Appel à « l'interdiction », plainte contre Bagayoko : droite et gouvernement durcissent l'attaque contre LFI
Thu, 01 Oct 2026 12:03:55 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès le préfet de police qui saisit la justice contre Bally Bagayoko, Bruno Retailleau appelle à « poser la question » de l'interdiction de LFI. Gouvernement, droite et extrême droite mènent une même offensive : une escalade autoritaire qu'il faut dénoncer sans ambiguïté. Solidarité avec la France Insoumise !

« Parti séditieux » : sur BFM TV ce jeudi matin, Bruno Retailleau a accusé La France insoumise de « légitimer la violence » et d'« appeler à l'insurrection », et a estimé que « la question de son interdiction doit désormais être posée ». Pour son soutien aux lycéens mobilisés depuis plusieurs jours contre des conditions d'étude déplorables et l'austérité, le candidat des Républicains propose pas moins que l'interdiction de la France Insoumise.
Une offensive inouïe venant de la part d'un ancien ministre de l'Intérieur, en ligne avec la campagne ultra-réactionnaire menée par le candidat à la présidentielle de Les Républicains. Si cette attaque reste au stade de la proposition outrancière, le gouvernement a préparé le terrain à de tels sauts autoritaires : toutes les figures du régime ont alimenté l'offensive contre LFI durant la campagne des municipales, en multipliant les accusations d'antisémitisme contre la formation de Jean-Luc Mélenchon, et en choisissant de catégoriser le parti à l'extrême gauche.
Cette nouvelle attaque survient au lendemain de la plainte déposée par le préfet de Paris contre Bally Bagayoko pour « provocation à commettre un délit ». Le maire de Saint-Denis est allé soutenir les élèves du lycée Paul-Eluard, mobilisés contre la dégradation de leurs conditions d'études, et a jugé « légitimes » leurs revendications. Assez pour que le régime repasse à l'offensive contre l'élu LFI, qui avait déjà essuyé une déferlante raciste au moment de son élection en mars dernier, entre une fausse citation sur Saint-Denis « ville des Noirs » relayée par l'extrême droite et des chroniqueurs de CNews qui le comparaient à un « singe » et à un « chef de tribu ».
Depuis plusieurs jours, le gouvernement prépare le terrain à une offensive autoritaire contre le mouvement des lycéens et l'ensemble de leurs soutiens. Sur X, Sébastien Lecornu dénonçait la « surenchère irresponsable » des élus insoumis qui appellent à étendre le mouvement et les accusait d'« instrumentaliser » les lycéens. Un discours marqué par un profond mépris pour la jeunesse : des milliers d'élèves ne pourraient pas se révolter par eux-mêmes contre des classes surchargées et des bâtiments délabrés, ils seraient forcément « manipulés ».
Le Premier Ministre a même été jusqu'à inventer une fake news sur un soi disant jet d'acide à Paul Eluard pour tenter de criminaliser la France Insoumise et l'ensemble des soutiens de la mobilisation lycéenne, preuves à l'appui, que le récit d'un jet d'« acide chlorhydrique » par des « agresseurs », relayé par le gouvernement et l'extrême droite, est une invention totale. Cette fake news convoque un imaginaire raciste pour faire passer les jeunes des quartiers populaires pour des criminels et justifier leur répression, et dans la foulée l'ensemble de leurs soutiens dont la France Insoumise.
Le RN a embrayé avec une pétition contre « le chaos et la violence encouragés par LFI dans nos lycées ». Il y promet le principe du « casseur-payeur », des peines planchers et la suppression des allocations familiales pour les parents de mineurs récidivistes. Le programme de l'extrême droite face à la révolte de la jeunesse se résume ainsi : punir les jeunes et affamer leurs familles. Cette offensive s'inscrit dans la répression de la jeunesse mobilisée. Mercredi, 625 interpellations ont été annoncées par le ministère de l'Intérieur.
Il faut exiger l'abandon immédiat des poursuites contre Bally Bagayoko et dénoncer fermement l'ensemble de ces attaques contre les droits démocratiques les plus élémentaires. L'ensemble des organisations politiques et le mouvement ouvrier doivent faire front face à l'extrême droite et au gouvernement qui lui pave la voie en exigeant la relaxe immédiate de tous les lycéens arrêtés, et l'abandon de toutes les poursuites judiciaires.