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Macron devant l'ONU : derrière les appels à la paix, l'hypocrisie impérialiste et la propagande guerrière

Mon, 28 Sep 2026 14:35:04 CEST

Révolution Permanente

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Derrière une indignation de façade face à la situation en Palestine et une posture de « pacificateur », le chef de l'Etat a profité de son dernier discours devant l'ONU pour réaffirmer sa propagande guerrière en agitant le spectre de la « menace russe ».

Ce mardi 22 septembre, Emmanuel Macron prononçait son dernier discours en tant que chef d'État devant l'Assemblée des Nations unies à New-York. « Un nouvel âge de la barbarie » s'est ouvert, a-t-il déploré. Gaza, Ukraine, Soudan, Congo : c'est en surjouant la colère que le président français a énuméré les multiples conflits sanglants en cours à travers le monde.

Mais ce que le président français passe sous silence, c'est le rôle direct de l'impérialisme français dans cet « âge de la barbarie » : du soutien aux Émirats arabes unis, fauteurs de guerre au Soudan par l'intermédiaire des Forces de soutien rapide, à la complicité de la France avec le génocide à Gaza en passant par la politique ultra-belliciste de l'OTAN dans la guerre en Ukraine, qui encourage désormais des frappes directes sur Moscou et fait le choix d'une escalade réactionnaire.

Encore et toujours complice du génocide

Un an plus tôt, à la même tribune, Emmanuel Macron reconnaissait officiellement l'État de Palestine. Il s'en est défendu : « J'entends le cynisme de certains. “Reconnaissance de papier, regardez la réalité”. Mais quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? ». Dans le même registre, il s'est indigné quelques secondes plus tard : « Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? Jamais ! »

Un simple fait résume toute l'hypocrisie de ses déclarations : tandis que Macron disserte sur le droit international et la solution réactionnaire à deux États, Benjamin Netanyahou a pu librement survoler la France pour se rendre à l'Assemblée de l'ONU alors même que celui-ci est sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. « Le cynisme, c'est Macron et ses amis qui voudraient nous faire croire qu'ils ont quelque chose à faire du sort des Palestiniens pour se faire mousser dans des réunions impuissantes, alors que le génocide continue » résumait Anasse Kazib, porte-parole de Révolution Permanente et candidat à l'élection présidentielle.

Car derrière cette posture, l'impérialisme français cherche surtout à prendre rhétoriquement ses distances avec Israël et le génocide en cours en Palestine alors que l'État génocidaire est de plus en plus isolé sur la scène internationale. Tandis que les dirigeants israéliens jouent leur partition en s'agaçant des remarques de Macron, la nouvelle rhétorique de l'Élysée est surtout un écran de fumée qui sert à dissimuler le maintien des relations économico-militaires avec Israël. Alors que Barrot a mis en place des sanctions commerciales contre les colonies en Cisjordanie, une part infime des relations économiques avec Israël, les liens militaro-industriels se poursuivent : la France a approuvé près de 525 livraisons de matériel militaire à destination de l'État génocidaire depuis octobre 2023.

Surtout, mimant de manière grotesque une indignation gaulliste, le discours de Macron vise surtout à protéger la marge de manœuvre diplomatique de l'impérialisme français au moment même où Paris se repositionne de manière agressive au Moyen-Orient. La dénonciation des colonies israéliennes ou du « spectacle » de Gaza vise ainsi à dialoguer avec la frustration des partenaires de la France dans la région à l'égard d'Israël et de la guerre en cours contre l'Iran. Tandis que les monarchies du Golfe s'inquiètent de l'avancée israélienne et que la crédibilité du parapluie sécuritaire étasunien dans la région a volé en éclats, les multinationales françaises s'implantent en Syrie. Paris a déployé pendant 166 jours le Charles de Gaulle en mer à proximité du Golfe persique pour voler au secours de ses alliés réactionnaires tout en mobilisant son aviation pour protéger le ciel des monarchies face aux tirs iraniens. Désormais, la France aspire à déployer des moyens militaires en Arabie Saoudite pour protéger le terminal de Yanbu où les livraisons de pétrole qui transitent par l'oléoduc Est-Ouest, le seul pipeline de contournement du détroit d'Ormuz, sont désormais bloquées par les tirs houthis.

