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« S'affronter au patronat radicalisé » : à Toulouse, Révolution Permanente lance la campagne d'Anasse Kazib

Wed, 30 Sep 2026 15:42:23 CEST

Révolution Permanente

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Plus de 200 personnes se sont réunies à Toulouse le 24 septembre pour le lancement de la campagne présidentielle d'Anasse Kazib. Au cœur des échanges : l'indépendance vis-à-vis de LFI, la lutte contre l'extrême droite et la construction d'un rapport de force face au patronat.

Jeudi 24 septembre, plus de 200 personnes étaient présentes à la salle San Subra, à Toulouse, pour l'assemblée ouverte de Révolution Permanente organisée dans le cadre du lancement de la campagne présidentielle d'Anasse Kazib pour 2027. Au programme : la lutte contre l'extrême droite et le patronat, mais aussi le débat sur la place des révolutionnaires dans les élections.

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« Ce sera eux ou nous »

« Cet été a été marqué par les canicules et les incendies. Dans le même temps, la militarisation s'accélère et des tensions entre grandes puissances s'aiguisent. Dans ce panorama de guerres et de crises, ce sera eux ou nous. D'un côté, les capitalistes qui s'enrichissent sur la crise, de l'autre, les travailleurs et la jeunesse qui se battent pour un autre avenir. » C'est avec ces mots que Vanessa Pedinotti, travailleuse dans l'aérospatiale et candidate aux municipales de Toulouse en 2026 pour Révolution Permanente, a ouvert l'assemblée.

Alors que cette rentrée est marquée une colère sociale contre la vie chère et l'austérité, cristallisée par les appels au 17 octobre où les mobilisations des lycéens, la réunion a clairement dressé le panorama d'une situation de crise profonde du capitalisme.

Elle est ensuite revenue sur la situation toulousaine, où la question de la militarisation prend une place particulière avec le poids de l'aéronautique et du spatial. Elle a notamment évoqué les urgences de Purpan qui ferment pour manque de moyens quand Macron annonce l'ouverture d'un nouveau centre militaire, avant de revenir sur la situation à Airbus, où les salariés voient leurs primes baisser et le télétravail être réduit au nom de la militarisation comme le justifait le PDG Guillaume Faury dans une lettre aux salariés.

Pour Vanessa, ces évolutions posent directement la question de la stratégie à opposer au patronat : « Le patronat est ultra-radicalisé. C'est pour ça qu'on doit réfléchir sérieusement à quelle force et quelle stratégie on leur impose. »

C'est dans ce contexte de crises et de guerres que s'inscrit la montée de l'extrême-droite. Comme l'a rappelé Vanessa, « le RN est un projet politique qui naît d'une crise des classes dominantes et d'une instabilité politique profonde. Et qui propose une solution ultra réactionnaire à la crise du capitalisme ». Ainsi, la lutte contre l'extrême-droite ne peut s'envisager qu'en proposant une solution qui s'attaque aux racines de la crise.

Pourquoi ne pas se ranger derrière LFI ?

C'est l'une des questions qui a le plus traversé les échanges : pourquoi présenter une candidature indépendante plutôt que se ranger derrière la France insoumise en 2027 ? « Ce n'est pas seulement une question d'être “un peu plus à gauche”, on a des différences de stratégie profondes. On pense qu'on ne peut pas traiter ces problèmes uniquement à travers ce qui va se passer en 2027. Le combat contre l'extrême droite doit s'articuler au combat contre la militarisation, contre la destruction du climat et de nos conditions de vie et de travail. Et cela implique une clarté nécessaire sur le patronat radicalisé et sur la nécessité de s'attaquer à la racine du problème », précise Vanessa Pedinotti.

Elle est ensuite revenue sur les divergences avec LFI concernant le rapport au patronat, en prenant notamment l'exemple du débat sur la nationalisation de Total. « De ce point de vue-là, le projet de LFI, sous couvert de radicalité, se propose de gouverner le capitalisme français en alliance avec une partie du patronat. Il n'existe pas de terrain d'entente avec Total et le grand patronat. »

De plus, Vanessa est revenue sur le bilan des luttes des 10 dernières années et pose une divergence stratégique de fond avec les issues institutionnelle défendues par la France Insoumise. « Il y a une idée largement reprise et partagée : pendant 10 ans on aurait lutté mais pour rien, donc voter LFI ce serait la façon de faire par les urnes ce qu'on n'a pas réussi à faire dans la lutte. » Pourtant, cette solution esquive une question essentielle : « pourquoi on a perdu ? »

A rebours d'un bilan qui naturaliserait les défaites comme des limites indépassables, l'introduction a permis de rappeler que celles-ci sont le produit de choix stratégiques : grève saute-mouton ou grève reconductible ? Grève ou manifestation ? Lutter pour la démission de Macron dans la rue ou par la voie parlementaire ? La réponse à ces questions dessine une autre voie que la perspective portée par LFI : celle d'une stratégie qui s'appuie sur la force déployée par notre camp ces dernières années pour se préparer aux affrontements à venir.

