Bienvenue en France : face au tri raciste, journée d'action sur les facs toulousaines mardi 15 septembre
Wed, 23 Sep 2026 12:12:28 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe 15 septembre, sur les trois campus toulousains, des étudiants se sont mobilisés contre la mise en place du décret raciste « Bienvenue en France ». Une offensive qui instaure des frais d'inscription différenciés pour les étudiants étrangers extra-communautaires et contribue à exclure de l'université les étudiants les plus précaires.

Alors que depuis septembre le gouvernement a imposé par décret le dispositif « Bienvenue en France », qui oblige les étudiants étrangers à payer 2 800 euros pour leur année de licence et 3 900 pour celle de master pour s'inscrire à la fac, ce 15 septembre, des étudiants se sont mobilisés sur les trois campus toulousains pour exiger la fin de la sélection raciste à l'université et appeler aux comités d'action organisés dans les jours suivants sur les trois facs de la ville. En effet, cette mesure revient à diviser les étudiants en fonction de leur nationalité et constitue une forme de préférence nationale dans l'accès à l'enseignement supérieur. Il s'agit d'une politique raciste, issue directement des programmes de l'extrême droite sur les universités.
Cette mesure s'inscrit également dans une offensive plus large contre l'enseignement supérieur et la recherche publique et constitue un moyen de tester la combativité du mouvement étudiant en prévision d'une attaque massive contre les conditions d'études de l'ensemble des étudiants des universités françaises. En effet, le récent rapport sénatorial du 9 septembre préconise déjà l'application de frais d'inscription de 900 euros en licence et 1 300 euros en master pour l'ensemble des étudiants. Au-delà de la question des frais d'inscription, les exonérations accordées à certains étudiants étrangers sont, pour l'impérialisme français, un moyen de pression sur les pays « non-occidentaux » afin de favoriser des accords militaires, économiques ou diplomatiques avec la France.
Pour dénoncer cette mesure de préférence nationale, des étudiants se sont réunis dès 7h30 à l'université Toulouse Capitole (UT1) afin d'alerter l'ensemble des étudiants et de lancer la mobilisation sur le campus. L'action a été impulsée par le comité d'action d'UT1, réuni au sein de l'université Toulouse Capitole mardi 8 septembre. Cette mobilisation s'inscrit dans une dynamique de comités d'action impulsés par Le Poing Levé, visant à organiser les étudiants contre les attaques racistes du gouvernement envers les étudiants étrangers.
L'action a été marquée par une intervention brutale de la sécurité de l'université, des agents ayant arraché les banderoles et insulté les participants. Ces méthodes ne sont pas étonnantes, quand on sait que la présidence avait également tenté d'empêcher la tenue du comité d'action la semaine précédente. Le président de l'université, Hugues Kenfack, a été forcé de venir à la rencontre des étudiants, qu'il a interpellés en niant le caractère raciste du dispositif « Bienvenue en France », dévoilant par là même encore une fois l'hypocrisie des présidences d'universités, d'autant que l'université Toulouse Capitole applique déjà les frais d'inscription différenciés depuis 2019. Malgré la répression, l'action a été une réussite et une première étape pour la mobilisation sur l'université.
À l'université Toulouse III Paul-Sabatier, les frais d'inscription différenciés sont appliqués à partir du 1er septembre de cette année. Face à cette situation, les étudiants mobilisés au sein du comité d'action ont organisé dans la matinée un grand collage sur le campus puis une diffusion de tracts. À l'université Toulouse Jean Jaurès, au Mirail, les étudiants mobilisés étaient présents toute la journée pour diffuser des tracts, discuter avec les étudiants et les invités au premier comité du Mirail qui se tenait jeudi 17 septembre. À 12h30, un lâcher de banderoles unitaire a également été organisé afin de visibiliser la mobilisation, dénoncer le tri raciste appliqué dans les universités toulousaines et les revendications communes sur le campus.
La mobilisation du 15 septembre constitue ainsi une première étape pour organiser la riposte étudiante contre les frais différenciés et a permis d'avancer dans la construction des comités d'action, notamment celui du Mirail, qui avait lieu jeudi 17 septembre et a rassemblé plus d'une centaine de personnes.
Face aux attaques racistes du gouvernement et des directions d'université, il est nécessaire aujourd'hui de massifier la mobilisation, de multiplier les actions unitaires et les cadres d'auto-organisation des étudiants. Nous devons nous organiser dans chaque université et construire un mouvement capable de réunir largement les étudiants autour de revendications communes : exiger l'abrogation de « Bienvenue en France » et de toutes les mesures de sélection sociale et raciste dans les universités ; exiger le droit pour tous les étudiants de bénéficier des APL, sans condition de nationalité ; rejoindre les comités d'action de chaque université pour s'organiser collectivement et construire la mobilisation. Il est nécessaire de construire un rapport de force étudiant à la hauteur des attaques qui se préparent contre l'université publique, et participer massivement à la mobilisation nationale du 29 septembre.
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