Reste que cette rhétorique est également matinée d'inquiétude. La France, comme les autres puissances impérialistes, a conscience du danger que pose le mouvement de solidarité international avec Gaza pour ses intérêts réactionnaires, qu'il s'agisse de sa politique étrangère ou de la militarisation. Alors que les grèves anti-coloniales italiennes ont retiré au gouvernement Meloni une partie de sa marge de manœuvre diplomatique, Paris a préféré prendre les devants dans l'espoir de canaliser les mobilisations contre le génocide. Dans le même temps, l'État français continue d'offrir à Israël sa meilleure arme en poursuivant sa campagne de répression généralisée contre ceux et celles qui dénoncent le génocide en cours, bientôt depuis trois ans.

« Menace russe » et militarisation

Mais si Macron feint l'indignation au sujet de la Palestine, la suite de son discours sur la guerre en Ukraine fini de démasquer son hypocrisie en faveur de la « paix ». À coup d'oppositions entre « la liberté » européenne et le supposé « impérialisme » russe, le locataire de l'Élysée a déroulé sa propagande militariste face aux dirigeants du monde entier. Le président l'agitait déjà la semaine précédente : vendredi 18 septembre, il convoquait l'ensemble des chefs des partis d'opposition pour les alerter de « l'intensification de la menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France ».

Dans le même temps, au petit matin du dimanche 20 septembre, l'Ukraine lançait une offensive aérienne massive sur Moscou, frappant de nombreuses infrastructures civiles et en employant les mêmes méthodes qu'Israël et les États-Unis pendant la guerre en Iran, notamment lors des raids contre Téhéran. Macron a donc profité de la tribune que lui offrait l'Assemblée de l'ONU pour justifier l'escalade guerrière en Ukraine appuyée par les principales puissances européennes. Confrontées à la baisse du soutien financier et militaire des Etats-Unis dans le conflit, les impérialistes de l'UE sont devenues les soutiens les plus bellicistes de l'Ukraine. Cette guerre représente pour eux un enjeu existentiel pour défendre leurs propres intérêts en Europe de l'Est en même temps qu'un levier qui leur permet de légitimer la course au réarmement, dont Macron a été l'un des principaux promoteurs.

Intervenant ce jeudi 24 septembre sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron a offert à l'ensemble des Français cette même profession de foi militariste : au moment même où les prix des carburants flambent et la crise sociale s'approfondit, la « menace russe » permet de justifier de nouveaux sacrifices. Puisque l'enjeu est là : la hausse vertigineuse des budgets des armées doit être payée par une austérité toujours plus brutale, impliquant aussi bien la casse en règle des services publics que le détricotage de la Sécurité sociale. Alors que Lecornu a déjà annoncé 54 milliards euros d'économies, le budget de la défense doit, lui, augmenter de 6,4 milliards.

Face à ça, l'ensemble des forces politiques institutionnelles se plient dans un consensus militariste. Qu'elles soutiennent ouvertement les budgets du gouvernement, ou qu'elles proposent simplement une méthode différente pour réarmer le pays, aucune ne propose de réelle alternative. Le refus de se confronter sérieusement à l'industrie militaire française conduit à justifier la préparation des prochaines guerres réactionnaires. Mais, plus encore, elle compromet la cohérence de toute position de soutien au peuple palestinien. Le discours de Macron, se positionnant comme donneur de leçons sur le génocide en cours, est entièrement démasqué par la poursuite ininterrompue de la collaboration militaire entre la France et Israël. Mais cela signifie que pour s'attaquer à la complicité de la France, il faut attaquer toute la machine de guerre française, dont les intérêts sont profondément imbriqués avec ceux des entreprises génocidaires.

C'est pour faire entendre une telle voix dans la campagne présidentielle que Révolution Permanente a lancé la candidature d'Anasse Kazib. Une candidature ouvrière et révolutionnaire, qui soit prête à refuser la course aux armements comme une véritable offensive en règle contre les travailleurs. Cette campagne veut être un tremplin pour porter un discours qui dénonce le consensus militariste, qui permet de légitimer un embrigadement répressif de la société, tout en opprimant les peuples dominés du monde entier pour la défense de l'impérialisme français.

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