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« 6 mois ferme ? » : assigné à résidence, Julien Le Guet prend le micro

Sat, 26 Sep 2026 12:37:28 CEST

Révolution Permanente

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La répression ne fera pas taire Julien Le Guet. Depuis son domicile où il est assigné pour six mois, le porte-parole de Bassines Non Merci lance « 6 mois ferme ? », une émission radio hebdomadaire consacrée aux luttes et à la répression. Pour la première, lundi, il reçoit Caroline Proust, de Cancer Colère, et Petra Bernus, de Révolution Permanente.

Julien Le Guet, l'un des porte-parole de Bassines Non Merci, s'apprête à subir une peine d'enfermement sous bracelet pendant six mois. Face à cela, une équipe s'est montée pour ne pas laisser prise à l'isolement et à la silenciation qu'impose la répression. Durant ces six mois, Julien Le Guet vous accueillera en direct depuis son grenier, pour parler et faire parler des invités de peines politiques, de l'actualité des luttes et de la répression, avec des militants des mouvements Bassines Non Merci, antifascistes et des Soulèvements de la Terre.

La première émission, lundi 28 septembre, accueillera Caroline Proust, membre de Cancer Colère 86 et de sa coordination nationale, ainsi que Petra Bernus, étudiante infirmière et militante à Révolution Permanente Bordeaux, qui a participé à l'élan de solidarité dans la lutte contre les incendies en Gironde.

Avec l'émission « 6 mois ferme ? », l'équipe de Bassines Non Merci et Julien Le Guet font de sa condamnation un point d'appui pour continuer à parler des luttes et de la répression. La condamnation des militant·es n'est jamais une affaire individuelle. Elle participe d'une politique générale : faire payer à celles et ceux qui contestent l'ordre établi le prix de leur engagement, décourager la mobilisation et isoler les secteurs les plus combatifs.

Cette démarche s'inscrit aussi dans une histoire plus ancienne : celle des luttes anticarcérales qui refusent que la prison, l'assignation à résidence et le contrôle judiciaire deviennent des moyens ordinaires de neutraliser celles et ceux qui contestent. Depuis longtemps, les mouvements sociaux ont compris que l'enfermement ne vise pas seulement des individus : il peut aussi servir à produire de la peur, du silence et de l'isolement autour d'eux.

Dans la séquence actuelle, la répression des militants et la radicalisation de la réponse des forces policières sont deux outils fréquents pour marginaliser la lutte contre la destruction de la planète au profit de l'agro-industrie. À Sainte-Soline, comme dans de nombreux conflits sociaux et écologiques, l'État a répondu à la mobilisation par la violence et par la judiciarisation. Les militants de « 6 mois ferme » se demandent donc : quelle réponse devons-nous apporter à la répression ? Certainement pas la résignation. Certainement pas l'idée que chaque militant·e doit affronter seul·e les conséquences de son engagement. Et certainement pas la séparation entre les luttes : d'un côté les écologistes, de l'autre les syndicalistes, les travailleur·ses en lutte, les quartiers populaires ou les jeunes. L'individualisation de la répression vise précisément à produire cette division.

Dans cette perspective, faire entendre la voix des personnes poursuivies ou condamnées est déjà une manière de combattre l'isolement. Parler de la répression, c'est aussi rappeler que derrière chaque condamnation se trouvent des trajectoires militantes, des proches, des collectifs et des luttes qui continuent.

À l'inverse, chaque attaque contre un secteur du mouvement doit devenir l'affaire de toutes et tous. Lorsqu'un militant est poursuivi pour avoir participé à une mobilisation, c'est la possibilité même de se mobiliser qui est attaquée. C'est pourquoi il faut construire une solidarité politique et matérielle avec les personnes poursuivies et condamnées, mais aussi tirer les conséquences politiques de cette répression. Car nous ne gagnerons pas en demandant simplement à l'État d'être plus raisonnable. Nous gagnerons en construisant un rapport de force suffisamment important pour qu'il ne puisse plus criminaliser les luttes sans rencontrer une résistance collective.

La lutte pour l'eau, contre les mégabassines, contre les grands projets inutiles, pour les salaires ou contre les attaques sociales ne sont pas des combats isolés. Ils se heurtent à un même pouvoir et à une même logique : faire passer les intérêts des capitalistes avant ceux de la majorité de la population.

L'anticarcéralisme ne consiste donc pas seulement à dénoncer la prison en tant que lieu d'enfermement. Il invite à interroger tout ce qui, dans la répression, cherche à discipliner les corps, contrôler les mobilisations et rendre coûteuse toute contestation. Dans cette continuité, donner une voix aux luttes et à celles et ceux qui les mènent permet de ne pas laisser la répression définir seule le récit.

« 6 mois ferme » peut contribuer à cette bataille en donnant une place à celles et ceux qui luttent, en reliant les expériences et en rendant visibles les mécanismes de la répression. Pour « 6 mois ferme », l'enjeu n'est pas seulement la condamnation-bâillon d'un militant. Le problème est qu'un système puisse condamner celles et ceux qui se mobilisent tout en présentant cette répression comme une simple question d'ordre public. À cela, nous devons répondre par la solidarité, par l'organisation et par le rapport de force.

Faire de la radio depuis une situation de répression, c'est ainsi transformer une mesure destinée à isoler en un espace collectif de parole. C'est refuser que l'assignation, la condamnation ou la menace judiciaire aient le dernier mot.

Suivez « 6 mois ferme » tous les lundis midi à partir du 28 septembre et durant toute l'assignation à résidence de Julien Le Guet.

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