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Austérité, salaires et carburant : le 29 septembre, dans la rue pour unifier la colère !

Mon, 28 Sep 2026 15:39:12 CEST

Révolution Permanente

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Le 29 septembre, les travailleurs de la fonction publique sont appelés à la grève contre les attaques du budget Lecornu. Alors que la colère monte autour du prix du carburant et dans les lycées, cette journée doit être un point d'appui pour élargir la mobilisation et préparer la suite jusqu'au 17 octobre.

Le 29 septembre, les travailleurs des trois versants de la fonction publique sont appelés à la grève par une large intersyndicale (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP) contre les attaques du budget Lecornu. Alors que la colère monte autour du prix du carburant et dans les lycées, cette journée doit être un point d'appui pour élargir la mobilisation et préparer la suite jusqu'au 17 octobre.

Salaires, emplois, services publics : l'offensive austéritaire XXL est lancée

54 milliards d'euros d'austérité : voilà le budget proposé par le gouvernement Lecornu. Les services publics et les fonctionnaires seront de nouveau en première ligne face à des attaques brutales. Après un été marqué par les canicules et les incendies, la dégradation des services publics, à l'image des hôpitaux, a une nouvelle fois montré ses conséquences dramatiques.

La participation des pompiers à la mobilisation du 29 septembre, qui seront en tête de nombreuses manifestations dans le pays, est particulièrement significative. Alors qu'ils ont été en première ligne de la lutte contre les incendies, qui a révélé l'ampleur des conséquences de la destruction des services publics, leur mobilisation témoigne de la colère qui traverse aujourd'hui une partie importante de la fonction publique.

De plus, ces nouvelles coupes austéritaires dans les ministères et les collectivités vont encore aggraver les suppressions d'emplois, tandis que les services publics manquent déjà cruellement de personnel. Avec l'élargissement très important du recours aux contractuels sous Macron, la précarité est devenue massive dans la fonction publique et ces travailleurs sont particulièrement exposés aux effets de l'austérité et de la crise sociale. Les annonces de Lecornu risquent également d'aggraver leurs conditions d'emploi. À cela s'ajoutent les répercussions des coupes dans les budgets associatifs et dans les secteurs privés qui assurent des missions de service public, qui pourraient elles aussi entraîner de nouvelles vagues de licenciements.

Des attaques qui vont, en fin de compte, toucher toute la population, comme nous le raconte Léo Stella, militant syndical à la CGT Mairie de Toulouse : « La destruction des services publics va impacter chaque aspect de la vie des usagers, puisque ce sont les crèches, collèges et lycées qui sont impactés avec des fermetures de classes, des centres sociaux et lieux d'accueil des plus précaires, notamment liés à l'enfance, qui sont fermés faute de moyens suffisants sans parler des services de proximité comme les bibliothèques ou les centres culturels ».

Enfin, l'annonce du gel du point d'indice intervient dans un contexte où les salaires des fonctionnaires ont fortement décroché par rapport à l'inflation. Comme le rappelle la CGT, les fonctionnaires ont perdu environ 450 euros par mois depuis le début des années 2000.

Cette date s'inscrit de plus dans une période de flambée des prix du carburant qui aggrave la crise sociale et nourrit une profonde colère. Alors que Total engrange des profits records en profitant de la guerre, c'est nous qui payons encore les crises pour garantir les profits du grand patronat. L'appel au 17 octobre, ayant émergé sur les réseaux sociaux et réanimant le souvenir des Gilets jaunes, apparaît comme une perspective dans un contexte où des mobilisations encore embryonnaires se développent dans différents secteurs, que ce soit dans certaines fractions du petit patronat, comme les pêcheurs, mais aussi au sein du mouvement ouvrier, avec la grève nationale des énergéticiens face à la casse de leurs acquis et les mobilisations contre les licenciements chez Sodexo et Renault Flins.

Face à la casse de leurs conditions d'études, les lycéens des quartiers populaires montrent la voie

À la veille du 29, c'est dans le secteur de l'éducation que la colère se cristallise, avec une mobilisation qui a débuté dans les lycées des quartiers populaires de la banlieue parisienne. Lancée par un lycée de Créteil, la mobilisation se répand depuis une semaine dans le 93, le 94 et le 95 et, depuis ce lundi, dans plusieurs villes en France, comme à Lille ou à Grenoble.

