Retour

Arrêté anti-rassemblements devant les lycées du 93 : enseignants, étudiants et avocats se mobilisent

Tue, 06 Oct 2026 13:48:47 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Face à aux arrêtés anti-rassemblements utilisés pour silencier la colère lycéenne, le CAJ a contesté, aux côtés d'enseignants, syndicats et associations, celui de la préfecture du 93. Si la justice a validé l'interdiction, sa décision souligne la nécessité de renforcer l'unité entre lycéens, travailleurs de l'éducation et mouvement ouvrier pour faire reculer la répression.

Depuis le 21 septembre, la mobilisation lycéenne s'étend partout dans le pays - encore près de 600 lycées étaient mobilisés hier - et dénonce les conditions étudiantes de misère : classes surchargées, manque d'enseignants, conditions d'étude dégradées, bâtiments vétustes ou insalubres, manque de personnels médico-sociaux, mais qui ne se limite pas aux revendications scolaire. C'est un mouvement qui dénonce aussi les inégalités scolaires, le tri scolaire de Parcoursup, la militarisation et l'avenir de guerre que leur promet le gouvernement, en passant par les violences policières, le génocide en Palestine, le racisme et l'islamophobie.

Et justement parce que la mobilisation porte en elle une potentialité de politisation plus large de la jeunesse, le gouvernement répond par une offensive d'une intensité exceptionnelle où tous les leviers de l'État sont mobilisés, notamment ses versants administratifs qui prennent le relais de la répression policière. C'est dans ce contexte que plusieurs dizaines d'arrêtés anti-rassemblements ont été pris ces derniers jours dans toute la France, en basculant les cours en distanciel, pour empêcher les lycéens de s'organiser sur leurs lieux d'étude, et les isoler des secteurs qui leur témoignent une solidarité exemplaire depuis le début du mouvement, à l'image des travailleurs du Havre venu les défendre contre la police.

C'est dans ce contexte que la préfecture de Seine-Saint-Denis a d'abord pris un premier arrêté interdisant les rassemblements « aux abords immédiats » de 11 lycées « jusqu'à ce que les enseignements reprennent » - c'est-à-dire de manière générale et absolue.
Le Collectif d'Action Judiciaire, des enseignants ainsi que plusieurs organisations comme le Poing Levé, le Syndicat des Avocats de France, la Ligue des Droits de l'Homme, CGT Éducation, l'Union Syndicale Lycéenne, Solidaires ou encore le Syndicat de la Magistrature ont formé un premier recours. Ils ont ainsi poussé la Préfecture à reprendre un second arrêté le 2 octobre afin de circonscrire l'interdiction à la seule journée du 5 octobre, l'élargissant à 28 établissements du second degré - le tout basculant l'ensemble des cours en distanciel. Une manœuvre qui illustre la méthode d'un État autoritaire qui veut empêcher toute possibilité de recours en prenant des arrêtés tardifs et journalier.

Cette stratégie n'a tout de même pas démobilisé les organisations qui se sont mobilisées aux côtés des enseignants du lycée Paul Eluard pour contester le nouvel arrêté devant le tribunal administratif de Montreuil.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Collectif d'action judiciaire (CAJ) (@collectif_action_judiciaire)

Le tribunal administratif de Montreuil a rejeté le recours hier soir, en considérant que les mesures prises étaient proportionnelles et ne portaient atteinte à aucune liberté fondamentale. Une validation de l'interdiction qu'il faut dénoncer largement et qui rappelle la place de la justice administrative dans la légitimation des outils de maintien de la domination de l'État, toujours plus visible en période de crise.

Face à cette décision, plusieurs enseignants présents à l'audience appellent à se mobiliser largement aux côtés de la jeunesse, notamment dans les assemblées générales organisées par le personnel éducatif, condition pour que le mouvement s'étende et ne perde pas son souffle.

C'est aussi dans cette perspective que Révolution Permanente organise des assemblées ouvertes partout en France pour discuter de la nécessité d'une stratégie et d'un programme révolutionnaires dans dans les présidentielles, comme le porte la candidature d'Anasse Kazib, et de celle de construire en ce sens une convergence entre lycéens, étudiants et travailleurs

/ / / / / / /