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Allemagne : 49 000 lycéens en « grève scolaire » contre le retour accéléré du service militaire

Wed, 30 Sep 2026 22:07:00 CEST

Révolution Permanente

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Ce vendredi 25 septembre avait lieu la 4e journée de mobilisation contre la militarisation dans les collèges et lycées allemands. Au moment où le ministre de la Défense allemand entend accélérer la mise en place des examens médicaux obligatoires pour les jeunes hommes, 49 000 jeunes ont exprimé dans tout le pays leur refus de la marche à la guerre.

Ce vendredi 25 septembre, la jeunesse allemande est redescendue dans la rue contre la marche à la guerre du gouvernement Merz. Pour les lycées de tout le pays, il s'agissait de la quatrième « grève scolaire » (Schulstreik) depuis décembre dernier. Après les réussites des mobilisations précédentes, ce sont encore près de 49 000 jeunes qui sont allés battre le pavé dans plus d'une centaine de villes en Allemagne.

Le mouvement s'est déployé dans de nombreuses villes, sous l'impulsion de comités d'élèves qui ont fleuri dans tout le pays. La cible de ces mobilisations n'est autre que la volonté du gouvernement de Friedrich Merz de réinstaurer progressivement le service militaire. Fin 2025, le chancelier a fait voter une loi prévoyant une première étape dans cette direction : à partir du 1er janvier 2026, tous les hommes nés en 2008 ont dû remplir un questionnaire obligatoire sur leurs aptitudes et leur motivation à effectuer un service militaire. La loi prévoyait à partir de janvier 2027 l'obligation pour ces jeunes hommes de se soumettre à un examen médical obligatoire, sous peine d'une amende de 1000€. Mais le 18 septembre dernier, le ministère de la Défense allemand a annoncé vouloir accélérer la procédure et ne pas attendre janvier 2027 pour rendre obligatoires les Musterungen (les examens en question).

A Berlin, où la manifestation a rassemblé près de 7000 jeunes, les dernières annonces du ministère de la Défense passent mal. De nombreux jeunes ont exhibé leur Musterungsbriefe (les convocations à l'examen médical) et les ont brûlées sous les applaudissements de la foule. « Merz an die Front » (Merz au front) ou encore « Die Reichen wollen Krieg , die Jugend eine Zukunft » (les riches veulent la guerre, la jeunesse un avenir) ont été repris en chœur par les lycéens et collégiens, dont certains ont à peine 12 ans. Mais cette jeunesse n'entend pas seulement se battre contre le service militaire et le réarmement : tout au long de la manifestation, de nombreux slogans dénonçant la complicité de l'État allemand dans le génocide en Palestine ont été scandés. De nombreux habitants du quartier de Wedding à Berlin, drapeau palestinien aux fenêtres, ont salué le passage des manifestants.

Avec cette journée de mobilisation, la jeunesse allemande a donné une réponse claire à la tentative du gouvernement de donner un coup d'accélérateur au réarmement du pays. Tout comme Macron en France, Merz a encore renforcé sa rhétorique militariste à coups de « menace russe », en s'appuyant notamment sur l'incident de drone survenu à l'aéroport de Leipzig. Et pour faire de l'Allemagne la première armée conventionnelle d'Europe, le gouvernement fédéral a lâché toute contrainte budgétaire : en témoignent les milliards qui pleuvent sur les industriels de l'armement du pays, mais aussi les 24 centres de recrutement flambant neufs qui ont été construits pour accueillir près de 350 000 jeunes hommes lors de leur visite médicale.

Mais les milliards ne suffiront pas pour militariser le pays. La jeunesse allemande qui s'est exprimée ce vendredi, qui refuse d'aller au front et qui dénonce à la fois le génocide et les coupes budgétaires de Merz, est un gros caillou dans la chaussure de l'impérialisme allemand. Sur les 350 000 jeunes destinataires du formulaire, seuls 530 jeunes se sont portés volontaires pour le service militaire, bien loin de l'objectif des 10.000 recrues que s'était fixé le gouvernement pour cette première phase de recrutement.

Face à cette résistance, l'État allemand réprime de plus en plus durement les mobilisations. La manifestation à Berlin devait initialement s'arrêter devant une usine automobile qui est en train d'être reconvertie en centre de production de munitions pour le géant de l'armement Rheinmetall. Mais le dispositif policier a bloqué tout passage. La police berlinoise, connue pour réprimer les manifestations par la violence, et en particulier les manifestations pro-palestiniennes, n'a pas failli à sa réputation pour ce quatrième acte du Schulstreik. De nombreux jeunes, dont certains n'avaient pas plus de 13 ans, ont été interpellés par la police, parfois simplement pour avoir collé un sticker sur un panneau.

Une répression qui fait écho à celle actuellement subie par le mouvement dans les lycées en France : plusieurs centaines de lycéens ont été interpellés et plusieurs ont été gravement blessés ces derniers jours. En Allemagne comme en France, la jeunesse est réprimée parce qu'elle s'oppose aux gouvernements qui veulent la faire marcher au pas et qui pour financer la militarisation, s'attaquent à ses conditions de vie et d'études.

Si cette répression est aussi violente, c'est parce que cette jeunesse qui refuse de baisser la tête inquiète profondément les gouvernants. Ceux-ci ont tout à craindre d'une contagion de cette radicalité à d'autres secteurs opprimés, et notamment des secteurs du mouvement ouvrier dont certains étaient mobilisés les jours précédents pour leurs salaires. Si la jonction par le bas entre les secteurs pro-palestiniens et la jeunesse opposée à la guerre s'opère de plus en plus, il faudra aussi toute la force du mouvement ouvrier allemand pour faire reculer Merz et ses projets de casse sociale et de remilitarisation. Pas un euro, pas une vie pour leurs guerres !

Crédits photo : Josh.

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