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« Affronter l'extrême droite et l'impérialisme en toute indépendance de Lula » : déclaration du MRT au Brésil

Fri, 02 Oct 2026 13:26:56 CEST

Révolution Permanente

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Les élections présidentielles brésiliennes, qui auront lieu ce dimanche 4 octobre, se dérouleront dans un contexte d'ingérence croissante de l'impérialisme états-unien. Le Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs défend la nécessité d'une voix de la classe ouvrière dans ces élections pour s'affronter à l'extrême-droite de Flavio Bolsonaro, paillasson de Trump, en toute indépendance de la coalition Lula-Alckmin.

Nous reproduisons la déclaration du Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs (MRT), section brésilienne du Courant Révolution Permanente, initialement publiée en portugais dans les colonnes de Esquerda Diario.

Affronter l'impérialisme de Trump et l'extrême-droite brésilienne qui lui sert de paillasson

Les 4 et 25 octobre prochains, les brésiliens sont appelés aux urnes dans le cadre d'une élection présidentielle marquée par la pression croissante de l'impérialisme états-unien dans le pays et dans toute l'Amérique du Sud. À quelques jours du scrutin, Washington a annoncé la couleur en diffusant une vidéo exaltant la doctrine Monroe que Donald Trump cherche à réactualiser. Le message est clair : comme l'ont montré son intervention au Venezuela ou le siège qu'il maintient sur Cuba, l'impérialisme états-unien est déterminé à soumettre le continent qu'il considère toujours comme son arrière-cour. La pression que les États-unis imposent à l'Amérique latine fait partie de la réponse qu'ils cherchent à apporter au déclin de leur hégémonie qui s'est manifesté à l'échelle mondiale, que ce soit face à l'Iran ou à la Chine.

La hausse des taxes contre le Brésil, la désignation du PCC et du Comando Vermelho [1] comme organisations terroristes et les crises diplomatiques qui ont amené à la révocation du visa de l'ambassadrice brésilienne s'inscrivent dans ce contexte. Pour soumettre toujours plus la politique brésilienne à leurs intérêts, les États-Unis peuvent compter sur leurs alliés comme Javier Milei et tous les autres dirigeants paillassons de l'Amérique Latine. De Flávio Bolsonaro à Ronaldo Caiado en passant par Renan Santos, les différentes nuances de l'extrême-droite sud-américaine s'agenouillent devant le drapeau états-unien. Tout en parlant cyniquement de défense de la patrie, ils militent pour l'exploitation de nos terres rares, notre pétrole et nos ressources naturelles par l'impérialisme. Ce n'est pas un hasard si le 7 septembre, à l'occasion de la journée de commémoration de l'indépendance du Brésil, des partisans de Bolsonaro ont érigé une effigie de Donald Trump. Augusto Cury [2], quant à lui, fait partie de ce groupe de réactionnaires néolibéraux qui veut détruire les services publics.

Une crise historique à la Cour suprême : l'enlisement de la république des banquiers.

Dans le même temps, le régime politique brésilien et l'une de ses plus importantes instances, le Tribunal suprême fédéral (TSF), traversent une crise historique marquée par l'implication du ministre Alexandre de Moraes et du banquier Daniel Vorcaro dans le plus grand scandale de fraude bancaire de l'histoire du pays.. De l'autre côté, André Mendonça, membre du Tribunal Suprême Fédéral, joue de manœuvres politiciennes pour interférer dans les élections en faveur de Flávio Bolsonaro en s'attaquant au ministre désigné comme un prétendu « gardien de la démocratie » contre le bolsonarisme par une partie du régime brésilien et de la gauche. Les tentatives de Mendonça visent à dissimuler les liens de l'extrême-droite avec l'affaire Banco Master, dans laquelle Flávio Bolsonaro est lui-même impliqué puisqu'il a reçu des millions de réaux (la monnaie brésilienne, NDLT) provenant de fonds publics. Dans le conflit qui oppose différents secteurs du régime, nul n'échappe à l'influence néfaste des grands capitalistes. Les juges privilégiés du Tribunal suprême, profondément impliqués dans des affaires louches et jamais élus au suffrage populaire, sont ceux qui décident du sort des travailleurs, des femmes, des peuples autochtones et de l'ensemble des secteurs pauvres et opprimés de la population dans cette démocratie des riches. Le procès de Moraes devant le TSF contribue à révéler la profonde dégradation d'un pouvoir judiciaire et d'un régime politique qui cherche à se sauver lui-même.

