Carburant : Binet critique le gouvernement mais continue d'ignorer la colère autour du 17 octobre
Wed, 23 Sep 2026 18:57:29 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mercredi 23 septembre, sur RTL, Sophie Binet a critiqué timidement les mesures du gouvernement sur la hausse des prix du carburant. Mais la direction de la CGT continue à ignorer la colère qui monte autour du 17 octobre et à refuser de lui proposer des perspectives.

Alors que les prix à la pompe atteignent 2,50 € le litre, frôlant parfois les 3 €, la colère monte dans le pays. De quoi pousser le gouvernement à annoncer cette semaine quelques miettes pour donner l'impression de répondre à la crise sociale. Ce mercredi matin sur RTL, Sophie Binet était justement invitée pour commenter ces mesures. Derrière quelques critiques, la dirigeante de la CGT a continué d'ignorer la date du 17 octobre, qui cristallise pourtant l'aspiration à affronter le gouvernement sur les réseaux sociaux.
Dans son interview, la secrétaire générale de la CGT a globalement critiqué les mesures proposées par le gouvernement. Qualifiées « d'usine à gaz » et de largement insuffisantes — les aides versées en une fois couvrant à peine un plein de carburant — la dirigeante syndicale a rappelé à raison que les majors pétroliers comme Total profitaient de la guerre pour engendrer des profits records. Pourtant, si Sophie Binet a souligné que ces annonces montraient que « le gouvernement est fébrile », elle s'est bien garder de proposer la moindre perspective.
Ainsi, alors qu'il existe une colère large dans le pays, la dirigeante de la CGT s'est contentée d'évoquer la date sectorielle du 29 septembre. Interrogée sur l'intégration pour la date du 29 de mots d'ordre en lien avec la hausse des prix des carburants par la journaliste de RTL, Sophie Binet a martelé que « les mots d'ordre pour ce 29 septembre c'est les salaires et les services publics ». Une façon de botter, une fois de plus, en touche sur la question de la réponse à apporter à la crise autour du carburant en ignorant tout simplement la colère exprimée sur les réseaux sociaux et la date du 17 octobre.
Une attitude scandaleuse. Si la question des services publics est évidemment importante, les nombreux appels au 17 octobre démontrent que le coût de l'essence est le catalyseur d'une colère plus large contre le coût de la vie et la faiblesse des salaires. A l'heure où le gouvernement annonce une grande offensive austéritaire, celle-ci devrait être organisée et unifiée, en s'adressant à l'ensemble des secteurs qui s'expriment sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, et qui commencent même à se mobiliser.
Ces derniers jour, des blocages lycéens ont par exemple eu lieu en Ile-de-France, [Lien 17 octobre ?]. Mais d'autres symptômes initiaux sont palpables : les mobilisations de pêcheurs la semaine dernière, la grève des énergéticiens, les grèves contre les licenciements à Sodexo ou Renault Flins, les mobilisations étudiantes autour de la lutte contre Bienvenue en France dans les Universités et la grève des personnels du Crous sur le repas à 1€, la mobilisation nationale contre la loi permis de tuer... Autant de petits symptômes de la possibilité de construire un arc de secteurs larges, à condition de mettre en oeuvre une politique active en ce sens.
C'est le rôle que devraient jouer les directions du mouvement ouvrier : chercher à faire le pont entre les dates de mobilisation, en proposant un plan de bataille à la hauteur, qui loin de les diviser, unifie les colères. Porter un programme qui articule la baisse et le blocage immédiat des prix du carburant, l'augmentation générale des salaires et leur indexation sur inflation, l'abrogation de toutes les lois sécuritaires qui préparent l'écrasement des révoltes de demain, mais aussi la nécessité d'une confrontation directe avec le grand patronat. A la place, comme lors du mouvement des Gilets jaunes, la direction de la CGT regarde ailleurs. Une impasse dans la situation, face à laquelle les syndicalistes de base doivent élever la voix, en cherchant à utiliser la date du 29 septembre pour poser la question d'un plan de bataille à la hauteur.
Crédits photo : Capture d'écran RTL