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« Menace russe » : Marine Tondelier s'aligne avec la propagande guerrière du gouvernement

Wed, 23 Sep 2026 20:01:46 CEST

Révolution Permanente

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Vendredi dernier, Marine Tondelier était parmi les chefs de parti à la réunion convoquée par Emmanuel Macron sur la « dégradation de la situation internationale ». Ses déclarations laissent transparaître un alignement quasi-total avec la propagande guerrière du gouvernement, dans la continuité de la ligne des Écologistes.

Le 18 septembre dernier, Emmanuel Macron réunissait à l'Élysée les chefs de partis représentés au Parlement ainsi que les candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle, dans le cadre d'une réunion consacrée à la « dégradation rapide » de la situation internationale et à ses conséquences sur la sécurité et l'énergie. Au sortir de cette réunion, plusieurs responsables politiques ont repris le cadrage fixé par l'Élysée : celui d'une situation internationale qui exigerait davantage de fermeté, de préparation militaire et bien sûr, de cohésion nationale.

C'est le cas de Marine Tondelier, candidate aux présidentielles de 2027 pour les Écologistes, qui a ainsi déclaré arriver à cette réunion avec « gravité », avant d'affirmer que la Russie « teste nos limites, notre patience, nos failles » dans le but de « déstabiliser » et de « fracturer la société française ». Elle poursuit sur X : « La Russie semble prête à mener des actions sur le territoire européen et à y faire des victimes civiles. […] Nous avons basculé vers une logique de terrorisme d'État de la part de Vladimir Poutine envers nos démocraties. S'il y en avait encore quelques-uns qui en doutaient parmi la classe politique française, le sujet de la Russie n'est pas juste l'Ukraine. Mais la démocratie et la sécurité sur tout le continent européen, c'est aujourd'hui incontestable. »

En clair, un discours pleinement aligné sur la rhétorique de la « menace russe » du gouvernement et plus largement des dirigeants européens. Or, c'est précisément cette rhétorique qui sert de justification à la militarisation croissante du continent, et par extension aux offensives austéritaires brutales qui sont supposées la financer. En effet, en brandissant la sécurité nationale et la défense du continent européen, Macron cherche à imposer l'idée qu'il faudrait accepter les sacrifices budgétaires au nom d'un danger imminent, comme en témoigne sa récente prise de parole à l'ONU. Les Écologistes, en reprenant à leur compte cette rhétorique de la « menace russe » et en embrassant in fine la propagande guerrière, soutiennent un discours parfaitement compatible avec la militarisation et les intérêts de l'impérialisme européen.

Les Verts n'en sont pas à leur coup d'essai lorsqu'il s'agit de soutenir la militarisation en Europe au nom d'une prétendue « défense de la paix ». Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologistes à l'assemblée nationale explique en effet que « la construction européenne est une construction de paix » et que « la voie de la paix exige la fermeté ». C'est avec cette même logique qu'ils créaient en 2024, une commission Défense visant à « démontrer que les forces armées françaises peuvent être employées en accord avec les principes de l'écologie politique ». Derrière les formules sur la légitime défense ou le contrôle démocratique, il s'agissait alors d'un tournant politique majeur : défendre l'idée qu'il pourrait exister une armée écologique, une guerre propre, un réarmement compatible avec la défense de la planète.

C'est précisément ce glissement que Vincent Rissier critique à propos de l'« écologie de guerre ». Il rappelle en effet que cette doctrine consiste à faire de la sobriété énergétique et de la transition écologique une « arme pacifique de résilience et d'autonomie » face à un État pétrolier agresseur. Autrement dit, là où l'écologie devrait permettre de rompre avec le productivisme, les impérialismes fossiles et la destruction capitaliste de la planète, elle est ici intégrée à une logique de puissance, de concurrence et de réarmement.

Une position particulièrement dangereuse à un moment où le réarmement européen connaît une accélération majeure. Le budget 2027 en préparation prévoit déjà que, hors défense, justice, intérieur, recherche et environnement, les autres ministères devraient réaliser de très importantes économies pour financer cette militarisation. L'actualisation de la loi programmation militaire prévoit en outre 36 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2030, dont 10 milliards dès 2026-2027. Dans ce contexte, adopter le discours de l'« écologie de guerre » ou du « protectionnisme vert » revient à aligner la transition écologique avec les priorités stratégiques de l'État français, de l'industrie de défense et des grandes puissances européennes.

À quelques jours des mobilisations prévues le 17 et 29 septembre contre les attaques du gouvernement sur le monde du travail et les étudiants, la réunion de l'Élysée apparaît donc comme une opération politique. En réunissant les forces parlementaires autour des enjeux internationaux, Macron cherche à construire une forme d'union nationale autour de la sécurité, de l'énergie et du réarmement, au moment même où son gouvernement prépare de nouvelles offensives contre le monde du travail pour financer sa course à la militarisation.

A cette « écologie de guerre » adaptée aux intérêts impérialistes, il pourtant possible d'opposer une écologie internationaliste, anti-impérialiste et anticapitaliste, liée aux mobilisations sociales contre l'austérité, contre le militarisme et toutes les politiques qui font payer aux travailleurs le prix des crises produites par les rivalités entre puissances impérialistes.

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