Mélenchon opposé à une « nationalisation punitive » de Total : Anasse Kazib lui répond
Wed, 23 Sep 2026 15:55:25 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDans une conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon a appelé à trouver un compromis avec Total, critiquant la proposition de nationalisation portée par Fabien Roussel. Une impasse à laquelle Anasse Kazib réagit, en expliquant le programme qu'il défend.

« Total défend ses intérêts capitalistes, nous défendons les intérêts du peuple français, il doit bien y avoir moyen de trouver une solution » En conférence de presse, Mélenchon revendique le blocage des marges de Total comme moyen de baisser le prix du carburant, et s'oppose même à l'idée d'une « nationalisation sanction » en disant que c'est contre-productif. Il faudrait plutôt chercher un compromis.
Encore une fois, c'est une impasse.
Oui, il faut s'attaquer aux profits de Total et pas seulement aux taxes, en lui imposant comme mesure d'urgence de baisser le prix du carburant à 1,5€ le litre, comme l'ont revendiqué en avril les travailleurs de l'entreprise. Mais même cette revendication minimale ne pourra être qu'arrachée à Total, par une mobilisation de ses travailleurs en lien avec d'autres secteurs de la population. A la place Jean-Luc Mélenchon propose une négociation raisonnable.
Du coup il va jusqu'à expliquer que Fabien Roussel serait trop radical, parce que Total n'est pas comme Renault en 45, et qu'il ne faut pas exagérer si on veut pouvoir s'entendre... Tout ça en dit long sur le logiciel que je critiquais déjà sur la question des salaires après le débat du MEDEF. On ne parle pas ici d'une PME ou je ne sais quoi, mais d'une énorme multinationale, une des plus grandes majors pétrolières du monde.
Croire qu'on peut négocier pacifiquement un blocage de ses marges en flattant son patriotisme est illusoire, et ça ne prépare en rien les énormes luttes que nous aurons à mener contre eux et tous les capitalistes. Le problème de la proposition de Roussel ce n'est pas qu'elle est trop radicale, c'est qu'elle ne l'est pas assez, et que probablement il n'y croit pas lui-même. Or, elle pose une question importante, celle de reprendre le contrôle sur Total.
Pour ça, la seule nationalisation souhaitable devrait se faire sans indemnités ni rachat et en plaçant l'entreprise sous contrôle des travailleurs. Si l'on rachète ou indemnise, on s'endette monstrueusement auprès des propriétaires de Total, qui se sont déjà assez gavés, et on se condamne à travailler des années pour les rembourser, à ne pas remettre en cause la structure de rentabilité de l'entreprise (dont le prix du carburant) pour pouvoir les rembourser.
Mais une nationalisation sans contrôle des travailleurs est aussi une impasse. On a vu ce qu'a donné la nationalisation de la sidérurgie sous Mitterrand dans les années 1980, qui a servi à supprimer 32.000 emplois en quelques années sous prétexte de rentabilité. Seule la mise sous contrôle des travailleurs (et usagers quand cela se pose) garantit qu'on ne prendra pas de décisions qui vont contrnos intérêts !
C'est pour cela qu'on défend dans notre campagne l'expropriation de Total et des groupes stratégiques, comme seule mesure d'affrontement réel avec les grands capitalistes. C'est une mesure d'urgence face à la crise actuelle, et ça implique de ne faire aucune confiance dans la négociation et le compromis avec ceux qui nous dirigent, mais de se préparer à lutter contre eux.