Mamdani accueille Trump à New York : jusqu'où ira l'adaptation au gouvernement impérialiste ?
Thu, 24 Sep 2026 22:06:33 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalZohran Mamdani, le maire de New York, a joué la carte de la connivence avec Donald Trump ce lundi, en l'accueillant dans sa résidence de maire à New York. Une ligne catastrophique, à l'heure où le président d'extrême droite attaque la classe ouvrière, déporte les immigrés et bombarde des pays dominés.

Nous publions ci dessous un texte écrit par les militants de Left Voice, organisation sœur de Révolution Permanente aux États-Unis, et publié sur leurs réseaux sociaux.
Ce lundi 21 septembre, Zohran Mamdani a invité Donald Trump à venir le rencontrer à sa résidence officielle de maire de New-York, Gracie Mansion. A la sortie de la réunion, le ton était amical entre les deux hommes, Trump déclarant que Mamdani avait « beaucoup de potentiel » pour être un « super maire ».
Mamdani n'a pas tardé à lui retourner ses compliments. Il l'a remercié de son engagement à poursuivre les négociations pour financer, avec l'aide du budget de l'État fédéral, la construction de 12 000 logements supplémentaires dans le Queens : « J'apprécie le président et son intérêt pour cette question. Nous savons qu'il n'est pas simplement le dirigeant du pays, mais aussi quelqu'un qui s'est beaucoup investi dans la construction immobilière à New-York. »
Dans le même temps, Mamdani est aussi revenu sur ses appels à protester contre la venue du premier ministre israélien, le génocidaire Netanyahou. Ce dernier était en effet présent à New-York à l'occasion de l'assemblée générale de l'ONU. Cette déclaration et ces revirements constituent une véritable trahison pour celles et ceux qui ont porté Mamdani au pouvoir, et notamment pour les opposants à Trump et à l'extrême droite, au génocide en Palestine, ou aux attaques contre les immigrés.
Les centres de détentions de la police de l'immigration, ICE, retiennent dans des conditions déplorables un nombre historiquement élevés de personnes. Les attaques de Trump contre la classe ouvrière se poursuivent. Le président bombarde l'Iran, soumet l'Amérique Latine aux intérêts impérialistes étasuniens, soutient le génocide en cours en Palestine. Nicolas Maduro, le président du Venezuela kidnappé par les forces armées américaines, est emprisonné à New-York même.
Pourtant, Mamdani, loin d'affronter de manière conséquente Trump et à l'extrême droite en général, préfère s'afficher à ses côtés. Son calcul est simple à comprendre : le maire de New-York fait le pari que l'entretien de bonnes relations personnelles avec le président lui gagnera la paix sociale et la stabilité institutionnelle. Il espère que le président retiendra son administration d'y envoyer l'ICE, ou de procéder à des coupes dans les budgets fédéraux dévolus à la ville. Une stratégie qui consiste à s'aveugler volontairement sur l'étendue des attaques de Donald Trump contre l'ensemble du pays et à l'international, afin de protéger la ville dont il est le maire de façon chauvine. Un contresens total, alors que l'objectif d'une véritable opposition consisterait à unifier les combats de la classe à travers le pays.
Le comportement de Mamdani est inséparable de sa volonté de travailler au sein du Parti Démocrate. En faisant allégeance à ce pilier de l'ordre capitaliste américain, il a accepté son influence et ses pressions, qui poussent tous ses élus à renoncer à leurs promesses électorales et, pour ceux qui allaient jusqu'à s'afficher comme « socialistes », à abandonner tout combat pour la classe ouvrière étasunienne et mondiale. Au lieu de mendier des miettes auprès de Trump, Mamdani devrait appeler à organiser de grandes manifestations contre le président, Netanyahou et l'extrême droite dans son ensemble. Il pourrait contribuer à l'organisation de la classe ouvrière de la ville, afin qu'elle reprenne aux ultra-riches les profits issus de son exploitation et les mette au service des masses.
C'est notamment la voie suivie par la communiste révolutionnaire Myriam Bregman en Argentine, député du PTS/FIT-U, récemment devenue figure politique la plus populaire du pays dans les sondages. À la différence de Mamdani, elle utilise son influence politique eau service de l'organisation de grandes manifestations contre le président d'extrême droite du pays, Javier Milei. Pour mener à bien une telle politique, aucune confiance et aucun appui ne doivent être recherchés auprès du Parti Démocrate, pas même auprès de ses membres les plus progressistes comme Mamdani. Ce travail implique la construction d'une organisation en toute indépendance de classe, depuis le monde du travail.
Crédits photo : Capture d'écran Youtube The Independent.