C'est ce régime qui, ces dernières années, a érigé le pouvoir judiciaire en force autoritaire, entretenant d'innombrables liens avec les États-Unis, et qui continue d'intervenir dans la vie politique pour sauvegarder les intérêts stratégiques de la bourgeoisie. Ce même pouvoir judiciaire a joué un rôle central dans le coup d'État institutionnel de 2016 et l'emprisonnement arbitraire de Lula en 2018, menant Jair Bolsonaro au pouvoir lors d'élections truquées, avec Sérgio Moro comme figure de proue de l'opération Lava Jato. Il s'est par la suite érigé en champion d'une prétendue « défense de la démocratie et des institutions » au sein du Tribunal suprême fédéral et avec Alexandre de Moraes. Son objectif, suivant les intérêts de l'impérialisme, a toujours été de garantir les attaques contre les travailleurs, comme le maintien des réformes approuvées sous Temer et Bolsonaro, les offensives contre les infirmières et les livreurs, et le soutien à l'externalisation et à la précarisation des travailleurs. Dans ce contexte, il est nécessaire d'affronter l'impérialisme, l'extrême-droite et l'ensemble des institutions du régime politique. Dans un climat tendu et marqué par l'ingérence politique du pouvoir judiciaire, les sondages électoraux placent Flávio Bolsonaro en position de force face à Lula au second tour.

C'est pour cela qu'avec notre journal Esquerda Diário et les porte-parole du MRT, nous menons une bataille frontale contre la capitulation pro-impérialiste et négationniste de Flávio Bolsonaro et de l'extrême droite. Nous dénonçons la politique au service de l'exploitation des travailleurs que Bolsonaro a défendu en s'opposant à la fin du rythme hebdomadaire de jours de travail pour une journée de repos (6x1) au Sénat. Nous dénonçons par ailleurs André Mendonça en ce qu'il est en réalité un agent de Bolsonaro et un membre de la classe d'affaires putschiste. Ce sont autant de batailles que nous menons sur les lieux de travail et d'étude, comme la campagne que nous menons contre les attaques de l'extrême-droite dans les universités. Nous nous opposons à Flávio Bolsonaro et à l'extrême droite, depuis une perspective qui est la seule capable de la vaincre, c'est-à-dire en ne cédant pas à la conciliation de classe.

La conciliation de classe de Lula-Alckmin est incapable de vaincre l'extrême droite.

Le fait qu'une candidature comme celle de Flávio Bolsonaro, malgré ses nombreuses inepties, ait atteint ce niveau de popularité démontre ce à quoi nous nous opposons depuis des années. Il faut reconnaître le résultat de la politique de front large et de conciliation : Flávio Bolsonaro est aujourd'hui bien plus fort dans les sondages que son père ne l'était il y a exactement quatre ans.

Malgré la défaite de Jair Bolsonaro dans les urnes en 2022 puis son emprisonnement, le scandale Dark Horse, le conflit familial médiatisé entre Michelle et Flávio Bolsonaro, l'isolement politique subi par le Parti Libéral (PL) [3] et tous les autres scandales, la promesse faite il y a 4 ans avec une coalition très large et la mission confiée à la STF de faire barrage à l'extrême-droite n'ont pas été tenues. Non seulement le bolsonarisme perdure en tant que force sociale et politique, mais il s'en trouve également renforcé électoralement. Et ce n'est pas un hasard. La conciliation des classes est incapable de vaincre l'extrême-droite car elle préserve les fondements qui l'alimentent.

