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« On veut juste vivre » : lundi, les lycéens fortement mobilisés malgré 164 interpellations

Tue, 29 Sep 2026 13:19:46 CEST

Révolution Permanente

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Dans les quartiers populaires d'Île-de-France, mais aussi à Lille et dans plusieurs villes du Sud, les lycéens se sont mobilisés toute la journée de lundi pour dénoncer leurs conditions d'étude, tout en dénonçant le génocide en cours à Gaza. Une nouvelle journée marquée par une répression massive, avec 164 interpellations.

Après une semaine durant laquelle de nombreux jeunes, pour certains accompagnés de professeurs et d'AED, ont bloqué leurs établissements pour exiger les moyens d'étudier et refuser un avenir de misère, la mobilisation a repris ce lundi dans plusieurs établissements en région parisienne, notamment dans le 93, le 94 et le 95, mais également à Lille contre « le manque de moyens, de personnel », la « cantine trop chère », les classes « trop chaudes en été et trop froides en hiver », les « punaises de lit et les douches cassées », ou encore à Marseille, Nice, Grasse, Cagnes-sur-Mer et Menton.

Et c'est en Île-de-France, au cœur des quartiers populaires, que la répression a frappé le plus fort. Dès 8 heures du matin, la police commençait déjà à réprimer les lycéens qui dénonçaient leurs conditions d'étude déplorables au lycée Paul Eluard, après plusieurs interpellations la semaine dernière. Des jeunes choqués par la violence de la première interpellation d'un camarade, racontaient : « Ils sont venus, ils ont poussé tout le monde et ils sont partis. Ils l'ont pris au hasard pour nous choquer ! »

La police a ensuite plaqué au sol un autre lycéen avant de tirer à la grenade sur les jeunes qui se trouvaient autour de lui, puis de procéder à de nombreuses autres interpellations violentes tout au long de la matinée.

Des grenades lacrymogènes ont également été utilisées par la police contre les lycéens de Jules Ferry, à Coulommiers :

Devant le lycée Suger, tout aussi matinalement, la police nationale, la police municipale et la BAC, certains agents étant armés de LBD, ont procédé à quatre interpellations et tiré des grenades lacrymogènes sur les lycéens. Ceux-ci étaient également mobilisés pour dénoncer leurs conditions d'étude et le génocide à Gaza. La police a ensuite gazé toute la rue devant le lycée.

À Saint-Ouen-l'Aumône, la police est allée jusqu'à tirer à bout portant sur un jeune qui s'est effondré au sol en convulsant.

De nombreux lycéens ont témoigné de l'objectif de leur mobilisation.

« Vous ne vous souciez pas de vos élèves. Les toilettes sont insalubres, il n'y a pas de savon, pas de protections hygiéniques, la moitié ne sont pas utilisables. Il n'y a pas d'infirmière ! », racontait une lycéenne de Paul Eluard en interpellant le proviseur depuis le blocus, pendant qu'un autre dénonçait le caractère raciste des attaques et l'inutilité du CVL :

Du côté de Sarcelles, une autre lycéenne dénonçait aussi la militarisation en s'adressant directement au gouvernement : « Vous armez le pays et désarmez notre avenir. Toutes les dépenses de l'État vont vers les dépenses militaires. Ils ont donné le permis de tuer aux policiers au lieu de donner de l'importance à nos écoles. »

À Paul Le Roland, un lycéen poussait également un coup de gueule clair contre la casse de leurs écoles et une éducation nationale qui « préfère interdire l'abaya que s'intéresser à des lois qui peuvent nous être utiles » :

Malgré une présence policière elle aussi massive qui vise à les intimider, les lycéens d'Eugène Delacroix à Drancy en ont un mot d'ordre clair : « Notre avenir, notre choix ».

Face à l'ampleur de la répression, de nombreux professeurs et assistants d'éducation étaient non seulement en grève pour soutenir les revendications politiques de leurs élèves, mais ont également monté une chaîne pour les protéger contre la répression à Paul Eluard, à Saint-Denis.

Yanni, AED à Paul Éluard, témoigne : « Il y a eu des interpellations violentes, un élève est sorti du commissariat avec une fracture crânienne. On a besoin de montrer la solidarité des personnels aux côtés des élèves pour faire face à cette répression »

Le tout avant de dégager, professeurs, AED et lycéens main dans la main, le média d'extrême droite Frontières de la place. Comme l'a expliqué Anasse Kazib, militant à Révolution Permanente et candidat à la présidentielle, en direct de Paul Eluard : « Frontières est venu provoquer les lycéens mais la jeunesse les a éloigné. C'est leur lycée et ils ne veulent pas de l'extrême droite protégée par la police. »

En fin de journée, 164 interpellations : c'est le nombre absolument vertigineux de jeunes arrêtés par les forces de répression en une seule journée, officiellement sous le prétexte de « violences urbaines ». Mais derrière cette justification, ce sont bien pour leurs revendications contre la casse de leurs écoles et de leur avenir que le gouvernement en crise a choisi de réprimer les jeunes des quartiers populaires. Car c'est précisément la puissance de leur mobilisation dirigée contre ses politiques autoritaires et leurs conséquences qui inquiète aujourd'hui terriblement le pouvoir, qui ne voudrait pas voir la mobilisation s'étendre comme une trainée de poudre.

Et comme le montre de façon limpide le reportage de Révolution Permanente au cœur de la mobilisation à Saint Denis ce matin, face à la précarité et aux attaques réactionnaires, les lycéens ont compris qu'il ne suffisait pas d'aller voir les proviseurs ou de multiplier les délégations : la lutte s'organise autour d'un rapport de force.

Avec la grève du 29 septembre pour les services publics, ou encore l'appel du 17 octobre, la rentrée sociale et politique s'annonce explosive. Il s'agit donc désormais de s'organiser massivement pour faire face collectivement aux attaques et imposer les revendications de la jeunesse, mais aussi pour se tenir à ses côtés face à la répression policière et judiciaire qui la vise, en exigeant la relaxe et l'arrêt de toutes les poursuites judiciaires pour l'ensemble des jeunes interpellés.

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