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Sanctuarisation du marché : à Figeac, le maire impose un tour de vis répressif et anti-démocratique

Sun, 04 Oct 2026 21:53:25 CEST

Révolution Permanente

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À peine élu, Philippe Landrein, nouveau maire de droite à Figeac (Lot) menace déjà de bâillonner les luttes en interdisant aux manifestations l'accès au marché. Interdiction d'occuper l'espace public pour les SDF l'été, attaques contre les subventions associatives : l'offensive montre la nécessité de s'organiser contre le saut répressif qui se déroule dans tout le pays.

Début juillet, le Maire, Philippe Landrein, a prévenu que son administration voulait « sanctuariser le marché » pour « qu'il redevienne un endroit où on consomme, où on vend et où on vient passer un bon moment. ». Cette sanctuarisation rendrait impossible toute manifestation à l'intérieur du centre-ville. Dans les faits, il n'est pas possible d'interdire d'office toutes les manifestations. Cependant cela peut signifier que la mairie refuserait chaque demande d'autorisation d'utiliser l'espace public pour des manifestations qui lui déplairait.

Cette mesure serait une réelle atteinte à la liberté démocratique des habitants, mais aussi une manière éhontée de s'arroger, pour la majorité municipale, le droit exclusif à la parole politique en centre-ville. En effet, un membre du conseil municipal révèle, lors de la séance du 6 juillet, que « la majorité allait mettre un stand sur le marché ».

C'est une accélération des mesures restrictives déjà mises en place par le précédent mandat PS-PRG qui n'avait pas permis au Collectif Palestine de tenir un stand régulier sur le marché, en dehors du stand réservé aux associations, ce qui impliquait une présence extrêmement ponctuelle. La mairie actuelle a aussi repris l'arrêté anti-sdf - mesure droitière s'il en est - que l'ancienne mairie imposait durant l'été.

L'administration de Landrein s'attaque aux associations

En parallèle le nouveau maire applique aussi une politique austéritaire sur les subventions des associations sociales, culturelles et sportives figeacoises qui font vivre la ville. C'est le cas en particulier des structures associatives ayant un rôle central dans la prise en charge du chômage chez les jeunes, du handicap, du logement, de l'accueil des nouveaux arrivants. C'est le cas d'associations comme l'APEAI-ADAR, le secours populaire, Jamais sans toit 46, Mission Locale départementale pour l'insertion des jeunes dont les budgets n'ont pas été reconduits ou fortement baissés pour 2026.

En effet, la mairie de Figeac entend instituer de nouvelles « modalités de sélection » [pour privilégier la « notion de projets ». Une politique tirée tout droit de l'arsenal macroniste qui préfère augmenter la concurrence entre les associations à des fins de rentabilité économique plutôt qu'en fonction de leurs fonctions sociales, culturelles et sportives, accélérant donc la précarisation et la suppression des emplois des travailleurs sociaux.

De plus, ces politiques s'accompagnent d'un clientélisme à peine dissimulé qui cherche à se lier à un électorat de commerçants tout en transformant le centre-ville en un temple exclusif de la consommation. Une délibération du 6 juillet accorde par exemple une subvention de 2600€ pour « l'aide à l'embellissement des vitrines et enseignes commerciales et artisanales ».
Cette politique s'inscrit dans la politique austéritaire nationale, et qui a vu sa plus grande expression dans le passage en force du budget 2026 par le gouvernement Macron. En « sanctuarisant » le centre-ville, la mairie clarifie la ligne qui sera la sienne pendant ce mandat, c'est-à-dire museler l'opposition par la rue et empêcher tout moyen d'expression des travailleurs, des habitants et de la jeunesse au sein de Figeac. Finalement, la majorité Landrein, qui s'étonnait d'avoir un militant RN dans sa liste, se retrouvera main dans la main avec l'extrême-droite pour voter des mesures liberticides.

Face à l'autoritarisme, une seule solution, le rapport de force par en bas !

Philippe Landrein et son nouveau conseil municipal marchent donc sur les deux jambes de la droite libérale. D'un côté, l'autoritarisme qui s'occupe de museler la liberté d'expression démocratique. Et de l'autre, les politiques austéritaires destinées à asphyxier les associations dont la fonction est de prendre en charge ce que l'Etat et les collectivités refusent de gérer : la santé, le logement, l'accueil, ou encore l'augmentation massive du chômage dans les populations les plus précarisées.

À notre micro, un travailleur de Figeac Aéro nous déclare que les justifications de la majorité municipale sont « complètement hypocrites et démago ». Il insiste : « L'équipe de Landrein était bien la première à faire campagne sur le marché en tractant, en faisant des vidéos etc… Maintenant qu'il sont élus, ils cherchent à cadenasser la démocratie. Pour les commerçants, les manifestations étaient aussi le moment de faire vivre le centre-ville, si on ne fait rien, ce ne sera plus le cas ».

Face à cette attaque inédite sur le territoire, les collectifs, associations et militants locaux, doivent s'organiser pour faire face à la droitisation en cours. Une réponse juridique ne peut suffire, et s'avère bien loin d'être capable d'enrayer les offensives liberticides. Comme le souligne l'avocate militante Elsa Marcel, le danger est précisément de nourrir l'illusion que le simple respect des règles de droit ou le retour à un hypothétique « État de droit » suffirait à contenir le durcissement autoritaire. C'est pour cela qu'il est nécessaire de s'organiser, avec les organisations syndicales, politiques et associatives ainsi qu'avec les travailleur.ses et les classes populaires qui seront parmi les premier.es touché.es par ces mesures.

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