Pour accéder au pouvoir, Lula a misé sur des alliances avec la droite. Son vice-président Geraldo Alckmin incarne parfaitement cet engagement envers les intérêts capitalistes. Pire, son gouvernement a accordé des ministères à des partis d'extrême-droite tels que Republicanos de Tarcísio de Freitas et Damares Alves, Progressistas d'André Fufuca et Ciro Nogueira, et União Brasil de Sérgio Moro et Davi Alcolumbre. La base d'accord du Frente Ampla [4] était fondée sur le maintien des aspects essentiels des attaques imposées sous Temer et Bolsonaro. Par ailleurs, la mise en place de l'Arcabouço Fiscal [5], entré en vigueur en août 2023, est la traduction de cette politique néolibérale visant à s'attaquer aux budgets de la santé et de l'éducation.

C'est ainsi que le Brésil est le pays du rythme hebdomadaire de six jours de travail pour une seule journée de repos, qui compte près de 40 millions de travailleurs non déclarés, et qui a vu au moins 5 millions de travailleurs ayant des contrats de travail formels devenir des auto-entrepreneurs sans droits garantis durant le mandat de Lula de 2022 à 2026. Le travail précaire, alimenté par des réformes successives et une politique d'externalisation sans restriction (soutenue par Moraes, Mendonça et une grande partie de la haute sphère judiciaire), est un élément structurel que l'extrême droite veut radicaliser en promouvant son « esprit d'entreprise » et sa « liberté », un discours fallacieux servant à toujours plus exploiter. C'est l'une des bases du renforcement du bolsonarisme.

De plus, c'est le Frente ampla qui a cédé le plus grand plan de financement de l'agrobusiness de l'histoire, qui a autorisé l'exploitation pétrolière dans l'estuaire de l'Amazone, et qui organisera de nouvelles ventes aux enchères de pétrole, même face à des catastrophes environnementales comme celle que nous avons vue dans le sud du Brésil. La valeur totale des aides accordées au patronat (622,4 milliards de R$) est plus de mille fois supérieure au budget annuel destiné à la surveillance environnementale et à la lutte contre les incendies (495,8 millions de R$). Elle est près de 500 fois supérieure aux dépenses prévisionnelles pour les actions de prévention et de réponse aux impacts d'El Niño, alors qu'il existe des études claires prévoyant des catastrophes historiques dans les mois à venir, y compris au Brésil.

Si Lula a maintes fois vanté ses bonnes relations avec Trump, parlé de « coup de foudre » et affirmé qu'un « accord pétrochimique avait été conclu », misant sur la diplomatie pour « contenir » l'impérialisme, il est clair que le Brésil demeure otage de sa double dépendance aux États-Unis et à la Chine, cédant ses ressources en terres rares, comme dans le cas du projet de mine de Serra Verde. Face à cela, il est impératif que le pétrole et les terres rares appartiennent au peuple brésilien, et non à l'impérialisme.

Dans un pays ravagé par les féminicides, des femmes enceintes, en particulier des femmes noires, continuent de mourir d'avortements clandestins, tandis que l'extrême-droite s'appuie sur l'interdiction de l'avortement garantie par tous les gouvernements du Parti des Travailleurs (PT) pour s'attaquer même aux rares cas où ce droit est prévu par la loi, voulant forcer les enfants violées à accoucher au péril de leur vie.

Au cours des quatre dernières années, les intérêts du grand capital, de l'agro-industrie, des grandes compagnies minières et des secteurs conservateurs sont restés intacts. Cette politique offre un terrain propice à l'extrême-droite qui explique ses succès électoraux. Parallèlement, la défense du régime et du statu quo exaspèrent de larges pans de la classe ouvrière et du peuple, pour qui elle signifie perpétuer une situation d'exploitation et d'agressions brutales. Pour contrer l'extrême-droite, il est urgent de construire une alternative en indépendance de classe.

