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Paris, Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux… : malgré la répression, la mobilisation s'étend à 300 lycées

Tue, 29 Sep 2026 13:50:18 CEST

Révolution Permanente

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Alors que le ministère de l'Intérieur recensait hier près de 180 lycées mobilisés, des centaines d'élèves ont à nouveau manifesté ce mardi 29 septembre pour dénoncer leurs conditions d'études et de vie. Malgré une intense répression, le mouvement s'étend désormais bien au-delà de l'Île-de-France.

Saint-Denis, Paris, Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nice, Rennes, mais aussi Dijon, Niort, Colomiers, Châtellerault, Chinon… La mobilisation dans les lycées se poursuit et continue à prendre une ampleur nationale, alors qu'une journée de grève est appelée dans la fonction publique. Selon les chiffres relayés par TF1, c'est plus de 300 lycées qui se sont mobilisés ce mardi matin.

Ras-le-bol lycéen : la mobilisation s'étend et prend une ampleur nationale

Lancée par des lycéens d'Île-de-France, et notamment du 93, 94 et 95, où personnels et élèves dénoncent depuis des années des conditions d'enseignement extrêmement dégradées et l'absence de perspectives d'avenir pour la jeunesse des quartiers populaires, la mobilisation s'étend désormais à l'échelle nationale.

Partout, les élèves mobilisés dénoncent des « conditions d'éducation inacceptables », que ce soit le manque de professeurs devant les classes, le manque de tables et de chaises, des journées de 8h à 18h où les élèves n'ont parfois même pas le temps de déjeuner, le renforcement de la sélection sociale avec Parcoursup, mais aussi parfois la présence de rats et de cafards dans les établissement, notamment en Seine-Saint-Denis, et encore l'absence généralisée d'entretien des établissements scolaires. A Nice, les élèves dénoncent aussi des classes en surchauffe, avec des températures qui peuvent dépasser les 35°C pendant plusieurs semaines, tandis qu'à Lille, une lycéenne raconte au micro de BFMTV que les cours de spécialité comptent désormais 38 élèves au lieu de 26 !

Sur les blocus, des lycéen·nes dénoncent aussi les choix politiques du gouvernement, qui préfère investir dans la répression plutôt que dans l'éducation. A Drancy, un élève explique « on étudie et juste à côté y'a des cratères dans les murs, ce n'est pas normal. L'Éducation Nationale préfère interdire l'abaya que s'intéresser à des lois qui peuvent nous être utiles », tandis qu'à Sarcelles, une élève dénonce la militarisation au détriment de l'éducation : « Vous armez le pays et désarmez notre avenir. Toutes les dépenses de l'État vont vers les dépenses militaires. Ils ont donné le permis de tuer aux policiers au lieu de donner de l'importance à nos écoles ». De même, que ce soit à Saint-Denis, Paris ou Bordeaux, des lycéen·nes expriment aussi sur les blocus leur soutien à la Palestine et dénoncent le génocide en cours.

Gardes-à-vue, lacrymogènes, intimidations : la répression aussi s'intensifie

Alors que le ministère de l'intérieur annonçait hier que 164 jeunes avaient été placés en garde-à-vue depuis lundi, et a annoncé, conjointement avec le ministre de l'Éducation nationale, être prêt à faire « usage de la force » contre les lycéen·nes, la répression et les violences policières se poursuivent ce mardi matin.

A Lille, la police était présente dès les premières heures pour disperser la manifestation impulsée par les lycéen·nes. A Grasse, un lycéen a reçu un violent coup de matraque dès les premières heures du blocus, tandis qu'à Lyon, comme dans plusieurs autres villes, les policiers ont utilisé des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser les blocus. Deux élèves du lycée Saint-Exupéry de la ville ont été interpelés, tandis que d'autres interpellations ont eu lieu à Toulouse, mais aussi à Asnières (92), Saint-Denis (93)…

A 13h, c'est près de 40 interpellations et 10 blessés qui étaient recensés par le ministère de l'Éducation nationale dans le cadre des blocus lycéens.

Des personnels de l'Éducation qui se mobilisent en soutien à leurs élèves

Alors que les images des enseignant·es de Paul Eluard à Saint-Denis (93) formant une chaîne humaine pour protéger leurs élèves d'une charge de la police ont hier fait le tour des réseaux sociaux, des personnels de l'Éducation ont à nouveau rejoint les blocus pour soutenir leurs élèves.

Interrogée par Révolution Permanente, une enseignante gréviste du lycée témoigne de l'importance de soutenir ses élèves, face à la répression et à des revendications qui sont aussi celles des personnels de l'Education.

Dans le Val-d'Oise, plusieurs élèves et parents se sont ainsi rendus en Assemblée générale avec leurs enseignant-es, pour discuter ensemble des suites d'une mobilisation qui ne concerne pas que les lycéen-nes, mais reflète une accumulation des colères.

Vers une jonction du mouvement lycéen et de la grève de la fonction publique ?

La mobilisation lycéenne de ce mardi intervient alors qu'une journée de grève est appelée dans la fonction publique. Un contexte qui ouvre la voie à une jonction entre les différents secteurs mobilisés, alors même que les revendications des élèves rejoignent celles de leurs enseignant·es. A Bordeaux, des lycéennes manifestent leur soutien à la grève, tandis que partout se pose la question de rejoindre les cortèges appelés dans les différentes villes.

Dans un contexte où les mobilisation lycéennes s'étendent, cette jonction pourrait en effet donner un nouveau souffle et de nouvelles perspectives à la fois à la jeunesse et aux travailleurs qui se mobilisent contre l'austérité, pour les services publics, et, plus globalement, contre l'avenir de misère et de guerre que nous prépare la macronie. Une accumulation des colères et des mobilisations qui pourraient porter un sérieux coup au gouvernement. C'est aussi pour cela que le mouvement ouvrier doit apporter toute sa solidarité à la lutte des lycéen·nes, en commençant par revendiquer la relaxe immédiate de tous les réprimés et l'abandon de toutes les poursuites à leur encontre.

Crédit photo : Révolution Permanente Marseille

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