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Brésil : l'extrême droite pro-impérialiste devance Lula et sort renforcée après le 1er tour

Mon, 05 Oct 2026 15:14:17 CEST

Révolution Permanente

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Dans un contexte d'ingérence impérialiste croissante en Amérique latine et dans les élections brésiliennes, le résultat de ce premier tour témoigne d'un renforcement de l'extrême droite bolsonariste au sein du régime politique dépassant ce que laissaient présager les sondages.

Nous republions un article initialement paru en portugais dans les colonnes de Esquerda Diario, membre du même réseau international de quotidiens en ligne que Révolution Permanente et organe de presse du MRT (Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs) au Brésil.

Flávio Bolsonaro, larbin de Trump, s'est hissé en tête de la course à la présidence, avec 47,09 % des voix, remportant la victoire dans 15 États. Son parti, le PL Parti Libéral, a quadruplé son groupe au Sénat et a progressé au sein des gouvernements des États et des régions du pays. Il faut s'opposer à cette extrême droite pro-impérialiste.

Au cours de sa campagne, Flávio Bolsonaro a pu compter sur le soutien de l'impérialisme étasunien, qui cherche de plus en plus à soumettre le Brésil à ses intérêts. Pour ce faire, il a eu recours à différentes mesures : pressions contre l'utilisation du système de paiement PIX, hausses des tarifs douaniers, classification du PCC et du Comando Vermelho [des organisations criminelles qui dirigent notamment le trafic de drogue et d'armes à São Paulo et à Rio] comme des organisations terroristes, révocation du visa de l'ambassadrice brésilienne et, il y a quelques jours, suspension des services des ambassades et des consulats des États-Unis, en invoquant des « raisons de sécurité ». Tout cela a marqué un bond en avant dans l'ingérence de Trump dans le processus électoral.

Les relations entre les multimillionnaires liés au Rockbridge Network, fondé par le trumpiste JD Vance, et la campagne du fils de Jair Bolsonaro ont également été mises en lumière. Ce sont autant de manifestations des liens internationaux qui unissent les forces d'extrême droite en Amérique latine, de Milei à Kast, et de la multiplication des mesures d'ingérence qui vise à consolider ses positions. Il s'agit là de l'application concrète de la nouvelle doctrine Donroe, qui vise à faire du Brésil une arrière-cour des États-Unis, et du Bouclier des Amériques (une alliance militaire destinée à « protéger l'hémisphère occidental », pilotée par l'impérialisme nord-américain).

C'est dans ce contexte que le premier tour des élections au Brésil s'est soldé non seulement par le renforcement de Flávio Bolsonaro face à Lula, mais aussi par celui de diverses figures de l'extrême droite au sein du régime. Au Sénat, le PL bolsonariste a quadruplé la taille de son groupe, avec 19 nouveaux sénateurs élus qui viendront appuyer les propositions misogynes, transphobes et pro-impérialistes de l'extrême droite brésilienne et ainsi renforcer le bloc dit des « Trois B » : la Bible (évangéliques), les Balles (lobbies pro-armes et pro impunité policière) et les boeufs (l'agro-industrie). Ces forces œuvrent pour la destruction de l'environnement et des droits des travailleurs. Aux côtés de Flávio Bolsonaro, ils font partie de ceux qui se sont opposés à l'adoption au Sénat de la fin du système des « 6x1 » (six jours de travail par semaine contre un jour de repos qui affecte des millions de travailleurs dans le pays), prônant une exploitation toujours plus grande et des horaires de travail exténuants.

Parmi les élus, on retrouve des personnalités telles que Michelle Bolsonaro (compagne de l'ancien président), Bia Kicis, Carlos Bolsonaro (fils de l'ex président) et d'autres figures du clan. De plus, alors qu'en 2022, deux gouverneurs du PL avaient été élus, on compte désormais cinq gouverneurs élus (Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Paraná, Roraima et Rondônia), auxquels s'ajoutent deux autres candidats encore en lice au second tour. Dans le Rio Grande do Sul, Zucco (PL) a été élu gouverneur dès le premier tour avec le meilleur score enregistré dans cet État depuis 1988, et à São Paulo, Tarcísio de Freitas (Les Républicains) a dépassé son score précédent, malgré un mandat marqué par le scandale des privatisations des services, les massacres et les attaques contre les travailleurs tandis que ses alliés au Sénat, Derrite et André do Padro, ont été élus.

À Rio de Janeiro, Douglas Ruas (PL) a pris l'avantage sur Paes (PSD), et si la justice ne prend pas en compte les voix de Garotinho, il sera élu dès le premier tour. De jeunes figures bolsonaristes comme Nikolas Ferreira et Lucas Pavanato ont battu des records de voix pour le Congrès national. Héritiers de l'Opération Lava Jato, l'opération pro-impérialiste qui s'est soldée par l'emprisonnement de Lula et a ouvert la voie au bolsonarisme à partir de 2016, des personnalités comme Sérgio Moro (aujourd'hui gouverneur du Paraná pour le PL) et Deltan Dallagnol ont également été élus.

Tous ces éléments participent d'une crise historique pour le régime, qui a éclaté avec le scandale de la banque Master, le financement douteux d'un film à l'honneur de l'ex-président Jair Bolsonaro et l'ingérence d'André Mendonça (juge du Tribunal Suprême Fédéral) visant à favoriser Flávio Bolsonaro lors des élections. Les liens des juges du STF comme Alexandre de Moraes (qui ces dernières années a été associé au gouvernement de Lula) avec le banquier corrompu Daniel Vorcaro au cœur du scandale de la banque Master, a permis à l'extrême droite, malgré ses liens avec Vorcaro, d'adopter un discours « antisystème » contre le pouvoir judiciaire.

Dans l'ensemble, ce premier tour nous impose la nécessité d'affronter de toutes nos forces et par la mobilisation l'extrême droite de Flávio Bolsonaro soutenue par Donald Trump. Cela exige de tirer le bilan de la stratégie du gouvernement de coalition large du PT avec une partie de la droite, stratégie de conciliation des classes. Comme l'affirme Diana Assunção, dirigeante du Mouvement révolutionnaire des travailleurs (MRT), « Flávio Bolsonaro est le larbin de Donald Trump, nous devons nous mobiliser pour les vaincre, tout comme il faut affronter ce Sénat oligarchique réactionnaire et les gouverneurs comme Tarcísio de Freitas (SP). Au MRT, nous sommes et serons toujours en première ligne de cette lutte. Dans le même temps, ce résultat est une preuve supplémentaire que la conciliation des classes et les illusions institutionnelles dans ce régime pourri ne font que renforcer nos ennemis.

Nous avons besoin d'une voie alternative : que les centrales syndicales et les organisations étudiantes convoquent des assemblées et créent des espaces à la base afin que la jeunesse et les travailleurs puissent s'organiser pour lutter contre ces ennemis de notre classe, pour la fin immédiate du « système 6x1 », sans faire aucune confiance à Alcolumbre (président du sénat) ni au Sénat, et en totale indépendance de l'impérialisme et de Donald Trump et contre tous ses larbins d'extrême droite en Amérique latine. Nous devons imposer par la lutte que le pétrole et les ressources brésiliennes appartiennent au peuple brésilien. Ce n'est qu'avec un programme anti-impérialiste qui s'appuie sur la force de la classe ouvrière que nous pourrons faire face à cette extrême droite répugnante. »

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