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Billet. Jauge maximale : le gouvernement veut nous priver du repas à 1€, il va falloir se battre

Sun, 27 Sep 2026 11:34:56 CEST

Révolution Permanente

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Billet de Lisa Magand, étudiante à Paris 8 et élue du Poing Levé au Centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS), après l'annonce de l'instauration d'une jauge maximale de repas à 1€ servis dans les restaurants universitaires.

Quelques mois seulement après avoir octroyé le repas à 1€ à l'ensemble des étudiants dans le cadre d'un accord de soutien gouvernemental avec le Parti Socialiste, Macron revient déjà sur sa concession. Dans un communiqué envoyé à l'AFP, le CNOUS vient en effet d'annoncer l'instauration d'une jauge maximale de repas à 1€ servis pour chaque restaurant universitaire (RU).

Le CNOUS explique cette décision par la hausse de 48% de la fréquentation des RU. Il faut dire qu'en l'absence de moyens supplémentaires, l'annonce de la généralisation du repas à 1€ au printemps était inapplicable dans de bonnes conditions. Les CROUS croulaient déjà sous le manque de moyens, d'effectifs, les restaurants universitaires ne permettant pas d'accueillir l'afflux d'étudiants. C'est ce qu'expliquait Le Poing Levé au lendemain de l'annonce de la généralisation du repas à 1€. La situation actuelle illustre le rôle qu'a joué la généralisation du repas à 1 euro pour le gouvernement Lecornu : une mesure symbolique pour faire passer un budget austéritaire avec l'accord de non-censure du PS, et non une mesure qui permet de soulager les étudiants précaires.

Et comme souvent, c'est nous, usagers et travailleurs, qui payons à la fin le prix de leurs manigances politiques. Ainsi ceux d'entre nous qui habitent en logements CROUS subissent encore l'insalubrité, les inondations, la prolifération de nuisibles. Des problèmes qui n'ont pas attendu 2026 pour exister, mais qui se sont exacerbés avec la baisse brutale de recettes engendrée par la généralisation du repas à 1€.

Surtout, depuis la rentrée et partout en France, on doit faire systématiquement plus d'une heure de queue en plein cagnard si on ose vouloir se restaurer dans un RU, tout ça pour des portions toujours plus ridicules.

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Pendant ce temps, les travailleurs des CROUS, qui sont pour certains eux-mêmes étudiants, sont soumis à des cadences infernales. Ils étaient déjà en sous-effectif chronique jusqu'à présent. Désormais ils ont donc en moyenne 1.5 fois plus de travail que l'année dernière, le tout sans la moindre embauche supplémentaire, puisque que l'Etat a laissé inchangé le nombre de postes directs que les CROUS ont le droit d'ouvrir. Au final, on a donc des travailleurs qui enchaînent des cadences infernales, sans compter que l'essentiel des postes qui n'ont pas directement trait à la cuisine ou aux manipulations de fonds sont désormais déléguées à des boîtes d'intérim et à des entreprises de sous-traitants connues pour leurs méthodes abjectes, à l'image d'Arc-en-ciel ou d'Onet. Pour dénoncer cette situation, les travailleurs des CROUS étaient en grève dans tout le pays mardi 15 septembre. Une lutte à laquelle Le Poing Levé a apporté son soutien total.

En instaurant une jauge maximale de repas à 1€, le CNOUS - dont la dirigeante Bénédicte Durand est une ex-conseillère d'Elisabeth Borne et a été directement nommée par Macron - prétend répondre à la colère des travailleurs du CROUS en pénalisant les étudiants, tout ça pour ne surtout pas avoir à réellement augmenter les budgets. Dans son communiqué, elle prétend en effet que cette décision viserait à alléger les « cadences infernales ». Le CNOUS joue simplement ici son rôle : organiser la misère étudiante au service des intérêts austéritaires du gouvernement et de la bourgeoisie, en l'instrumentalisant pour mieux diviser étudiants et travailleurs des RU.

Si la dégradation brutale des conditions de travail des salariés du CROUS est indiscutable, la hausse de 48% de la fréquentation des RU suite à la généralisation du repas à 1€ témoigne d'une réalité qui l'est tout autant : même si cela implique de faire 1h30 de queue en plein soleil, même s'ils n'ont à l'arrivée qu'une assiette à demi remplie et qu'ils savent qu'il devront manger en 10 minutes top chrono sous pression des agents qui essaient de faire passer autant d'étudiants que possible, les étudiants sont soumis à une telle précarité qu'ils sont prêts à subir tout ça pour ne payer qu'1€ leur repas.

Autrement dit, le repas à 1€ est une mesure essentielle et l'annonce de la restriction de son accès est une offensive grave contre l'ensemble des étudiants. Pour y faire face, on ne peut pas faire abstraction des conditions de travail délétères des salariés du CROUS et se contenter d'exiger la suppression de la jauge. Ce qu'il faut réellement, c'est une hausse massive de budget prise directement sur les milliards d'aides publiques dont le patronat est arrosé, la fin du plafond d'emplois directs que les RU peuvent ouvrir, la construction de dizaines de nouveaux RU partout en France, mais surtout une lutte directe contre les directions locales et nationales des CROUS qui ne sont rien d'autre que des intermédiaires de l'Etat pour organiser la misère étudiante. Au-delà du repas à 1€, il nous faut nous battre pour un revenu étudiant à hauteur du SMIC et financé par le patronat, ainsi que pour la réquisition de l'ensemble des logements vides, pour y loger dignement, entre autres, tous les étudiants qui en ont besoin.

Pour obtenir tout cela, nous ne pourrons compter que sur nos propres forces, et puisque nous partageons le même adversaire, il est fondamental de nous lier dans cette lutte aux travailleurs du CROUS, pour associer nos revendications et agréger nos forces. Nous n'avons rien à attendre des fausses promesses des politiciens bourgeois, qui n'instrumentalisent notre misère qu'au service de leurs manigances politiciennes en faveur du patronat, comme l'a fait le PS en apportant son soutien tacite à Lecornu en échange du repas à 1€ sans hausse de budget.

Pour prendre part à cette lutte, comme à celle contre le décret raciste Bienvenue en France ou la suppression des APL, qui répondent en fait d'une logique identique et proviennent du même ennemi, mobilise toi sur ton campus et dans la rue le 29 septembre et le 17 octobre. Surtout, rejoins le Poing Levé pour t'organiser avec la jeunesse révolutionnaire !

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