Des candidats du PSOL de plus en plus intégrés au Frente Ampla

De son côté, le PSOL défend toujours le « moindre mal » face à l'extrême-droite en s'intégrant au gouvernement du Frente Ampla jusqu'à diriger plusieurs ministères. Pourtant, les luttes sociales laissent paraître des opportunités de construire une opposition de gauche au gouvernement. Une telle alternative serait susceptible de modifier l'équilibre des forces face à des politiques qui renforcent le bolsonarisme et dégradent nos conditions de vie. Dès la deuxième année du gouvernement Lula-Alckmin, plusieurs secteurs de la fonction publique fédérale, notamment les universités et l'INSS (Institut national de la sécurité sociale), ont été à l'initiatives d'importantes grèves nationales. Ces dernières remettaient en cause le cadre budgétaire du gouvernement et auraient pu constituer le germe d'une opposition de gauche. Surtout, un profond mouvement de contestation a su gagner la bataille de l'opinion publique en s'attaquant à un élément structurel de la précarité de l'emploi dans le pays : le temps de travail. Si ce mouvement contre la semaine de 6 jours de travail pour un jour de repos est aujourd'hui en péril, c'est qu'il n'a pas été traduit par la lutte des classes dans la rue et les entreprises. Et ce à cause de directions syndicales qui privilégient les accords avec Alcolumbre et le Sénat pour protéger leurs intérêts oligarchiques. À l'opposé de cette stratégie, la lutte des peuples autochtones du Bas-Tapajós a fait échoué le projet de privatisation des rivières par le gouvernement de Lula en utilisant des méthodes radicales et en s'opposant aux ministres, y compris ceux du PSOL comme Guilherme Boulos.

Le PSOL aborde les élections au sein du gouvernement, mais avec de profondes divisions internes. Une aile de la majorité, qui a orienté sa politique ces dernières années, notamment avec des figures comme Boulos, Érika Hilton et Rick Azevedo, a cherché à lier définitivement le PSOL au PT, y compris sur le plan organisationnel, en préconisant la création d'une fédération. Ce fonctionnement correspond à celui d'un parti commun. Si aujourd'hui le PSOL est déjà en fédération avec Rede Sustentabilidade, le parti écologiste bourgeois de Marina Silva qui a soutenu le coup d'État institutionnel de 2016, voté pour des réformes anti-ouvrières et s'oppose au droit à l'avortement, Boulos et ses alliés souhaitaient une subordination encore plus directe au parti qui dirige le Frente Ampla. Cette politique a été mise en échec, en partie à cause de calculs d'appareils autour des fonds de campagne, mais il est possible que la fin du processus électoral entraîne le départ de personnalités importantes du PSOL, comme ce fut le cas avec Marcelo Freixo à une autre époque.

De son côté, le groupe parlementaire Esquerda radical (gauche radicale), composé de parlementaires et de candidats qui se sont opposés à juste titre au projet de fédération et qui présentent un programme plus à gauche, fait également campagne ouvertement et sans esprit critique pour Lula et pour le Frente Ampla (même à São Paulo, des noms comme Sâmia Bomfim du Movimento Esquerda Socialista [6] font campagne pour des figures bourgeoises comme Simone Tebet), évitant toute critique du gouvernement Lula, et allant même jusqu'à faire campagne avec enthousiasme pour des candidats comme Haddad, architecte du Arcabouço fiscal, qui affirme qu'il maintiendra les privatisations réalisées par Tarcísio de Freitas. Dans l'État de Rio Grande do Sul, ils font campagne pour Juliana Brizola, du PDT (Parti Démocratique Travailliste), qui défend les privatisations. Sans surprise, leur groupe comprend des personnalités du PT, mais aussi du REDE, comme Heloísa Helena. Même Jones Manoel, qui ces dernières années a vivement critiqué la politique économique du gouvernement, notamment ses privatisations, a désormais apporté son soutien à Lula et fait campagne pour lui au premier tour.

Néanmoins, nous savons qu'une partie des électeurs du PSOL, notamment ceux de son aile gauche, soutiennent ce parti car ils recherchent un point de repère à gauche du PT. Bien que ce ne soit pas la position adoptée par le parti ces dernières années, avec son intégration croissante au sein du Frente Ampla et sa participation au gouvernement, nous prenons part à ces débats afin d'ouvrir un dialogue avec ces secteurs et de proposer une voie qui, pour nous, doit passer par un dépassement par la gauche de l'approche conciliante à l'égard du PT.

