Toulouse. 1 500 jeunes convergent depuis les blocages de dizaines de lycées, du Mirail et de Science Po
Thu, 01 Oct 2026 23:02:58 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalRévoltés contre l'austérité dans l'éducation nationale mais aussi contre la répression subie par leurs camarades mardi 29 septembre, les lycéens de plusieurs dizaines de lycées toulousains étaient mobilisés ce jeudi 1er octobre, de même que les étudiants de la fac du Mirail et de Science Po Toulouse. Dans plusieurs lycées, la police a très durement réprimé les élèves.

C'est du jamais vu depuis au moins 2018. Arènes, Déodat-de-Séverac, Ozenne, Stéphane Hessel, Pierre de Fermat, Marcelin Berthelot, Georges Guynemer, Gisèle Halimi, Joséphine Baker, Toulouse Lautrec, Louis d'Aragon, Raymond Naves, Roland Garros, Urbain-Vitry, Saint-Sernin, Bellevue ou encore Gallieni : ce jeudi 1er octobre, la majorité des lycées toulousains étaient bloqués contre l'austérité et la répression. Une mobilisation dans la continuité du mouvement initié ces dernières semaines en Île-de-France et de la première vague toulousaine de blocages de lycées ce mardi 29 septembre.
Plusieurs des lycées mobilisés, à l'image de Fermat, ou Rive Gauche le sont pour la première fois de leur histoire récente. Pour répondre à cette colère et à ce mouvement qui le dépasse complètement, le gouvernement et ses représentants locaux, Jean-Luc Moudenc en tête, ont envoyé leur police réprimer très durement plusieurs lycées mobilisés. C'est le cas notamment à Déodat-de-Séverac, un lycée de quartier populaire qui avait déjà subi une dizaine d'interpellations violentes mardi.
Dans d'autres lycées, comme celui des Arènes, professeurs et étudiants venus du Mirail ont formé une chaîne pour aider les lycéens à résister à la répression. Une action exemplaire, dans la continuité de la chaîne des personnels de Paul Eluard à Paris ou des raffineurs au Havre, qui montre la puissance de la solidarité du mouvement ouvrier pour faire face à la répression.
Sur décision du comité d'action qui avait rassemblé plus d'une centaine d'étudiants du Mirail mercredi 30 septembre, les étudiants mobilisés avaient en effet décidé de constituer des délégations dans plusieurs lycées afin de venir en aide aux lycéens, de mettre à disposition leur expérience de lutte et de les défendre contre la répression. A l'initiative de Révolution Permanente, plusieurs travailleurs et syndicalistes se sont également rendus sur divers blocages pour signifier leur solidarité et faire face à la police.
En solidarité avec les lycéens mobilisés toujours, Science Po Toulouse était bloqué. Au Mirail, les étudiants mobilisés, accompagnés de lycée Rive gauche, qui avoisine l'université, ont débrayé les amphithéâtres. Ils sont ensuite partis ensemble en manifestation, ou était appelé un rassemblement commun de tous les lycées et université à St Sernin. Sur la place, les délégations rassemblées venues de lycées des quatre coins de Toulouse ont permis d'assembler une large foule de plus de 1500 jeunes.
Le rassemblement est ensuite parti en manifestation dans les rues de Toulouse. Une démonstration de la radicalité et de la colère qui s'exprime depuis quelques jours dans l'ensemble de la jeunesse française. Le premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres d'annuler toutes leurs visites officielles et que Gerald Darmanin vient de convoquer les procureurs généraux pour inciter à des réquisitions très lourdes contre les jeunes poursuivis : le gouvernement craint plus que tout que le mouvement ne continue de s'étendre et qu'il ne dure jusqu'au 17 octobre, où il pourrait faire la jonction avec les appels au retour des gilets jaunes publiés ces dernières semaines sur les réseaux sociaux.
Tiraillé par cette crainte, l'État a donc répondu avec la répression la plus féroce. D'après des avocats de réprimés consultés par Révolution Permanente, au moins une centaine de jeunes, pour la plupart mineurs, auraient été interpellés et placés en garde à vue en une seule journée à Toulouse. Dans de très nombreuses images qui circulent sur les réseaux sociaux et sur les groupes de messagerie instantanée des lycéens, on voit des centaines d'autres jeunes violemment plaqués, gazés ou matraqués par la police. Un échantillon de la violence nue qui s'est exercée ce jeudi sur la jeunesse toulousaine.
Face à cette brutalité débridée de l'appareil répressif, un rassemblement de plus d'une centaine de personnes a été organisé en urgence ce jeudi soir à canal du Midi, devant le commissariat central. Mais le meilleur moyen de montrer à l'État qu'on ne se laissera pas faire face à la répression, c'est encore de ne pas baisser la tête et d'au contraire continuer à massifier le mouvement, pour que la semaine qui arrive il n'y ai pas une demi-douzaine d'étudiants sur chaque lycée pour les défendre contre la répression, mais bien des centaines ! Pour organiser et structurer cette mobilisation à la base, rendez-vous lundi 5 octobre à 18h30 pour une grande AG inter-facs au Mirail !
Crédits photo : Révolution Permanente.