La CGT sera « aux côtés des lycéen·nes » : construisons une grève massive le 6 octobre
Sat, 03 Oct 2026 13:49:10 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que le gouvernement veut briser le mouvement lycéen, plusieurs syndicats, dont la CGT, appellent à rejoindre la mobilisation de la jeunesse le 6 octobre. Un point d'appui à investir pour construire une grève massive contre la répression, lier le mouvement ouvrier à la révolte des lycéens et faire converger ces colères avec celles contre l'austérité et la vie chère.

Depuis plusieurs jours, la mobilisation lycéenne prend de l'ampleur dans le pays. Manque de personnels, classes surchargées, dégradation des bâtiments, emplois du temps et conditions d'études, sélections dans l'enseignement supérieur : les revendications portées par les élèves mettent en lumière une crise plus large du traitement réservé à la jeunesse par le gouvernement et le patronat. Face à cette mobilisation, le gouvernement a lancé une répression brutale. Plus de 5 000 lycéens ont déjà été interpellés depuis le début du mouvement, tandis que le ministre de l'Intérieur a donné carte blanche à la répression, comme l'illustre la multiplication des mutilations par LBD, et que 400 lycées ont été fermés pour tenter d'étouffer la mobilisation. Le gouvernement multiplie ainsi les mesures répressives pour tenter de briser par la force la révolte lycéenne.
C'est dans ce contexte que, dans un communiqué sorti le 2 octobre, la CGT appelle « à se tenir aux côtés des lycéen·nes et étudiant·es » mobilisés le 6 octobre pour revendiquer plus de moyens et de meilleures conditions d'études, « y compris par la grève dans le cadre notamment des préavis déjà déposés par plusieurs de nos organisations ». La confédération souligne que ces revendications exprimées par la jeunesse rejoignent celles portées depuis plusieurs années par les travailleurs de l'éducation. Elle dénonce directement la répression menée contre les lycéens, notamment « les interpellations, les gardes à vue et le déploiement des forces de l'ordre aux abords des établissements ». De même, l'Union syndicale Solidaires appelle à participer à la journée de mobilisation nationale du 6 octobre, « y compris par la grève ».
Dans l'Éducation, plusieurs syndicats avaient déjà appelé à la mobilisation des personnels aux côtés des lycéens. La CGT Éduc'action, SUD Éducation, le SNES-FSU, syndicat majoritaire, et la FNEC FP-FO appellent explicitement à la grève le 6 octobre. Le SNES-FSU condamne toutefois les « violences d'où qu'elles viennent », une formulation qui met sur le même plan la répression policière et les réactions des jeunes mobilisés. De son côté, Sud Éducation appelle à refuser le distanciel, en appelant les enseignants « à ne pas donner cours en distanciel pour soutenir le mouvement lycéen » afin de ne pas contribuer à étouffer la mobilisation à travers les « lock-outs scolaires ».
Des appels similaires existent à l'échelle locale. En Seine-Saint-Denis, le SNES appelle par exemple les personnels à se mettre en grève et à être présents aux côtés des élèves. En Isère, une intersyndicale réunissant notamment SNES-FSU, CGT Éducation, SUD éducation, CNT Education et d'autres organisations a également appelé à une journée de grève et de manifestation le 6 octobre. À Toulouse, c'est l'Union Locale Sud de la CGT qui a publié un communiqué où elle dénonce les violences policières contre les lycéens et appelle à « prendre des initiatives dès le 6 octobre et à préparer le 17 dans les syndicats et les entreprises ».
Ces différents appels ont également été rejoints par d'autres soutiens dans le mouvement ouvrier. Dans un communiqué, la Fédération SUD-Rail apporte son soutien aux lycéens mobilisés et appelle les cheminots à rejoindre les manifestations du 6 octobre. Plus localement, le syndicat SUD-Rail Paris-Nord prend une position particulièrement claire en appelant les cheminots à être présents « aux côtés des lycéens sur les rassemblements et les blocages », à faire connaître leurs revendications auprès de leurs collègues et à construire des liens pour les aider à gagner. Le syndicat dénonce également la répression policière, judiciaire et administrative et exige « la libération immédiate de tous les lycéens interpellés », affirmant que « leur mobilisation est légitime ».
Tous ces appels constituent un point d'appui important pour unir le mouvement ouvrier et la jeunesse face à la répression qui s'abat sur les lycéens mobilisés. Alors que le gouvernement mène une offensive brutale pour tenter de briser le mouvement, il y a urgence à construire une grève massive aux côtés des lycéens et des organisations étudiantes à l'initiative de l'appel du 6 octobre, pour faire front contre la répression et entraîner le mouvement ouvrier dans la lutte en soutien à la jeunesse mobilisée. C'est ce qui s'est notamment exprimé au Havre, où des travailleurs de plusieurs entreprises sont venus prêter main-forte aux lycéens et ont formé une chaîne pour les défendre face aux offensives de la police.
Après la journée en demi-teinte du 29 septembre, le mouvement ouvrier doit prendre appui sur cette dynamique pour proposer un véritable plan de bataille. Il s'agit de se lier à la révolte de la jeunesse et de l'articuler à la colère qui existe dans le monde du travail face à l'austérité et à la vie chère, dont la hausse du prix du carburant est une expression, ainsi qu'aux appels à se mobiliser le 17 octobre. Avec les 54 milliards d'euros d'économies, le gel des retraites dès 1 260 euros et la suppression de 1 588 postes dans l'éducation, le gouvernement poursuit son offensive. Plutôt que de multiplier les journées isolées, il faut désormais faire converger ces différentes colères dans un mouvement d'ensemble pour faire front contre la répression du gouvernement, contre la vie chère et l'austérité, pour obtenir des moyens et des embauches massives dans l'Éducation, faire baisser les prix du carburant en expropriant Total, imposer des hausses générales de salaires et, surtout, faire tomber le gouvernement et son budget austéritaire.