Les élèves dénoncent les classes surchargées, les journées de 8 heures à 18 heures, des locaux parfois insalubres, le manque de personnels ou encore le renforcement de l'autoritarisme scolaire. Mais les revendications touchent désormais à une dimension plus large : qu'il s'agisse de la pression méritocratique, du sentiment de relégation, cristallisée par Parcoursup, ou des violences policières, du racisme ou de la militarisation. « Ils réarment le pays et désarment notre avenir » résumait ainsi une lycéenne sur sa pancarte ce lundi. De son côté, le gouvernement cherche à tuer la mobilisation dans l'œuf en recourant à une répression violente et massive tandis que Nuñez menace de déployer « les forces de sécurité » dans les lycées : charges, tirs de lacrymogènes, parfois à bout portant, plaquages et arrestations.

Mais malgré la répression, la détermination des lycéens est remarquable. Surtout, ce lundi, des formes de convergence entre les élèves et les travailleurs de l'éducation se développent, notamment au lycée Paul Eluard où des professeurs et des AED se sont mis en grève en soutien aux lycéens et ont formé une chaîne pour protéger le blocus des charges de la police. Une convergence entre élèves et travailleurs de l'éducation qui pourrait s'étendre à la mobilisation du 29 septembre.

Dans la jeunesse aussi, la date du 29 apparaît comme une occasion de faire converger les colères. Des comités d'action ont été impulsés dans de nombreuses facs, notamment à l'initiative du Poing Levé, pour dénoncer « Bienvenue en France », une réforme raciste qui instaure dans les faits la préférence nationale et qui, derrière la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers, prépare une hausse généralisée pour l'ensemble des étudiants, le Poing Levé et d'autres organisations appellent à grossir les rangs de la mobilisation contre cette attaque d'ampleur contre le mouvement étudiant.

29 septembre, 17 octobre : il faut un programme et un plan pour unifier la colère

La colère qui s'exprime aujourd'hui dépasse donc largement le seul cadre des travailleurs de la fonction publique. Face à une offensive qui touche à la fois les services publics, les salaires, le coût de la vie et la sécurité sociale, il faut chercher à faire converger les différentes colères qui émergent déjà, tandis que le gouvernement se prépare à poursuivre ses attaques.

Pourtant, les directions syndicales restent enfermées dans une logique routinière, réduisant la rentrée sociale à une succession de dates sectorielles sans lendemain. Certes, Sophie Binet appelle à une « journée noire » le 29 septembre et invite « tous les salariés du privé à les rejoindre », mais la préparation de la mobilisation dans les lieux de travail en reste au minimum syndical. Surtout, la CGT ne cherche pas à relier cette date à la colère sociale plus large. En témoigne son refus de reprendre à son compte l'appel au 17 octobre. Dans une interview, le 23 septembre, elle affirme que « les mots d'ordre pour ce 29 septembre, c'est les salaires et les services publics ». Cette orientation laisse ainsi de côté la colère autour du carburant, au moment même où d'autres secteurs se mobilisent déjà sur cette question.

Cette orientation s'inscrit plus largement dans une stratégie de pression visant à obtenir des miettes par le dialogue social. Sophie Binet demande ainsi au Premier ministre de réunir « une table ronde d'urgence sur le pouvoir d'achat et la vie chère », associant organisations syndicales, représentants des employeurs et gouvernement. Une stratégie qui, en entretenant encore et toujours des illusions sur le « dialogue social », constitue une impasse et un frein manifeste à la construction d'une riposte d'ensemble.

Une riposte d'autant plus nécessaire que les attaques actuelles ne sont qu'un avant-goût de celles qui se préparent. Édouard Philippe propose ainsi de ne pas remplacer 7 000 départs de fonctionnaires pour financer des aides ciblées sur les carburants tandis que le RN demande de passer de un à trois jours de carence pour les fonctionnaires.

Face à ces attaques, il faut un programme capable de répondre à l'ensemble des aspects de la crise : baisse et blocage des prix, réquisition des profits et expropriation de Total pour garantir une baisse durable des prix, augmentation générale des salaires et indexation sur l'inflation, interdiction des licenciements, investissement massif dans les services publics qui doivent être placés sous le contrôle des travailleurs, refus de la militarisation et lutte contre la répression dans le mouvement ouvrier et chez les lycéens, violemment réprimés par la police et les corps spéciaux.

Le 29 septembre peut servir de point d'appui pour élargir la mobilisation : les revendications sur les salaires, le coût de la vie et le carburant doivent êtres liées aux les luttes dans les lycées et au sein des quartiers populaires, dans les services publics et contre les licenciements, comme chez Sodexo et Renault Flins. Le 29 septembre ne doit donc pas être une mobilisation isolée, mais un premier jalon vers le 17 octobre et vers une mobilisation plus large, capable de faire reculer les attaques contre nos conditions de vie et nos salaires.

Crédits photo : Dorian M

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