Soutenir les candidatures de classe lors de ces élections

Dans ce contexte, nous appelons à voter pour le PSTU [7] et pour le CST [8] pour faire face à l'extrême-droite et à toutes les attaques en défendant l'indépendance de classe vis-à-vis du Frente Ampla. Ce sont des candidatures d'opposition de gauche au gouvernement et à la conciliation qui désarme nos luttes. Nous pensons que nous devons appuyer les éléments programmatiques de la candidature de Hertz Dias (le candidat du PSTU), tels que la renationalisation des entreprises des secteurs stratégiques sous contrôle ouvrier, l'abrogation complète des réformes déjà approuvées, la défense d'une entreprise publique dans le secteur des terres rares sous contrôle ouvrier, et la réduction du temps de travail sans réduction de salaire, la fin de la semaine de 6x1 et l'augmentation du salaire minimum conformément à la loi DIEESE [9]. Cette candidature porte également une critique ouverte du Frente Ampla.

En 2022, le MRT avait participé à la création du Pôle Socialiste Révolutionnaire avec ces secteurs. Nous considérions cette initiative comme positive en raison de son intention de regrouper les organisations, les mouvements et les intellectuels qui se réclament socialistes et révolutionnaires, et qui défendent un programme d'indépendance de classe.

Nous poursuivons cette politique, malgré d'importantes divergences programmatiques et stratégiques, telles que les débats internationaux que nous avons concernant la guerre en Ukraine, nos divergences sur le soutien aux mouvements en faveur d'un plus grand investissement dans la police et, surtout, la question de la nécessité de l'indépendance du pouvoir judiciaire. La crise actuelle au sein du Tribunal suprême fédéral (STF) démontre, une fois de plus, l'importance du combat que nous menons au Brésil, depuis le coup d'État de 2016, contre l'autoritarisme judiciaire. Depuis lors, nous avons un débat ouvert avec nos camarades du PSTU et du CST concernant leur position, qui a cédé aux forces autoritaires du régime et nie toujours la réalité du coup d'État, un sujet qui a provoqué des scissions successives au sein du courant national et international du PSTU (voir les débats ici et ici).

Dans le même temps, nous avons toujours considéré que ces débats devaient se dérouler dans le cadre d'une profonde unité d'action, centrée sur une action commune dans la lutte des classes, dans les différents conflits mentionnés, autour d'un programme et de politiques communs, proposant une alternative à la direction syndicale bureaucratique et, plus encore, proposant, sur la base d'une expérience commune, un programme qui pourrait constituer une alternative à la politique du Frente ampla. Actuellement, d'importantes luttes sont en cours, telles que la grève des employés de banque et celle des postiers, et il est fondamental de construire une organisation indépendante des travailleurs, en alliance avec les plus pauvres et les opprimés, pour faire face à toute ingérence impérialiste, aux pouvoirs autoritaires susceptibles d'interférer dans le résultat des élections et aux attaques contre les conditions de vie. C'est également ainsi que nous pouvons arracher la fin du rythme de travail 6x1.

Nous défendons également cette position dans un contexte de marginalisation électorale de tous les candidats de gauche au Brésil. Nous tenons également compte du fait que les candidatures d'Unidade Popular (Unité Populaire) et du PCB (Parti Communiste Brésilien), si elles parlent de socialisme et de luttes sociales, sont en pratique alliées aux bureaucraties syndicales du PT et ne se présentent pas comme une opposition de gauche au gouvernement avec un programme d'indépendance de classe. Lors des dernières élections, nous avons déjà eu d'importants débats sur leur programme, qui restent d'actualité, comme celui-ci. Dans ce contexte, nous trouvons d'autant plus regrettable que les camarades du PSTU soient profondément sectaires, rompant ainsi avec une tradition de la gauche brésilienne qui consiste à céder démocratiquement l'investiture du parti à des organisations non reconnues par l'Etat [10] dans le cadre d'un système électoral brésilien profondément antidémocratique et restrictif qui cherche de plus en plus à saper la participation de la gauche et des travailleurs aux élections. Le PSTU a refusé au MRT le droit démocratique de présenter des candidatures de travailleurs, de femmes, de personnes noires et de personnes LGBT socialistes, afin de renforcer un programme d'indépendance de classe. Cette position reflète les crises que ce parti traverse.

