29 septembre : la jeunesse toulousaine largement mobilisée malgré la répression
Tue, 29 Sep 2026 14:54:39 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÀ l'appel de la journée de mobilisation nationale, la jeunesse toulousaine est largement mobilisée depuis ce matin, dans la continuité des nombreux blocages des derniers jours en Île-de-France. Au moins six lycées, le Mirail et l'Université Paul Sabatier sont mobilisés. À Déodat-de-Séverac et Pierre d'Aragon à Muret, la mobilisation a donné lieu à une dizaine d'arrestations brutales.

Alors que l'ensemble de la fonction publique est appelée à la grève ce mardi 29 septembre contre l'austérité, les salaires dérisoires et la hausse du prix du carburant, les comités d'action contre BEF de plusieurs facs, ainsi que de nombreux lycéens ont décidé de se greffer à l'appel.
En région toulousaine, les élèves d'au moins 6 lycées sont mobilisés : ceux de Saint-Sernin, de Renée Bonnet, des Arènes, de Déodat-de-Séverac, de Berthelot et de Pierre d'Aragon à Muret. Dans ces 4 derniers, les élèves ont installé des blocages ce matin, avec l'objectif affirmé de dénoncer leurs conditions d'études déplorables, le manque de moyens, la vétusté des locaux, mais aussi de permettre à leurs camarades de classe et aux travailleurs de leur lycée de participer à la mobilisation d'aujourd'hui sans risque de se faire réprimer ou de perdre du salaire.
À Déodat-de-Séverac, la police a réprimé très violemment le blocus des lycéens. Une dizaine de jeunes auraient été violemment arrêtés et embarqués au commissariat de Tournefeuille, tandis que les forces de répression, CRS en tête, ont notamment tiré au LBD sur les lycéens.
Un militant du Poing Levé et de Révolution Permanente, qui couvrait simplement la mobilisation, a y compris été pris pour cible. Il a été touché par une balle de LBD au niveau de la hanche. Une attaque grave et délibérée contre la liberté d'informer, que nous condamnons avec force, de la part de la police de Macron et de Moudenc qui entend bien terroriser toutes celles et ceux qui osent lever la tête contre leur politique pro-patronale.
Une situation assez similaire a eu lieu au lycée Pierre D'Aragon à Muret, en banlieue toulousaine. Alors que les lycéens avaient installé un blocus, la police a violemment réprimé leur mobilisation. Dans une vidéo que Révolution Permanente a dévoilé, on voit notamment des policiers plaquer violemment au sol des lycéens :
Les lycéens ont ensuite convergé à Saint-Sernin, où ils ont organisé une grande AG inter-lycées avant le départ en manifestation de cet après-midi.
Du côté des universités toulousaines, l'ensemble du campus du Mirail était bloqué dès 6h30 par les étudiants mobilisés. En effet, le comité d'action du jeudi 17 septembre et l'assemblée générale du lundi 28 avaient décidé d'organiser un blocage, pour permettre notamment à l'ensemble des étudiants boursiers de se mobiliser sans craindre de perdre leurs aides et aux personnels de participer à la manifestation sans que l'administration ne puisse recenser précisément les grévistes et les priver de salaire.
Si les étudiants ont décidé de s'associer à cette mobilisation, c'est non seulement en solidarité avec le monde du travail et les lycéens, alors qu'ils sont concernés par de nombreuses situations similaires : dégradation des conditions de travail, stagnation des salaires alors que l'inflation grimpe, vétusté des locaux, etc, mais aussi afin de dénoncer un ensemble d'offensives récentes plus spécifiques à l'enseignement supérieur. Au cœur de ces dernières, le décret de mai 2026 qui généralise « Bienvenue en France » à l'ensemble des universités, multipliant par 16 les frais d'inscription des étudiants étrangers et préparant le terrain à une hausse délirante pour tous. Autres grandes raisons de lutter : la volonté du gouvernement de supprimer les APL, d'abord pour les étudiants étrangers puis pour tous les étudiants, et l'instauration par le CNOUS d'une jauge mettant de facto fin à la généralisation du repas à 1 €.
Afin de renforcer ces différentes luttes, les étudiants mobilisés ont profité du blocage pour aller à la rencontre de l'ensemble des personnels et étudiants présents sur le campus. Un petit-déjeuner solidaire était notamment organisé à cette fin et une grande déambulation a parcouru l'ensemble du campus, permettant de rallier plusieurs dizaines d'étudiants présents au mouvement de blocage. Finalement, les étudiants se sont retrouvés pour divers ateliers, notamment pour décorer des gilets jaunes et faire les banderoles de la manifestation, avant le départ commun vers cette dernière.
En dehors du Mirail, des étudiants d'autres campus étaient également mobilisés. À l'université des sciences, sur le campus Paul Sabatier, les étudiants mobilisés ont notamment bloqué le bâtiment 6, mettant principalement en avant la revendication de la lutte contre BEF, au moyen d'une grande banderole « pas de rentrée sans les étudiants étrangers ». Une mobilisation relativement inédite sur ce campus excentré, qui a permis de faire connaître les revendications du mouvement à de nombreux étudiants et professeurs venus sur la fac.
L'importante mobilisation de ce matin, de même que la répression qu'a fait pleuvoir sur elle l'État, témoignent de la colère bien réelle qui traverse la jeunesse. Pour que cette journée ne soit pas sans lendemain et pour organiser concrètement ta colère, rejoins le Poing Levé !