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Blocus à Clichy : une dizaine de lycéens en garde à vue, personnels et familles dénoncent la répression

Wed, 30 Sep 2026 21:59:47 CEST

Révolution Permanente

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Ce mercredi 30 septembre, des personnels, élèves et familles se sont rassemblés devant le commissariat de Clichy pour soutenir les élèves interpellés lors des blocus du matin. Ils dénoncent les provocations de la police et la brutalité de la répression policière.

Dans le contexte de la mobilisation lycéenne, qui prend depuis quelques jours une ampleur nationale, plusieurs lycées du 92 étaient bloqués ce matin. Alors qu'hier, plusieurs élèves avaient déjà été placés en garde-à-vue, dont une élève du lycée Renoir d'Asnières, qui comparaissait aujourd'hui en comparution immédiate après s'être fait tordre le bras par un policier, la répression a à nouveau été brutale.

A Clichy, plusieurs élèves des lycées Newton, mobilisé depuis la semaine dernière, mais aussi du lycée Auffray, dont c'était la première journée de blocus, ont été interpellés par la police, dans le cadre d'un important déploiement policier. Selon les informations recueillies par les enseignant-es, ce serait une dizaine d'élèves qui auraient ainsi emmené au commissariat.

Des personnels dénoncent des provocations et la brutalité de l'intervention de la police

Gazeuses, grenades lacrymogènes, cordons policiers, arrestations… Les vidéos relayées par les élèves et les personnels des lycées Newton et Auffray de Clichy donne une idée des moyens déployés contre les blocus, qui dure depuis plusieurs jours dans le premier lycée et dont c'était la première journée pour le second.

Interrogés au micro de Révolution Permanente, des AED et enseignant-es du lycée racontent ainsi avoir vu pas moins de 8 camions de CRS garés devant le lycée, avec « des élèves bousculés, et une élève qui se prend un coup de matraque sans raison », une autre élève « trainée au sol », une élève frappée au genou et qui boitait. « Ils ont vraiment mis des gros moyens alors que le blocus se passait de manière pacifique. Les élèves faisaient juste un peu de bruit avec les poubelles, et la police a envoyé dix, quinze fois des bombes lacrymogènes. » Un autre AED raconte avoir vu un policier éteindre sa caméra avant de gazer une élève au visage.

Des provocations auxquelles s'ajoutent des menaces envers les élèves, mais aussi envers les AED et enseignant-es sortis de l'établissement pour protéger les élèves. Sur une des vidéos, on peut ainsi voir un policier répondre à des enseignant-es et AED qui filment l'arrestation d'un élève « si vous faites partie du groupe des perturbateurs vous allez les rejoindre. » Un AED témoigne aussi de remarques racistes : « c'est normal qu'ils finissent comme ça, vous les éduquez comme vous. »

Au lycée Newton, devant lequel sont intervenu les mêmes camions de CRS, des travailleurs syndiqués de l'hôpital Beaujon, situé en face de l'établissement, sont de leur côté sortis pour soutenir les élèves mobilisés, notamment après avoir constaté l'usage intense de gaz lacrymogènes pour empêcher le blocus.

Communiqués, grève et rassemblement devant le commissariat : personnels et familles apportent leur soutien aux élèves interpellés

Face aux revendications légitimes des élèves, qui sont, pour beaucoup, les mêmes que celles que défendent les personnels de l'Education depuis plusieurs années, les personnels des lycées Newton et Auffray annoncent, dans un communiqué intersyndical FSU-CGT-SUD commun, leur « soutien aux lycéen-nes face à cette répression et pour les revendications qu'iels portent » et ont appelé, dès la fin de matinée, à un rassemblement des personnels, élèves et familles des deux établissements devant le commissariat de Clichy.

Au lycée Auffray, où c'était le premier jour de blocus, l'équipe de vie scolaire s'est « spontanément mise en grève par solidarité », témoigne un AED, notamment par crainte des violences policières après avoir vu tourner sur les réseaux les vidéos des dernières journées. Plusieurs enseignant-es du lycée se sont aussi mis-es en grève ou on rejoint les élèves, et étaient présent-es au rassemblement de soutien pour demander la libération des élèves interpellés. Au lycée Newton, des personnels ont aussi rejoint le rassemblement de soutien et affiché leur solidarité avec les élèves.

« Nos enfants se battent pour avoir des droits » : la mère d'un élève appelle à soutenir le mouvement

Présente lors du rassemblement, la mère d'un des élèves interpellés exprime elle aussi de son soutien aux revendications des élèves, et de la brutalité de la réponse de la police. « C'est un combat légitime. On sait que sans manifestations, sans grèves, on n'a pas de droit. […] nos enfants se battent pour leurs droits, aidons-les ! »

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Elle témoigne du traitement réservé aux familles des lycéens, étant sans nouvelles de son fils de 15 ans, placé en garde-à-vue depuis plus de 4h sans que la police n'ait pris la peine de la contacter : c'est une amie de son fils, en pleur, qui l'a appelée pour lui signaler que son enfant faisait partie des jeunes interpellés. « J'ai précisé que mon fils n'avait que 15 ans et que je voulais savoir dans quel état il était. On m'a répondu : on n'a plus rien à vous dire. »

Lycéens, enseignants, AED, familles… Faisons front pour nos revendications et contre la répression !

Dans un contexte où le mouvement lycéen touche désormais plusieurs centaines d'établissements, il y a un enjeu, pour le gouvernement, à faire taire la colère d'une jeunesse à laquelle on offre tant un présent et qu'un avenir de misère. Comme en témoigne un AED, choqué des moyens mis en œuvre dès le premier jour du blocus, « il y a vraiment volonté de stopper un blocus qui a un sens. » En témoignent la multiplication des interpellation, plus de 600 depuis le début du mouvement.

En ce sens, il est essentiel que le mouvement lycéen ne reste pas isolé, mais rencontre le soutien des personnels et des familles, qui luttent pour beaucoup depuis des années pour des revendications similaires. Alors que les colères s'accumulent dans tous les secteurs de la société, il est aujourd'hui nécessaire de construire un front commun, avec des revendications offensives, et qui s'exprime par les manifestations et les grèves. C'est comme cela que nous pourrons donner une chance à nos revendications de l'emporter, contre le futur que nous promettent la macronie et ses successeurs.

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