Agression d'exilés, d'enfants, de députés ou d'activistes : l'extrême droite se déchaîne à Ceuta
Wed, 23 Sep 2026 21:31:26 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDans le contexte de crise humanitaire à Ceuta, les militants d'extrême droite multiplient les agressions contre les personnes migrantes et les activistes venus en soutien. Un climat de haine alimenté par la droite et par la politique raciste du gouvernement.

Ce dimanche 20 septembre, une dizaine de militants d'extreme droite sont rassemblés à la sortie du port de Ceuta pour tenter d'empêcher l'arrivée du collectif « Negu Gorriak » (« sans-toit ») qui oeuvre à l'accueil des sans-abris à Pampelune. Alors que la députés Julia Ferreras, le militant de la flottille pour Gaza Rafael Borrego et l'avocate Sofía Acevedo sortent du port en voiture, leur véhicule est violemment attaqué par des jets de pierres et d'oeufs.
Cette attaque raciste n'est pas un cas isolé. Elle s'inscrit en effet dans un contexte de multiplication des ratonades et agressions racistes par des milices d'extreme droite dans l'enclave coloniale, alimentés par la droite et l'extreme-droite et permises par la passivité du gouvernement PSOE de l'État espagnol.
Au début du mois de septembre, un incendie intervient aux Naves del Tarajal. Cette zone d'entrepôt entre le Maroc et Ceuta, transformé en colonie, devient le théâtre répressif du climat de haine alimenté par la droite. Alors que le PP et Vox appellent à des manifestations pour défendre la province-colonie, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent pour demander le départ des migrants. Lors de ces manifestations violentes 40 échoppes et abris de migrants ont été incendiés
Quelques jours plus tard, le lundi 7 septembre plusieurs personnes cagoulées ont traversé la colonie d'El Príncipe en moto en tirant avec un fusil à plomb. Alors qu'une mère de famille sortait de sa tente pour demander d'épargner ses enfants, deux de ces miliciens d'extreme-droite tirent sur Ali, un enfant de 8 ans qui sera touché à la tête.
La violence est aussi exercée par l'État. Dans un reportage réalisé par TV5 Monde->https://information.tv5monde.com/videos-verticales/video/3056014/ceuta-ces-migrants-denoncent-des-violences et publié ce mardi, des bénévoles soignants constatent les blessures de personnes immigrées à la suite de coups portés par des policiers. Des violations des droits humains sont également commises par des militaires espagnols : une enquête a été ouverte le 17 septembre pour des faits de violence. « Je dormais quand des militaires m'ont réveillé, l'un d'eux m'a frappé avec une matraque. Après l'agression, je suis resté par terre, en sang, jusqu'à l'arrivée de l'ambulance », témoigne un jeune immigré.
Si ces milliers de jeunes et de travailleurs marocains et originaires d'Afrique subsaharienne fuient le Maroc, c'est parce qu'il a été pillé par l'impérialisme européen. Et si la responsabilité de la droite et de l'extrême droite est évidente, il serait une erreur de passer sous silence l'immense responsabilité d'un gouvernement espagnol souvent présenté comme « progressiste ». Le gouvernement central du PSOE et de Sumar organise depuis des mois la misère à Ceuta : des milliers de migrants vivent dans la rue ou dans des campements improvisés, sans logement décent et sans garanties d'accès à la procédure d'asile.
Plus encore, depuis plusieurs décennies, l'Espagne et l'Union européenne financent les garde-frontières du Maroc dans le cadre de politiques d'externalisation des frontières européennes. En accusant le Maroc d'être responsable de cette crise humanitaire dans une interview donnée à CNN, Pedro Sánchez omet que ces violences s'inscrivent dans l'histoire coloniale de l'Espagne en Afrique du Nord et au Sahara occidental. En matière de racisme d'État et de politiques coloniales et impérialistes, le vernis progressiste de l'État espagnol, qui participe activement à la traque européenne des migrants, craque bien vite.
Le climat profondément réactionnaire en Espagne rappelle une énième fois que la gauche institutionnelle est incapable de rompre avec l'impérialisme et la politique de l'Europe Forteresse. Face à cette impasse, c'est par en bas, dans les mobilisations et l'organisation indépendante de notre camp social, que peut se construire une véritable réponse au racisme. Transfert immédiat vers la péninsule de toutes les personnes bloquées à Ceuta, fin des refoulements à chaud et régularisation de toutes et tous les sans-papiers : ce sont des mesures d'urgence face à une situation où des milliers de personnes restent aujourd'hui bloquées dans des conditions précaires. Mais elles doivent s'accompagner d'une remise en cause du système qui produit cette situation : fin de la domination impérialiste de l'État espagnol sur Ceuta et Melilla, démantèlement des frontières, de Frontex et des accords d'externalisation avec le Maroc.