« Nos familles ne sont pas des variables d'ajustement » : grève à Sodexo contre 1097 licenciements
Wed, 23 Sep 2026 19:01:24 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalPlusieurs centaines de salariés se sont mobilisés mardi 22 septembre devant le siège du groupe à Issy-les-Moulineaux. Salaires trop bas, licenciements et dégradation des conditions de travail : les travailleurs organisent la riposte et préparent déjà la suite de la mobilisation.

Ce mardi 22 septembre, alors qu'une grève nationale touchait plusieurs secteurs, les salariés de Sodexo étaient appelé par la fédération CGT du commerce devant le siège du géant de la restauration collective à Issy-les-Moulineaux contre les 1097 licenciements annoncé par le groupe le 26 août dernier. Plusieurs centaines de travailleurs se sont rassemblés pour dénoncer les suppressions de postes annoncées par le groupe pour augmenter ses marges et réclamer des augmentations de salaire.
« Nos familles ne sont pas des variables d'ajustement », tonne Gilles Sevilla, délégué syndical central de la CGT Sodexo mardi matin devant le siège du groupe. Les interventions successives le rappellent : les salaires sont très bas, de nombreux salariés plafonnent à 1500 euros malgré leur ancienneté, des revenus largement insuffisants face à la hausse historique des prix du carburant.Dans ce sens, le délégué syndical affirme : « Tous les secteurs vont être impactés, mais principalement la restauration des établissements scolaires. Or, ce sont des salariés qui ont déjà des salaires très bas, de l'ordre de 1580 euros mensuels avec dix ans d'ancienneté. Et on connaît déjà des collègues qui ne peuvent plus payer leur loyer, dorment dans leur voiture »
Aux familles jeté dans la misère par les licenciements, c'est aussi le reste des salariés qui vont devoir travailler pour deux, trois ou quatre dans les conditions dégradées qu'organise la voracité financière des actionnaires. Une délégation Sodexo de Strasbourg et d'autres délégués de grands groupes touchés par les licenciements sont venus appuyer la mobilisation.
Car derrière cette colère et ces conditions de travail, c'est bien la politique du groupe qui est directement en cause. En 2025, Sodexo, numéro 2 mondial de la restauration collective, affichait 24,1 milliards de chiffre d'affaires et 785 millions d'euros de résultat net après impôts. Des bénéfices exorbitants dont la moitié est redistribuée aux actionnaires sous forme de dividendes sur le dos des travailleurs. Surtout, l'entreprise n'en est pas à son coup d'essai, en 2020 elle avait mis à la rue 2 000 travailleurs avant d'en réembaucher la moitié afin de gonflés les poches des actionnaires.
Face à un patronat aussi cynique, il est fondamental d'apporter toute notre solidarité aux travailleurs de Sodexo. La grève de Sodexo montre la voie : pour faire reculer les licenciements, il faut construire un rapport de force. Une journée de mobilisation qu'il faut lier aux autres grandes dates de mobilisation à venir, les 29 septembre et 17 octobre prochains. Seule la construction d'un rapport de force sur le terrain de la lutte de classe peut permettre aux travailleurs d'imposer leurs revendications.