID-19, où les soignant·es avaient dû trier les patient·es en fonction de leurs chances de guérison, délaissant les cas les plus critiques faute de moyens suffisants. Dans la continuité de la politique de gestion de la pandémie, aujourd'hui encore le gouvernement prépare les soignant·es à faire beaucoup avec peu, sans jamais augmenter les moyens.

La militarisation des hôpitaux n'est évidemment pas une mesure de santé publique : c'est un projet qui attaque avant tout la santé des classes populaires au profit des intérêts de l'impérialisme. En effet, les hôpitaux subissent une crise austéritaire sur l'ensemble du territoire, et le CHU de Rennes est même régulièrement obligé d'appliquer des « plans blancs » qui imposent une gestion au rabais des épidémies. La militarisation cherche donc à répondre à la fois aux enjeux de l'impérialisme français, qui vise à renforcer la position de la France dans son pré-carré colonial et sa présence sur les cinq continents, et à la fois sert à normaliser le fonctionnement en temps de crise avec des mesures comme le tri des patients.

Il faut au contraire défendre un investissement d'urgence massif dans les services publics et dans la santé pour la gratuité totale des soins, financé directement par le profit du patronat. Pour garantir la pérennité des structures de soins et ouvrir leur accès à tous, nous défendons la nationalisation sans indemnités ni rachat des cliniques privées, l'annulation des dettes des hôpitaux publics ainsi que le remboursement intégral des soins et des franchises pour tous.

C'est ce que nous défendrons aux côtés d'Anasse Kazib à la présidentielle de 2027. Parce que nous refusons que les travailleurs payent la crise et que la militarisation serve de prétexte aux méthodes de tarification à l'activité dans la santé. Pour éviter ces pratiques d'optimisation des coûts qui impactent avant tout les classes populaires, les services publics doivent être mis sous le contrôle des travailleurs et des usagers.

Alors mercredi 7 octobre, venez débattre de cette candidature, apporter votre témoignage, discuter de notre programme, notre stratégie et les objectifs de la campagne, mais aussi nous aider à animer cette campagne. Ce sera à 18h30 au 360 à Rennes (métro Charles de Gaulle) !

Crédits photo : Electzik

/ / / / /