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« RN casse-toi ! » A Saint-Avold, les lycéens dénoncent les conditions d'étude et la mairie d'extrême-droite

Wed, 30 Sep 2026 16:01:35 CEST

Révolution Permanente

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Ce mercredi 30 septembre, plus de 400 lycéens ont bloqué le lycée du Poncelet avant de rejoindre le lycée Charles Jully, puis de défiler dans la ville. Une mobilisation née dans le cadre du mouvement national contre Parcoursup et le manque de moyens, qui a rapidement intégré la dénonciation du RN qui est à la tête de la municipalité. La police a répondu par des grenades lacrymogènes et des interpellations.

Un blocus organisé malgré les pressions

Tout commence la veille. Un noyau de lycéens veut organiser la jonction avec le mouvement national. L'un d'entre eux, membre du Poing Levé, est convoqué par la direction de l'établissement. Louane raconte : « C'est la première fois depuis que je suis au lycée que je vois la directrice et les CPE s'inquiéter, quand ils ont appris qu'il y allait y avoir un blocus. Ils ont pris notre camarade et lui ont mis un gros coup de pression, l'ont limite menacé ».

La pression n'a pas fonctionné, elle a même renforcé la détermination des jeunes, comme nous explique Louane, qui se mobilise avec son amie Jade. Cette dernière avait déjà manifesté quand elle était petite avec son père pendant le mouvement des Gilets jaunes, particulièrement fort à Saint-Avold. Le lendemain matin, dès 8h, les lycéens étaient une centaine devant le portail du Poncelet, avant d'être rejoints par des centaines d'autres.

« Je me lève à 6h, je rentre à 18h »

Au micro devant le lycée, les témoignages se succèdent et dessinent les revendications des élèves : « je me lève à 6h, je rentre tous les jours à 18h, j'ai encore après des devoirs, j'ai pas le temps pour des activités extrascolaires ». Après les chaleurs de cet été, de nombreux élèves s'indignent de l'inadaptation des bâtiments : « Au troisième étage il fait 40 degrés, on crève de chaud. Occupez-vous de ça au lieu de notre téléphone ».

Les élèves de STMG, particulièrement mobilisés, dénoncent une stigmatisation permanente et le mépris de classe dont ils font l'objet. Un lycéen lance : « On est pas des débiles, on est pas des animaux, on a les mêmes droits que les généraux. Ça fait maintenant deux ans que je suis en STMG, à chaque fois on est stigmatisés. Ben ouais je suis en STMG et je suis fier de l'être ! »

Sa camarade poursuit : « Toutes les STMG, on nous enlève des heures d'option au prétexte que c'est pas important. Quand on est en pro, on n'a pas le droit d'accéder à des options comme Sciences Po ou tout ce qui est artistique. On est 36 dans une classe, les conditions de travail sont horribles. » Avant de scander : « Sciences Po ça devrait être pour tout le monde ! » Et d'ajouter : « C'est pas parce que j'ai pas des parents français que je peux pas y arriver ! »

Les lycéens ont aussi exprimé leur soutien aux personnels de la cantine, « qui bossent dans des conditions très difficiles pour des salaires de misère, on pense à eux ! Elles font le travail de plusieurs personnes. » Ils ont également adressé un message aux enseignants : « On se bat aussi pour eux et pour tous leurs prochains, on sait que leurs conditions de travail sont difficiles. »

Au-delà des conditions d'études, c'est plus largement un système de tri social qui est dénoncé par les lycéens, avec notamment la plateforme « Parcoursup » qui les sélectionne après le bac.

« Le RN casse-toi, Saint-A n'est pas à toi »

Alors que le parti d'extrême droite a remporté les dernières élections municipales à Saint-Avold, les lycéens dénoncent un parti « raciste qui s'en prend aux musulmans et aux femmes voilées ». Une prise de parole revient sur le scandale de la vidéo des élus de la majorité municipale écoutant un chant pétainiste, et réclame la démission d'Océane Simon, l'adjointe toujours en place depuis l'affaire.

Rejoints par de nombreux camarades du lycée technique Charles Jully, les lycéens s'élancent ensuite en cortège dans la ville pour mobiliser l'autre établissement, avant de repartir en manifestation.

La réponse ne tarde pas. Une dizaine de policiers casqués et équipés se lancent à la poursuite des élèves avant de tirer plusieurs grenades lacrymogènes. Plusieurs jeunes âgés d'une quinzaine d'années se retrouvent gazés, aveuglés, incapables de respirer. L'un d'eux témoigne : « Après ils s'étonnent qu'on aime pas la police ». Deux lycéens auraient été interpellés.

Après la répression, le cortège se dirige vers la mairie. Les slogans fusent : « La jeunesse emmerde le RN », « Le RN casse-toi, Saint-A n'est pas à toi ». Devant l'hôtel de ville où des élus se sont retranchés et filment les manifestants, les jeunes scandent des slogans contre l'extrême droite, Zemmour, Bardella et Marine Le Pen.

Une lycéenne témoigne : « Je trouve que ce que propose le RN c'est pas humaniste. Dans cette ville le RN est passé à la mairie, je trouve ça vraiment horrible, rien que la loi qu'ils veulent faire pour interdire les femmes voilées. Occupez-vous des lycées et laissez les personnes voilées tranquilles. »

Le Réseau ouvrier et solidaire en soutien aux lycéens

Depuis les élections municipales, où s'était présentée la liste anticapitaliste « Saint-Avold ouvrière et solidaire », un Réseau ouvrier et solidaire s'est structuré. Il regroupe des militants et des organisations de la ville décidés à poursuivre le combat contre l'extrême droite et pour les intérêts des travailleurs.

Ils étaient une dizaine ce mercredi – ouvriers, retraités, militants – à venir soutenir les lycéens. Parmi eux, Christian Porta, secrétaire de l'Union Locale CGT et militant de Révolution Permanente, a pris la parole devant le lycée Charles Jully pour dénoncer les conditions de travail qui attendent les élèves dans le monde ouvrier après leurs études. Il a été largement acclamé par la centaine de lycéens présents.

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Cette ovation n'a pas été du goût du maire RN Hervé Simon, qui s'est empressé de dénoncer « l'extrême gauche », en la personne de Christian Porta, sur les réseaux sociaux. Lui qui veut faire de Saint-Avold une vitrine de la politique du RN n'a pas apprécié que la jeunesse de la ville « emmerde » toujours son parti.

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