Retour

5 000 personnes dans la rue contre le permis de tuer à Toulouse : arrachons le retrait de la loi !

Thu, 24 Sep 2026 19:15:12 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Ce week-end, plus de 5 000 personnes ont manifesté à Toulouse pour protester contre la loi permis de tuer, qui vise à mettre en place une présomption de légitime défense pour les policiers ayant blessé ou tué quelqu'un. Une mobilisation importante qui doit se poursuivre jusqu'au retrait de toutes les lois sécuritaires de ces dernières années.

Le 20 septembre, des milliers de manifestants ont pris les rues de Toulouse contre le projet de loi du député LR Éric Pauget, qui veut imposer une présomption de légitime défense pour la police et la gendarmerie. Cette manifestation a pris place dans le cadre d'une mobilisation nationale pendant tout le week-end, qui a réuni 20 000 personnes à Paris, plus de 5 000 à Lyon et Marseille, et des milliers dans des centaines d'autres villes. Les manifestations ont eu lieu avant l'examen de la loi au Sénat en octobre, et après que l'assemblée nationale l'ait adoptée à 313 voix pour, au début de l'été. Les parlementaires Républicains avaient alors pu compter sur le soutien du gouvernement et de l'extrême droite pour outrepasser une pétition contre la loi qui avait réuni plus de 730 000 signatures.

Malgré ce véritable crachat à la figure des familles de victimes de violences policières, plusieurs d'entre elles étaient présentes à la manifestation toulousaine, en tête de cortège. On retrouvait notamment le Comité Vérité et Justice pour Bilal, un père de famille décédé suite à des violences policières il y a plus d'un an. La manifestation a fait exister la solidarité avec la famille de Bilal, en s'élançant au rythme de « Pour Bilal, on veut la vérité ». À la fin de la manifestation, Layla, la belle-sœur de Bilal, a pris la parole, en dénonçant très justement « les années de regards détournés, de silence, de renoncements, de choix politiques assumés » qui ont mené à cette loi.

En effet, la loi permis de tuer a été précédée par des lois plus sécuritaires les unes que les autres, à commencer par la loi Cazeneuve, qui a été mise en place sous le mandat présidentiel du Parti socialiste, en 2017. Déjà qualifiée de « permis de tuer », elle élargissait les conditions dans lesquelles les policiers sont autorisés à faire usage de leur arme. Depuis, le nombre de tirs mortels contre les occupants de véhicule ont été multipliés par cinq, d'après Amnesty International.

La loi Cazeneuve a renforcé la répression des jeunes des quartiers populaires et facilité l'usage des armes chez les policiers, qui se sentaient plus protégés et plus légitimes à le faire. Mais surtout, elle sert aujourd'hui de marche-pied à une revendication historique de l'extrême droite et des syndicats de police, qui rendrait toujours plus difficile d'obtenir justice dans des cas de violences policières.

Il est donc particulièrement inquiétant que cette loi arrive à un moment où la police et l'extrême droite se sentent pousser des ailes, comme à Carcassonne, où des policiers tiennent des discours ouvertement fascistes, et ont violemment projeté au sol Youssef, qui en est mort treize jours plus tard.

Les manifestants ont chanté de nombreux slogans antifascistes, rappelant leur détermination à lutter contre l'extrême-droite et contre l'application de ses revendications historiques par les classes dirigeantes, que ce soit le permis de tuer ou la préférence nationale.

Après les manifestations massives de ce week-end, la mobilisation doit se munir d'un programme qui réponde à l'ampleur de l'attaque, et dont le retrait de la loi permis de tuer n'est que la première étape. Comme l'a rappelé Antoine Ramognino, l'un des avocats de la famille de Bilal : « il faut revendiquer l'abolition des corps spéciaux de la police, le désarmement de la police nationale, des institutions indépendantes de la police et de l'État pour investiguer sur les violences policières et plus largement le retrait de toutes les lois sécuritaires de ces quinze trente dernières années : la loi Cazeneuve, la loi sur le voile de 2004, la loi séparatisme sur la dissolution des organisations politiques ».

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Revolution Permanente (@revolutionpermanente_toulouse)

Mais surtout, sans attendre 2027, les organisations politiques et les syndicats doivent avoir pour objectif de faire sortir dans la rue les 700 000 personnes qui ont signé la pétition, avec un programme combatif qui se donne les moyens d'obtenir des victoires. À l'heure où l'extrême droite est aux portes du pouvoir, où le RN appelle à la dissolution d'organisations de gauche révolutionnaire comme RP, où la police réprime à Toulouse la manifestation contre le permis de tuer, le mouvement ouvrier doit rentrer dans la lutte avec ses propres méthodes, en commençant par se mobiliser le 29 septembre et le 17 octobre.

C'est justement ce que défend Révolution Permanente avec la candidature d'Anasse Kazib à l'élection présidentielle : la classe ouvrière a les moyens de changer les choses, mais elle ne pourra le faire que par elle-même, en rompant avec les partis bourgeois comme le PS qui ont appliqué des mesures anti-ouvrières et racistes et ont participé à la montée en puissance du RN. C'est ce dont on discutera avec RP à l'assemblée ouverte que l'on organise le 24 septembre à 19h à la salle San Subra.

/ / / / /