Attaque raciste : la métropole de Lyon veut supprimer 102 places d'hébergement pour des mineurs isolés
Thu, 24 Sep 2026 19:27:31 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que les institutions lyonnaises fournissent extrêmement peu de places d'hébergement, la Métropole et la préfecture décident de s'attaquer à l'unique dispositif hébergeant les mineurs isolés en recours de reconnaissance de minorité. Une manifestation a eu lieu le 16 septembre dernier contre cette fermeture.

À Lyon, le dispositif « Stations », créé en 2020 pour permettre l'hébergement de 102 mineurs isolés, est menacé de fermeture. Ce dispositif permettait un hébergement dans des conditions précaires – par exemple 4 jeunes dans un bungalow – mais également un accompagnement pour l'ensemble des démarches administratives, médicales ou scolaires. Le cadre de vie était relativement stable, les jeunes pouvant se poser pour quelques mois, avec les mêmes jeunes comme voisins, et les mêmes éducateurs.
Il était financé par la Métropole et la préfecture, géré par l'association Le Mas, et réparti sur deux sites. Depuis mai, plus aucun nouveau jeune n'y est accueilli. Le premier site, situé à la Part-Dieu, est en train de fermer, notamment car le bâtiment va être démoli pour laisser place à de nouvelles galeries marchandes. Les jeunes présents ont été décalés vers le second site qui fermera fin décembre. Après ça, aucune solution n'est proposée pour ces jeunes : la Métropole les menace donc de subir le froid glacial, sans hébergement. Rappelons que l'an dernier, il avait fallu attendre plusieurs semaines de températures avoisinant les -10 degrés pour qu'un gymnase soit enfin ouvert, hébergeant seulement une partie des jeunes et avec des procédures administratives complexes. Un exemple parmi d'autres de la politique de la Métropole, qui avait aussi expulsé le squat de la rue Neyret, hébergeant 70 jeunes, il y a deux ans.
Cette décision criminelle vient renforcer une situation déjà extrêmement préoccupante. Alors que ces jeunes trouvaient un peu de stabilité dans les « Stations », tout cela est remis en cause. Comment poursuivre un parcours scolaire ou des soins médicaux en dormant à la rue ? Un prof a d'ailleurs rejoint la manifestation organisée le 16 septembre, en soutien à ses élèves. Alors que les attaques racistes augmentent, comment ne pas avoir peur la nuit sous une tente ?
Ces coupes budgétaires sur des dispositifs sociaux s'inscrivent dans une série d'attaques contre les étrangers. L'Europe-forteresse se renforce, comme en atteste la récente rencontre entre Macron et Burnham pour augmenter de 18% le budget de la « chasse aux migrants » à la frontière franco-britannique, ou encore la répression envers les migrants ayant tenté de rejoindre l'Espagne à partir des enclaves coloniales de Ceuta et Mellilla. À l'intérieur des pays européens, les lois racistes s'enchaînent, que ce soit pour complexifier l'accès aux titres de séjour, donner une impunité à la police pour ses crimes racistes ou encore faire payer les étudiants non-européens 16 fois plus que leurs camarades européens.
Nous nous opposons à la fermeture de ce dispositif, et revendiquons l'ouverture de nouvelles places d'hébergement. La métropole de Lyon compte plus de 18 000 logements innocuppés, qui devraient être réquisitionnés pour servir à la population, plutôt que d'être laissés vides au profits des spéculateurs immobiliers.