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« Ils nous ont foncé dedans » : une voiture de police charge des lycéens à Troyes. Témoignage.

Tue, 06 Oct 2026 16:22:21 CEST

Révolution Permanente

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Des lycéens de Troyes racontent la répression policière brutale qu'ils ont subi devant leur établissement jeudi dernier lorsqu'ils ont été chargés par une voiture de la police en civil, blessés et interpellés.

Nous relayons le récit de deux lycéennes de Troyes qui ont vécu une scène de répression très brutale à Troyes et une deuxième attaque à la voiture-bélier jeudi dernier, à quelques instants d'intervalle de la première qui a largement fait le tour des réseaux sociaux de la BAC.

Au départ, « c'était un truc normal ». Des pancartes sont installées et des lycéens se mobilisent devant leur établissement. La situation est calme, mais la police intervient rapidement.

Une lycéenne raconte qu'une voiture de la BAC en civil passe « à 80 km/h juste à côté de nous », les vitres ouvertes, en aspergeant de gaz les élèves sur son passage.

Pendant ce temps, elle rapporte que la direction ferme le portail du lycée et plusieurs élèves se retrouvent « bloqués dehors », pris entre les grilles et les policiers qui les encerclent, les gazent et les empêchent de sortir. « Ça me faisait hyper mal à la gorge. »

La lycéenne raconte avoir essayé d'aider ses camarades. Elle met notamment du sérum physiologique dans les yeux d'un lycéen en pleurs qui « voulait juste rentrer au lycée ». Elle décrit une scène chaotique et extrêmement violente : ses camarades avaient « tous les yeux complètement défoncés ».

La suite est marquée par une succession de violences. Un lycéen a le front ouvert : « il saignait partout ». Plusieurs élèves sont à terre et « n'arrivent plus à bouger » tandis que les policiers continuent de « lancer » du gaz lacrymogène.

Elle raconte qu'elle a vu une autre lycéenne saisie par le cou, tirée par les cheveux puis jetée au sol. Puis un jeune se diriger vers les policiers pour leur demander de l'aide afin d'échapper au nuage de gaz : il aurait alors été immédiatement plaqué contre un mur puis menotté.

Certains élèves escaladent alors le portail et cherchent par tous les moyens à s'en aller. « Ils voulaient juste de l'air, ils avaient envie de respirer. » Certains élèves vomissent.

Lorsqu'elle retrouve sa mère, la lycéenne fond en larmes : « c'est juste terrifiant. J'ai vraiment eu peur pour ma vie. »

Une autre de ses camarades raconte une scène similaire.

Alors que le blocus est calme, elle explique : « ils nous ont tous encerclés ». Le lycée compte 3 sorties, mais « à chaque fois, on avait la police au bout ».

Les policiers commencent alors à gazer de tous les côtés. Pris de panique et sans issue, des élèves escaladent les grilles « par instinct de survie ». Des professeurs les aident à pousser le grillage pour leur permettre d'échapper au gaz.

Perdue dans la foule avec une amie, la lycéenne raconte qu'elle ne voyait plus rien et a fini au sol, et que les policiers ont continué de lancer du gaz qui montait jusqu'à « la hauteur des arbres » et se répandait jusque dans le lycée : « J'étais tellement étouffée que je n'avais plus aucune force. Je me suis simplement assise par terre, attendant que ça se termine. » Elle raconte avoir eu la sensation d'être brûlée à la tête par les gaz et s'être retrouvée dans un état de semi-conscience.

En repartant, elle voit, près de l'école primaire, une jeune fille blessée et emmenée en urgence à l'hôpital. Elle raconte elle aussi que d'autres jeunes auraient été renversés par la voiture. Pour elle, la réponse policière était sans commune mesure avec les actions des élèves : « C'était clairement une attaque contre nous. »

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