Appel à la grève le 5 novembre : l'intersyndicale enjambe la révolte lycéenne et la colère du 17 octobre
Tue, 06 Oct 2026 09:22:13 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que la révolte lycéenne bat son plein, l'intersyndicale renvoie la mobilisation au 5 novembre, en enjambant le 6 et le 17 octobre. Une éternité à l'échelle du mouvement, qui risque de laisser passer l'occasion d'une convergence des colères. Les syndicats combatifs doivent se battre pour imposer le 17 octobre comme une journée de grève massive.

Ce lundi 5 octobre, une intersyndicale formée par la CFDT, la CGT, FO, l'UNSA et la FSU, a publié un appel à « faire grève et manifester le jeudi 5 novembre prochain ». Dans leur communiqué, ils expliquent : « Les organisations syndicales alertent solennellement gouvernement et patronat. La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales ».
Mais face à cette « colère immense », alors que la révolte lycéenne bat son plein et que la répression s'abat brutalement sur la jeunesse, l'intersyndicale propose... une journée de mobilisation dans un mois. Cet appel est révélateur des limites derrière les appels de syndicats comme la CGT ou la FSU à participer aux manifestations de ce 6 octobre aux côtés des lycéens. En publiant la veille un communiqué appelant à une journée aussi lointaine, les deux organisations montrent que leur plan est de soutenir ponctuellement les lycéens sur une journée, sans investir réellement le mouvement en cours.
Alors que la révolte lycéenne est déjà un des mouvements les plus réprimés de ces dernières années, alors que le gouvernement fait tout pour éviter les jonctions entre les lycées d'autres secteurs qui pourraient les soutenir, les lycéens devraient tenir un mois seuls dans leur bataille pour espérer que le mouvement ouvrier les rejoigne ? C'est inacceptable. Les syndicats combatifs doivent prendre leurs responsabilités et se battre pour imposer que le 17 octobre soit une véritable journée de grève nationale interprofessionnelle. En effet, chez de nombreux lycéens, et dans toute une partie des jeunes travailleurs précaires, cette date cristallise déjà un espoir d'extension de la lutte au-delà des lycées. Il faut lutter pour que cet espoir devienne réalité.
De nombreux secteurs de travailleurs ont déjà montré l'exemple en se mettant en grève ou en se solidarisant avec les lycéens, comme les personnels de l'Éducation à Paul Eluard à Saint-Denis, ou des militants CGT de plusieurs boites du Havre qui ont fait un cordon pour défendre les jeunes face à la police. Il faut s'en inspirer : dans les syndicats, les unions locales et les entreprises, l'heure est à organiser la mobilisation, construire des assemblées et porter partout la nécessité de la jonction avec les lycéens, mais aussi avec la colère contre la vie chère et la hausse des prix du carburant.
Pour cela, la colère large que suscitent les images horribles de répression policière, alors qu'un adolescent a perdu une main ce lundi, peut être un moteur puissant. En s'appuyant sur les exemples de jonction et de solidarité qui ont eu lieu dans plusieurs villes, il faut développer un élan démocratique dans le pays, en défendant le droit de manifester des lycéens, aujourd'hui confrontés à une répression qui rappelle par certains aspects celle des Gilets jaunes. Ce soutien aux lycéens pourrait être un levier pour faire converger les colères et les revendications sur le prix du carburant, les bas salaires, les conditions de travail et les licenciements, mais aussi la lutte contre l'austérité ou la casse des services publics.
Les ingrédients pour faire converger les colères dans un grand mouvement d'ensemble contre le gouvernement et les profiteurs de guerre comme TotalEnergies sont là. Plutôt que de se cacher les yeux, il faut lutter pour que l'intersyndicale appelle clairement à une journée de mobilisation et de grève massive et interprofessionnelle le 17 octobre : pour des embauches et des moyens massifs dans l'éducation, pour des augmentations générales de salaires, pour exproprier TotalEnergies afin de faire baisser et bloquer les prix du carburant, et pour faire tomber Lecornu et son offensive austéritaire. Cet appel devrait servir à avancer vers la perspective d'une grève générale, en commençant par organiser plusieurs journées de grèves consécutives, pour commencer à bloquer réellement l'économie et s'inspirer de la radicalité des lycéens.
Crédit photo : capture d'écran