Quel rapport de force pour affronter le patronat et l'extrême droite ?

Si « c'est eux ou nous », alors une question a traversé l'assemblée : comment affronter les projets du patronat, faire reculer l'extrême droite et imposer nos revendications ?

Les échanges ont notamment souligné que le combat contre l'extrême droite ne peut pas se réduire à une bataille électorale. Une personne dans la salle a ainsi posé la question : « Comment faire reculer l'extrême droite ? Comment mobiliser cette partie de la population qui vote contre ses propres intérêts ? » Une interrogation qui renvoie aux ressorts de la progression du RN, qui prospère aussi sur les échecs de la gauche institutionnelle et les divisions qui traversent le monde du travail. En désignant les immigrés, les musulmans ou les habitants des quartiers populaires comme responsables de la dégradation des conditions de vie, le RN cherche à opposer les travailleurs entre eux et à détourner leur colère.

À cette logique de division, les intervenants ont opposé la nécessité d'une politique d'unité de classe. C'est à partir de cette perspective d'unité que s'inscrit le programme défendu par la campagne Anasse Kazib, comme le souligne Vanessa Pedinotti : « L'urgence de la situation nécessite des revendications immédiates pour vivre, et ne plus survivre. On revendique un SMIC à 2000 euros, les 28h de travail par semaine, et l'indexation des salaires sur l'inflation, en plus de la retraite à 60 ans. Il faut reconstruire une unité entre tous ceux qui ont intérêt à se battre ensemble. C'est la logique qu'on défendra pour construire le 29 septembre et le 17 octobre. »
Pour les intervenants, ces revendications ne sont pas des promesses à attendre de l'élection, mais des objectifs à défendre dès maintenant dans les entreprises, les universités et les mobilisations. Comme l'a souligné Pierre, ouvrier dans la logistique, lors de l'assemblée : « Pour nous, ce programme, il part de la réalité, de la nécessité pour les gens. Il n'est pas négociable dans une assemblée, il doit se défendre sur le terrain des luttes. »

Les échanges ont également porté sur les moyens concrets de faire reculer le patronat et l'extrême droite. C'est précisément sur cette question que Vincent Rissier, auteur de « Contre l'écologie de guerre » est revenu, en opposant deux stratégies face à l'extrême droite : « LFI espère battre l'extrême droite grâce au soutien du front républicain, c'est-à-dire du PS, des macronistes, de la bourgeoisie, qui applique déjà le programme du RN. Nous, face à l'extrême droite, nous croyons en la force de la classe ouvrière pour la faire reculer, comme elle l'a montré à Minneapolis face aux milices fascistes de Trump. »

Ces débats ont aussi trouvé un écho dans les différentes mobilisations toulousaines évoquées lors de l'assemblée. Des étudiants du Mirail, du Capitole et de Paul Sabatier mobilisés contre « Bienvenue en France », aux ouvriers d'Airbus en grève contre la baisse des primes, en passant par les travailleurs de la culture en lutte contre l'austérité de Moudenc et la jeunesse mobilisée contre le génocide à Gaza, les exemples ne manquent pas. En insistant sur ce potentiel, une intervenante a souligné une autre divergence avec LFI : « Comment LFI mobilise ses centaines de milliers de soutiens ? Est-ce pour construire des syndicats, des collectifs dans les universités ou pour appeler aux urnes ? Pour LFI, 500 raffineurs, c'est 500 électeurs. Pour nous, c'est la possibilité de bloquer le pays. »

Encore récemment, malgré la répression, plus de 5 000 personnes ont défilé dans les rues de Toulouse contre les violences policières et plus de 10 000 se sont mobilisés le 29 septembre dont des milliers de jeunes. Ces mobilisations expriment des colères différentes, mais posent une même question : comment les faire converger pour qu'elles cessent de se retrouver isolées et puissent peser collectivement ?

C'est cette question que la campagne entend mettre au centre : faire converger les luttes du monde du travail et de la jeunesse, combattre les divisions racistes et réactionnaires, s'opposer à la militarisation et aux projets du patronat, et défendre un programme capable de répondre aux besoins de notre classe.

Face à un patronat toujours plus offensif et à l'extrême droite qui cherche à diviser notre camp, il y a urgence à construire une force capable de leur faire face. Rejoins la campagne d'Anasse Kazib et construisons ensemble cette force !

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