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Repas à 1 € : à Marseille, les travailleurs du CROUS en grève et rejoints par les étudiants mobilisés

Wed, 30 Sep 2026 20:01:20 CEST

Révolution Permanente

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A Marseille, les travailleurs du Crous se sont mobilisés le 22 septembre, puis de nouveau ce mardi, pour exiger plus de moyens afin de pouvoir accueillir les étudiants dans de meilleures conditions, tout en les appelant à se mobiliser avec eux.

À l'université, cette rentrée 2026 est marquée par les files d'attente interminables dans les restaurants universitaires. Partout en France, les queues sans fin empêchent la plupart des étudiants - n'ayant qu'une heure de pause déjeuner - de se restaurer sur le campus. Le repas à 1 € a été instauré par l'État sans aucun moyen matériel ni financier supplémentaire pour accueillir les étudiants. Locaux trop petits, personnel en sous-effectif, matériel insuffisant : les restaurants et cafétérias universitaires sont saturés et les travailleurs du Crous épuisés.

C'est dans ce contexte que, ce mardi 29 septembre, les personnels du Crous se sont mobilisés à Marseille, pour dénoncer cette situation et revendiquer davantage de moyens pour de meilleures conditions de travail. Une semaine plus tôt, le 22 septembre, les travailleurs du Crous s'étaient également mis en grève en réponse à l'appel national lancé par la CFDT et FO. Ils dénonçaient la mise en place du repas à 1 euro sans moyens supplémentaires et revendiquaient une hausse des salaires.

Pour la première fois à Aix-Marseille Université, l'ensemble des restaurants universitaires et des cafétérias était fermé, à l'exception d'une cafétéria à la Timone. Une trentaine de personnels, réunis devant les bureaux de la direction du Crous, se réjouissait de cette mobilisation. Plusieurs d'entre eux témoignent de conditions de travail devenues insoutenables depuis la généralisation du repas à 1 euro : « On ne mange plus le midi, on n'a plus le temps, on doit déjà tous se relayer sur les postes des autres pour que quelqu'un puisse prendre une pause de 5 minutes ». Ils se confient également sur le fait que la direction garde leur fiche de poste, rendant particulièrement difficile la contestation de leurs conditions de travail.

De plus, une travailleuse déplore les conséquences physiques de ces pénibles conditions de travail. Elle témoigne avoir même perdu l'usage de sa voix pendant trois jours, à cause de l'afflux dans le restaurant universitaire et du sous-effectif, et l'avoir à peine retrouvée au matin du 22 septembre lorsque nous l'avons rencontrée.

Les employés étudiants du Crous : une main d'oeuvre précarisée

Les travailleurs du Crous mettent au centre de leurs revendications le maintien du repas à 1 euro pour tous, conscients que le premier responsable de leurs conditions de travail est l'État, qui choisit de ne pas mettre les moyens nécessaires en place pour assurer un accueil décent. Ils appellent notamment les étudiants à se mobiliser à leurs côtés pour plus de moyens : « Nous on fait ce métier, on les voit les étudiants faire la queue pendant cent ans, ils arrivent, ils ont faim, ils sont fatigués, nous on est surchargé et ça arrive qu'il y en ai qui s'énervent contre nous ou l'inverse, mais c'est à cause de la situation, il faut que les étudiants ils nous rejoignent pour demander plus de moyens pour nous et pour eux ».

L'une de leurs revendications centrales, portée les 22 et 29 septembre lors des rencontres avec les directions du Crous, concerne les conditions de travail des étudiants employés par le Crous, rendus encore plus précaires. Un travailleur témoigne : « Depuis septembre, sur toute l'académie, ils ont embauché 9 personnes, c'est n'importe quoi. Mais les étudiants, c'est eux qui font tourner le Crous, et le Crous n'est pas capable de les payer comme les autres employés, alors ils viennent plus travailler ici, et je les comprends ». En effet, le personnel du Crous a révélé que les étudiants travailleurs doivent attendre deux mois avant d'être payés, ce qui n'est pas le cas des salariés. De ce fait, les étudiants précaires, qui doivent payer leur loyer et leur inscription à la fac ne peuvent pas se permettre de travailler dans ces conditions.

Les personnels du Crous déplorent ainsi la manière dont la direction traite les étudiants, qui travaillent sur les postes les plus précaires, comme la plonge. Un ancien responsable de plonge témoigne : « C'est eux qui bossent le plus, ils sont payés plusieurs mois après, mais le Crous, il ne se rend pas compte : sans eux, sans les gars à la plonge, les RU sont à l'arrêt, plus rien ne se passe sans eux »

Le CNOUS veut faire payer la crise aux étudiants

En avril dernier, dès l'annonce de la mise en place du repas à 1 euro pour tous, Le Poing Levé alertait déjà sur les conditions déplorables dans lesquelles cette mesure allait être mise en place, sans moyens conséquents. Loin d'être un cadeau de bonne grâce que Lecornu offrait aux étudiants, cette mesure relevait surtout d'un accord avec le PS pour faire passer le budget 2026 en se donnant ainsi un vernis social sur le dos de la précarité étudiante.

Aujourd'hui, par la mise en place de cette mesure sans aucun moyen supplémentaire, les restaurants universitaires sont saturés et ne peuvent plus assurer l'accueil des étudiants et les personnels se retrouvent en surcharge de travail. L'explosion de 48% de la fréquentation des RU depuis septembre démontre la nécessité d'un repas à un euro pour tous. Alors même que les conditions d'accueil sont dégradées, les étudiants font la queue devant les RU et mangent en quelques minutes à peine pour pouvoir en bénéficier, témoignant de l'extrême précarité étudiante.

Mais alors que les revendications portées par les travailleurs réclament plus de moyens, de personnels, des locaux plus grands et de meilleurs salaires pour pouvoir assurer un accueil décent des étudiants, le CNOUS annonce déjà vouloir mettre en place une restriction dans l'application du repas à 1 euro pour tous, faisant ainsi directement payer cette situation aux étudiants. C'est ce que dénonce Lisa Magand, élue au CNOUS du Poing Levé, dans son billet.

Dénonçant la politique du CNOUS et de l'État, qui pousse les personnels à bout et organise la précarité étudiante en mettant en place des mesures qui opposent personnels et étudiants, Le Poing Levé, à l'image des personnels du Crous mobilisés ces derniers jours, revendique la nécessité pour les étudiants de se lier aux personnels du Crous en revendiquant le maintien du repas à 1 euro pour tous, accompagné de moyens massifs pour permettre un accueil réel et décent.

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