Casse de La Poste : 471 bureaux de postes menacés de suppression ou de restructuration
Thu, 24 Sep 2026 22:17:00 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLa Poste annonce une nouvelle réorganisation à l'échelle nationale, 471 bureaux de postes prévoient d'être supprimés ou transformés. Une offensive brutale qui révèle une nouvelle fois l'ampleur de la casse des services publics.

Ce 23 septembre, le journal Médiapart a révélé la liste obtenue par SUD-PTT de 471 bureaux de postes affectés par la fermeture ou la transformation en point relais ou en agences communales. La Poste prévient également que les agences des petites communes vont disparaître d'ici la fin de l'année 2027.
Ces « transformations », qui peuvent apparaître plus anodines que les fermetures, ne sont pas sans effet : un bureau de poste traditionnel permet d'effectuer beaucoup plus d'opérations pour un travailleur que dans une agence ou un relais, qui n'offrent que la vente d'enveloppes et de timbres, ou l'envoi de colis.
Des conséquences désastreuses pour les travailleur·euses et les usagers
Bruno Verdi, de SUD PTT Vaucluse, dénonce dans Médiapart : « Ces fermetures touchent les usagers qui viennent chercher leurs allocations en début de mois. Tous ces clients qualifiés de “sociaux” prennent du temps et ne rapportent pas. On envoie ailleurs les pauvres, les personnes âgées ou handicapées, qui ont plus de difficultés à se déplacer. Pour la commune de Lapalud, le bureau de poste sera désormais à Bollène, à 10 kilomètres, ville pour laquelle il n'y a qu'un bus le matin et un le soir. » Dans les quartiers populaires et les zones rurales, les usagers pâtissent de la disparition de ces guichets et des services publics.
Mais cette casse ne touche pas que les usagers, les salariés de la Poste subissent eux aussi des réorganisations permanentes. Au Mans, les travailleurs ont vécu la fermeture en catimini du centre de tri de Loué ce mois de septembre. Dans le 15e arrondissement de Paris, les postiers ont fait face à une réorganisation du travail brutale visant à supprimer quasiment un quart des tournées du bureau. Fermetures de bureaux d'un côté, sabordage des centres de tri de l'autre : c'est la même logique de rentabilité qui broie à la fois l'accès au service public et les conditions de travail de celles et ceux qui le font vivre.
Une offensive dictée par la casse des services publics
Romain Baillon, secrétaire général de la CGT de La Poste, rappelle que le nombre de bureaux est passé d'environ 8 000 en 2018 à 6 500 en 2026, soit une chute de près de 20 %. La Poste justifie ces suppressions par l'accélération de la digitalisation des services, induisant une baisse de fréquentation. L'opération de suppression des bureaux est dictée par les économies de l'entreprise.
Cette offensive s'inscrit donc directement dans la casse organisée des services publics par l'Etat. La Poste joue elle aussi un véritable rôle de cogestionnaire avec le gouvernement, répondant aux coupes budgétaires à coup de « réorganisations », entraînant suppression de postes, dégradation des conditions de travail et sabotage des accès aux services publics.
Dans un contexte marqué par la crise budgétaire ayant des conséquences sur l'ensemble des services publics, seule la mobilisation des travailleur·euses par la grève, comme cela a été le cas lors du soutien avec Paul, syndicaliste à SUD-PTT dans le 15e arrondissement réprimé pour avoir relevé la tête, pourra peser pour arracher la répartition du temps de travail, la mise sous contrôle du service par les travailleur·euses, ou l'interdiction des licenciements.