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Brutalité policière : après un tir de LBD, un lycéen de Tours pourrait perdre son œil

Wed, 30 Sep 2026 19:36:40 CEST

Révolution Permanente

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Mercredi 30 septembre, à Tours, lors d'une charge policière contre un blocus lycéen, un élève mobilisé a été visé et touché à l'œil par un tir de LBD. Une répression scandaleuse qui vise à intimider la colère lycéenne qui s'exprime depuis la semaine dernière.

Ce mercredi 30 septembre, plus de trois cents lycéens en France ont repris les barricades et bloqué leurs lycées pour dénoncer leurs conditions d'études : dénoncer les classes surchargées, les profs non remplacés, le fonctionnement de Parcoursup, mais aussi la répression virulente qui s'abat sur eux.

C'est dans ce contexte qu'au Lycée Balzac à Tours, un lycéen de 16 ans a été pris pour cible par un CRS et touché au visage par un tir de LBD. Dans une vidéo prise par un de ses camarades, on le voit assis au sol, hagard, une flaque de sang s'écoulant de son visage se répand au sol.

Un autre de ces camarades témoigne au journal l'Humanité : « Les CRS nous chargeait de loin, pour essayer de nous faire reculer on lançait rien, on avançait, il y avait un ami à moi, qui était posé qui faisait pas de mal, il était sur son téléphone, un policier lui a tiré un flashball droit dessus, c'était pas en cloche, c'était vraiment tout droit, il l'a pris en plein dans l'œil, il s'est écroulé par terre en saignant et en se tenant l'œil. Nous on a fait un regroupement sur lui pour voir comment il allait, et les policiers ont continué de nous tirer dessus pendant qu'on allait sur lui. »

Sous les jets de lacrymo et de LBD, le jeune homme a été évacué en urgence vers le service ophtalmologie de l'hôpital Bretonneau, à Tours, en milieu de matinée.

Cette attaque tragique et révoltante n'est pas un accident, ni une « bavure ». Depuis le début de la mobilisation, la violence de la répression qui s'abat sur les lycéens mobilisés est inouïe. Ce qu'il s'est passé à Tours n'est donc pas un évènement isolé : à Saint-Ouen-l'Aumône, lundi 29 septembre, la police tire une grenade lacrymogène à bout portant sur un lycéen. Le tire brise l'ensemble des dents du haut du jeune homme : « il a la bouche défoncée », témoignait sa mère. Au lycée Paul Éluard, en Seine saint Denis, un des huit élèves mis en garde à vue en est ressorti le crâne fracturé.

Le ministre Laurent Nuñez se vantait mardi d'avoir interpellé plus de 440 adolescents mineurs dont les deux tiers ont fini en garde à vue

Mais comme le dit si bien cet enseignant de Paul Éluard dans un billet publié sur Médiapart : « On dit « interpellés » mais le mot est bien éthéré : violemment projetés au sol, attrapés par le cou, giflés, frappés, tabassés à plusieurs, insultés, humiliés, placés en garde à vue 24h entières, pour des pancartes en carton, pour avoir couru en désordre, pour quelques flammes dans un fond de poubelles dont personne ne sait qui les a allumées, trois pétards et une grille secouée. »

Le gouvernement déploie un maximum d'effectifs policiers pour réprimer les lycéens, parce que l'expression de la colère et du raz-le-bol par cette jeunesse mobilisée fait peur au pouvoir en place. Parce que Nuñez et les autres responsables de la crise austéritaire et de la casse des services publics craignent que ces mobilisations durent et emportent avec elle les revendications des enseignants, des travailleurs des services publics ou encore des étudiants qui luttent aujourd'hui contre le décret raciste « Bienvenue en France » et appellent eux aussi à bloquer leurs lieux d'études pour soutenir lycéens face à l'acharnement répressif dont ils sont victimes.

Nous apportons tout notre soutien au lycéen hospitalisé, à sa famille et à ses camarades, ainsi qu'à l'ensemble des jeunes victimes de cette répression insupportable. Et nous exigeons la relaxe immédiate de tous les réprimés ainsi que l'abandon de toutes les poursuites à leur encontre.

A l'image du personnel de Paul Éluard, qui s'est mobilisé main dans la main avec les lycéens, les travailleurs de l'éducation, les étudiants, les parents et le mouvement ouvrier doivent se tenir aux côtés de cette jeunesse courageuse pour faire front face à la répression et la soutenir pour renforcer la mobilisation.

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