Nouveaux défis en Amérique Latine

L'équilibre des forces en Amérique latine révèle une crise persistante des régimes politiques bourgeois qui, même lorsque la droite est élue, peinent à gouverner et à mettre en œuvre des mesures d'austérité. La révolte paysanne et populaire qui a éclaté en Bolivie il y a quelques mois contre Rodrigo Paz, candidat de droite pro-Trump, en est la preuve. C'est donc sur la lutte des classes qu'il faut affronter Trump, l'extrême droite et toutes les mesures d'austérité en Amérique latine. C'est également la perspective que nous défendons à partir du phénomène politique entourant la députée nationale Myriam Bregman et le PTS en Argentine, qui était récemment au Brésil pour le lancement de son livre et a bénéficié d'une large couverture médiatique dans la presse nationale, plaidant pour un projet politique de classe pour les travailleurs. D'après les sondages, Myriam est actuellement la personnalité politique la plus populaire d'Argentine. Elle représente le PTS au sein du Front de gauche et des travailleurs – Unité (FITU). Le PTS s'appuie sur la position acquise par Myriam Bregman et ses parlementaires pour bâtir un nouveau mouvement historique, en créant plus de 200 comités en vue de la création d'un parti pour la classe ouvrière. L'objectif est de transformer la sympathie suscitée par Myriam en une organisation concrète. La réussite de la Marche de la colère, impulsée par le PTS et les comités à travers le pays, a permis d'ouvrir la voie à une grève générale pour défaire Milei, son plan et ses complices sans attendre les élections qui auront lieu l'année prochaine. C'est cette perspective que nous défendons au sein du Courant international Révolution Permanente, présent dans 14 pays, et pour lequel nous luttons également au Brésil, confiants dans la force de notre classe et non dans des alliances avec la droite. Pour cela, nous nous appuyons sur notre journal Esquerda Diário, le réseau de Casas Marx, nos positions syndicales et nos organisations étudiantes, ainsi que des personnalités politiques comme Diana Assunção, Marcello Pablito, Virgínia Guitzel, Maíra Machado, Leandro Lanfredi, Letícia Parks, Flávia Valle, Flávia Telles, Giovana Pozzi, Luno Pires et bien d'autres au service de cette cause, du nord au sud du pays.


[1] Deux organisations criminelles brésiliennes dont l'activité principale est le trafic de drogues.

[2] Le troisième candidat à l'élection présidentielle, qui dit de lui même qu'il possède un « esprit capitaliste et un coeur social ».

[3] Le parti d'extrême droite de Jair puis Flávio Bolsonaro.

[4] Coalition politique formée à partir de 2022 autour de la candidature de Luiz Inácio Lula da Silva, unissant la gauche, le centre-gauche et des secteurs du centre-droit libéral traditionnel au nom de la défense des institutions face au bolsonarisme.

[5] Loi cadre budgétaire qui prolonge les restrictions du précédent plafond des dépenses de la droite. Ce mécanisme soumet le budget de l'État aux exigences du marché financier, étranglant les investissements publics dans la santé et l'éducation.

[6] Mouvement de la gauche socialiste, la principale section brésilienne du Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale dont le NPA-A et des tendances internes du NPA-R sont les sections françaises.

[7] Parti socialiste des travailleurs unifiés, section brésilienne de la Ligue Internationale des Travailleurs, une organisation issue du trotskysme qui n'a pas de section en France.

[8] Courant socialiste des travailleurs, section brésilienne de l'Unité Internationale des Travailleurs, une organisations issue du trotskysme qui n'a pas de section en France.

[9] Texte de loi qui encadre le salaire minimum.

[10] La Constitution interdit les candidatures indépendantes. Pour pouvoir se présenter, toute personne ou organisation militante doit obligatoirement obtenir l'investiture d'un parti politique officiellement enregistré. Historiquement, certains partis de la gauche brésilienne acceptent de « prêter » leur étiquette électorale (leur charte) à des mouvements sociaux ou à des militants d'organisations non reconnues officiellement afin de leur permettre de participer aux élections.

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