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Provocation : en plein mouvement lycéen, le gouvernement annonce 1588 suppressions de postes d'enseignants

Sat, 03 Oct 2026 10:23:42 CEST

Révolution Permanente

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Le gouvernement a présenté, jeudi 1er octobre, un projet de loi de finances qui prévoit 1588 suppressions de postes d'enseignants à la rentrée 2027. Une annonce qui sonne comme une provocation, alors que les lycéens se mobilisent partout en France pour dénoncer des conditions d'études très dégradées et, notamment, le manque d'enseignants.

Alors qu'une profonde mobilisation lycéenne pour de meilleures conditions d'étude traverse le pays, le gouvernement a annoncé hier, dans son projet de budget pour 2027, la suppression de 1 588 postes d'enseignants. La nouvelle offensive austéritaire dans l'Éducation viendrait s'ajouter aux plus de 4 000 suppressions de postes déjà imposées à la rentrée 2026, et aux plus de 10 000 postes supprimés depuis 2017.

Cette annonce sonne comme un crachat au visage des lycéen-ne-s qui se mobilisent depuis plusieurs jours, dans le cadre d'un mouvement qui a mis la question des classes surchargées et du manque d'enseignant-es au centre de ses revendications. Elle manifeste le mépris profond du gouvernement pour les élèves comme pour les personnels de l'Éducation, qui se mobilisaient déjà l'an dernier pour dénoncer la saignée austéritaire.

S'il tente de masquer cette nouvelle offensive par l'annonce d'une augmentation des ressources de l'éducation nationale de 1,2 milliard d'euros, celle-ci sert principalement à financer la création des 3 041 postes de professeurs stagiaires qui ne seront pas devant les classes l'année prochaine. Cette hausse s'explique également par la création de 1300 postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Or à la rentrée 2026, c'est 48 726 élèves notifiés par les MDPH pour bénéficier d'un accompagnement qui sont restés sans solution.

Les revendications salariales des personnels sont également restées lettres mortes, puisque le budget ne prévoit aucune revalorisation et maintien le gel du point d'indice. Les salaires souffrent pourtant de la hausse brutale du prix du carburant (avec un litre de gazole qui atteint les 2,40 euros).

L'offensive austéritaire se concentre par ailleurs sur le budget des collectivités territoriales, avec 5,4 milliards de coupes annoncées pour 2027. Ces mêmes collectivités sont pourtant celles qui doivent financer la rénovation du bâti scolaire, alors que nombre d'écoles françaises sont des passoires thermiques et n'offrent aucune protection contre la multiplication des épisodes caniculaires. 70% d'entre elles contiennent de l'amiante qui met en danger élèves comme personnels.

L'austérité ne touche pourtant pas tous les ministères, puisque le PLF 2027 prévoit une nouvelle hausse de 6,4 Md d'euros du budget des armées pour porter les crédits au-delà de 63,4 Md d'euros.

Face à ce mépris total affiché par le gouvernement tant pour les personnels que les élèves, la jeunesse a montré la voie en se mobilisant sur les blocus depuis plus d'une semaine. Alors que des expressions de solidarité se sont multipliées depuis les personnels de l'éducation, il est urgent que ceux-ci rejoignent massivement le mouvement, en ne se limitant pas à un rôle de protection des lycéens face à la répression, mais en construisant le rapport de force autour de revendications communes. En cela, la date du 6 octobre, désormais appelée par un front syndical SNES-FSU, CGT Educ'Action, SUD-Education 93, FO doit être un point d'appui pour construire ce front face à Macron !

Crédits photo : capture d'écran BFMTV

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