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Budget 2027 : l'austérité sur le dos des travailleurs et des retraités pour préserver les cadeaux au patronat

Mon, 05 Oct 2026 22:36:42 CEST

Révolution Permanente

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Gel des APL, suppressions de 1067 postes de fonctionnaires d'État et 1588 postes d'enseignants, 5,5 milliards d'euros pris aux retraités… En pleine révolte lycéenne, le gouvernement a annoncé le contenu de son budget ultra-austéritaire, et sans surprise, il s'attaque aux travailleurs pour financer le réarmement et les cadeaux au patronat.

Le gouvernement a présenté sa première copie budgétaire à la presse ce jeudi 1er octobre. Alors que Sébastien Lecornu avait annoncé fin août des coupes à hauteur de 30 milliards d'euros fin aout, puis 54 milliards d'austérité pour rassurer les marchés fin septembre, la copie finale présentée par Roland Lescure et David Amielcontient finalement « 43 milliards d'euros de mesures de redressement » pour 2027, et 9 milliards d'euros supplémentaires concernant la « montée en charge » des mesures incluses dans le budget 2026.

Sécurité sociale, retraités, fonctionnaires, collectivités : une austérité brutale

Comme pour les derniers budgets, le gouvernement a choisi de s'attaquer en premier lieu à la Sécurité sociale pour faire des économies sur le dos des travailleurs et les plus précaires. Alors que l'inflation atteint 3 % sur un an en septembre, le gouvernement compte limiter les dépenses de santé, qui augmentent naturellement avec l'inflation et le vieillissement de la population, à 2 %. Pour cela, il compte baisser de 9 milliards le déficit de la Sécurité sociale, par exemple en déremboursant certains médicaments.

En parallèle, le budget 2027 prévoit le gel de plusieurs allocations et des pensions de retraites. Et le gouvernement a encore durci son projet : alors qu'il prévoyait initialement une sous-indexation entre 1 260 et 2 034 euros et un gel au-delà, il veut désormais geler les pensions dès 1 260 euros, un montant inférieur au seuil de pauvreté en France. Derrière son discours hypocrite sur les plus « aisés », le gouvernement compte ponctionner au total 5,5 milliards d'euros sur les retraités, en s'attaquant à la fois à leurs pensions et à leur abattement fiscal.

Pour aller encore plus loin dans sa guerre contre les travailleurs, le gouvernement propose d'étendre cette mesure de désindexation par rapport à l'inflation aux APL ou encore aux allocations familiales.

Pour compléter ce tableau, le gouvernement continu à s'attaquer à l'ensemble des services publics. Le seul ministère épargné est sans surprise le Ministère des armées, qui voit son budget augmenter de 6 milliards d'euros, tandis que le nombre de fonctionnaires d'État baissera de 1076 postes en 2027, hors enseignants. En ajoutant les suppressions de 1588 postes d'enseignants annoncées en pleine révolte lycéenne, ce sont donc plus de 2 600 emplois publics qui sont menacés en 2027. Une attaque d'ampleur contre toute notre classe, nos conditions de travail et les services publics. À l'inverse, les moyens pour les forces de répression augmentent d'un milliard d'euros, avec 1 381 emplois supplémentaires au ministère de l'Intérieur. Dans le même temps, le gouvernement prévoit ainsi d'acheter pour 17 milliards d'euros d'armes de guerre, et même de se procurer 23 hélicoptères de gendarmerie, comme celui qui a pourchassé des élèves du lycée Déodat-de-Séverac à Toulouse ce vendredi 2 octobre.

Les collectivités territoriales, déjà fortement attaquées par les derniers budgets, subissent elles aussi une nouvelle saignée, avec un « effort » prévu de 5,4 milliards d'euros.

Des miettes

Alors que l'austérité et les coupes budgétaires se concentrent sur les services publics et les droits des travailleurs, le gouvernement continue de protéger au maximum les profits du grand patronat. La preuve : la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises est rabotée de 30 % par rapport au budget 2026. Et si le gouvernement prétend taxer les exploitants d'autoroutes et d'aéroports, les produits sucrés transformés, le transport maritime, les assurances automobiles ou les complémentaires santé, ce sont les travailleurs et les usagers qui risquent là encore d'en payer le prix. La hausse de la taxation des complémentaires santé a ainsi déjà été répercutée sur les cotisations des assurés, tandis que les concessionnaires autoroutiers disposent de mécanismes leur permettant de répercuter certaines hausses de charges sur les péages.

Mais ce budget ultra-austéritaire n'a pas suffi à satisfaire le MEDEF, signe d'un patronat de plus en plus radicalisé. Son numéro 1, Patrick Martin, a réagi dans la presse en agitant que le projet de budget pourrait « aggraver la situation » afin de faire pression sur le gouvernement pour aller plus loin dans ses cadeaux au patronat et le démantèlement des services publics. Bercy évalue pourtant à 10 milliards d'euros l'effort demandé aux entreprises en 2027, soit deux fois moins que les 20 milliards avancés par le Medef. Même des taxes qui ne toucheront le grand patronat qu'à la marge suffisent donc à le faire réagir, alors que la majorité finira par être répercutée sur les travailleurs et les usagers, tandis que le gouvernement a tout fait pour préserver ses intérêts.

Alors des secteurs entiers de la classe ouvrière, de la jeunesse et des classes populaires font face à une précarisation de plus en plus importante, que les files s'allongent à l'aide alimentaire et que le taux de chômage atteint des niveaux toujours plus élevés, le gouvernement veut une nouvelle fois approfondir la cure d'austérité et faire payer la crise de la dette aux travailleurs. Une austérité qui vise à financer, quoi qu'il en coûte, le réarmement et à préserver les aides mirobolantes au patronat, qui s'élèvent à 211 milliards d'euros par an.

Se lier à la révolte lycéenne pour changer la donne

L'offensive austéritaire actuelle vise l'ensemble du monde du travail, mais aussi la jeunesse lycéenne entrée en révolte cette semaine. Elle vise particulièrement les services publiques et l'éducation nationale avec ses 1588 suppressions de postes.

Alors que des milliers de lycéens se battent contre les politiques d'austérité qui détruisent leurs lycées, les laissent sans enseignants, sans infirmière ou encore sans AESH, le mouvement ouvrier doit prendre appui sur cette dynamique pour proposer un véritable plan de bataille contre le gouvernement. La journée du 6 octobre, pour laquelle les syndicats de l'éducation et la CGT ont appelé à se tenir aux côtés des travailleurs est l'occasion de commencer à construire une riposte d'ensemble contre ce budget anti-ouvrier et contre la vie chère.

A l'inverse du budget proposé par le gouvernement, ce dont les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires ont besoin ce sont des moyens et des embauches massives dans l'Éducation, la baisse et le blocage des prix du carburant en expropriant Total, une hausse générale des salaires et, surtout, de faire tomber le gouvernement et son budget austéritaire.

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