« 200 CRS, grenades et LBD » : dans le Calvados, la loi RIPOST sert déjà à réprimer violemment une free party
Mon, 28 Sep 2026 21:05:22 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalContre la tenue d'une free party en Normandie début septembre, la préfecture du Calvados a déployé 200 CRS et réprimé durement les participants, provoquant des départs d'incendies et de nombreux blessés. Contre les conséquences de la récente loi RIPOST et de toutes les autres lois répressives, il faut s'organiser pour dénoncer la répression et exiger leur retrait total.

Le 12 septembre dernier à La Hoguette s'est tenue la 3ème édition de Normandy Invasion, un multison organisé tous les ans dans le but de rassembler les sound-systems de Normandie autour d'un grand évènement festif et musical commun. Comme tous les ans, les organisateurs ont préparé l'événement en mettant en place prévention, maraudes et équipe de sécurité pour assurer le bon déroulement de la fête. Tout était prêt pour rassembler gratuitement des centaines de jeunes. Pourtant, la préfecture du Calvados a décidé d'interdire cet événement et d'appliquer la nouvelle loi RIPOST adoptée en juillet alors même que le décret d'application n'est pas encore publié. Un important dispositif de police a ainsi été déployé pour interrompre et réprimer violemment l'évènement.
Avant même le début de l'évènement, la préfecture a ainsi cherché à empêcher sa mise en place en bloquant l'A88 pendant plusieurs heures afin de contrôler l'afflux de participants, entravant l'accès au site à des chargés de mission venant assurer la sécurité des teufeurs. Malgré ce dispositif, quelques centaines de personnes ont pu accéder à l'événement, qui s'est ouvert aux aurores le samedi matin. Quelques heures plus tard, alors que la fête battait son plein, 200 CRS ont été déployés afin de l'arrêter par la force.
Des teufeurs, présents sur place au moment de l'attaque, décrivent un assaut violent, sans sommation, avec l'objectif clair de prendre les participants en embuscade. C'est ainsi que près de 200 CRS sont sortis de la forêt, lourdement armés, avec l'objectif de saisir les murs de son et d'évacuer tous les participants. C'est alors une scène de guérilla qui s'est produit, à coups de dizaines de tirs de LBD et de grenades de désencerclement et lacrymogènes, qui ont engendré plusieurs départs de feu.
La répression policière lors de l'intervention a causé de nombreux blessés physiques chez les participants, sans compter toutes les séquelles psychologiques engendrées par le déferlement de violences. En racontant la scène, un participant décrit ainsi avoir vu un de ses amis grièvement blessé à la jambe par une grenade de désencerclement.
En parallèle de ses offensives, la police a participé à bloquer l'arrivée des secours pendant son intervention, mettant gravement en danger les participants qui ont dû aller à l'hôpital par leurs propres moyens.
En expliquant que « Ce n'est pas la fête qui est interdite, mais bien la tenue de grands rassemblements sans encadrement », la préfecture justifie la préfecture justifie hypocritement la répression de ces événements sous couvert de « dérives festives », tout en occultant les raisons pour lesquelles une partie de la jeunesse se tourne vers des espaces culturels indépendants et non marchands, dans un contexte où le secteur culturel institutionnel et encadré est lui aussi frappé massivement par les politiques d'austérité du gouvernement.
Ce déchainement de l'appareil répressif invenant donc alors que la loi RIPOST a été adoptée le 21 juillet par le parlement, grâce aux voix de la macronie, de la droite et de l'extrême droite et malgré plusieurs manifestations d'opposition. Cette loi de criminalisation des free party prévoit notamment une amende de 30 000€ et 6 mois de prison pour les personnes « contribuant de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement » d'une free party.
Cependant, la loi RIPOST, un véritable fourre-tout de nouveaux outils sécuritaires, ne s'attaque pas uniquement aux free party. Le texte présente plusieurs volets visant à renforcer l'arsenal répressif contre le squat, l'utilisation de mortiers d'artifice et la consommation de stupéfiants. Le tout avec un même objectif : répondre à la crise sociale avec de la répression, en ciblant une fois de plus au premier chef la jeunesse et les classes populaires qui voient la présence policière encore renforcée et la violence de cette dernière à nouveau relégitimée par ce texte répressif.
Et comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle loi « permis de tuer » a été adoptée en première lecture par l'assemblée nationale, instaurant la présomption de légitime défense pour le policier faisant usage de son arme et venant renforcer l'arsenal répressif dont la loi RIPOST fait partie.
Contre cette surenchère répressive il est important d'exiger le retrait de toutes les lois sécuritaires de la loi RIPOST jusqu'à la loi Cazeneuve et de revendiquer le désarmement total de la police municipale ainsi que la dissolution de tous les corps spéciaux comme la BAC et la CSI.
En ce sens, et après une mobilisation du 20 septembre contre le permis de tuer XXL réussie, il est urgent de construire une mobilisation par en bas et indépendante des insitutions pour mettre fin à la surenchère sécuritaire du gouvernement, contre la criminalisation des free party et l'ensemble des violences policières.