Laurent Nuñez se vante d'avoir interpellé 164 lycéens : relaxe immédiate !
Tue, 29 Sep 2026 12:42:14 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe lundi, au cours d'une nouvelle journée de mobilisation des lycéens des quartiers populaires du 93 et du 95, la police s'est montrée de nouveau violente et brutale, interpellant 164 jeunes et en blessant plusieurs gravement. Un lycéen est ainsi ressorti du commissariat avec une fracture crânienne, tandis qu'un autre a été visé par une grenade lacrymo au visage.

Ce lundi 28 septembre, les jeunes de Seine-Saint-Denis et du Val d'Oise ont de nouveau bloqué leurs lycées contre les conditions d'étude et de vie dégradées dans lesquelles le gouvernement les maintient. La réponse à leurs revendications a été la violence policière et une répression d'État bien ficelée. À la fin de la journée, le Ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez revendique 164 interpellations, et fait état de plusieurs jeunes blessés. Des chiffres vertigineux, qui rendent compte de l'ampleur de la répression qu'est prête à déployer le gouvernement pour faire taire la colère de la jeunesse des quartiers populaires. À la sortie du commissariat, l'un des jeunes interpellés avait une fracture à la boîte crânienne.
Dès 8 heures, les policiers présents ont gazé les lycéens présents devant le lycée Paul Eluard à Saint-Denis. Pendant ce temps-là, leurs collègues déployés à Saint-Ouen l'Aumône tiraient une grenade lacrymo à bout portant sur un jeune qui s'est effondré au sol en convulsant.
Comme pendant les révoltes pour Nahel de 2023, le gouvernement essaye de délégitimer la colère des jeunes de quartiers, usant de la même rhétorique sur les soi-disant « violences » commises et surtout en essayant de faire croire que ces révoltes et ces mobilisations ne sont pas politiques. Au contraire, le déploiement de l'arsenal répressif d'État, avec son cortège de matraques, grenades assourdissantes, corps spéciaux comme la BAC, montre bien que cette mobilisation et cette colère sont politiques, et font peur au gouvernement. Cet arsenal vise à dissuader les jeunes de se mobiliser, alors qu'ils ont raison de lutter contre des conditions de vie et d'étude déplorables et surtout contre l'avenir de misère qu'on leur promet.
Alors que la répression d'État se déchaîne sur ces jeunes, il faut que le mouvement ouvrier défende fermement la libération de ceux encore détenus dans les commissariats, leur apporte toute sa solidarité et réclame l'abandon complet des poursuites qui pourraient viser ces jeunes, dans la continuité des poursuites engagées par l'État contre les lycéens mobilisés en mars dernier à Marseille.
Crédit photo : Révolution Permanente