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TVA sur les carburants : le RN veut protéger Total et ses profits de la colère

Wed, 23 Sep 2026 23:11:16 CEST

Révolution Permanente

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Face à la hausse des prix du carburant, le RN propose de faire passer la TVA de 20 % à 5,5 %, en finançant cette mesure par des coupes dans les dépenses publiques. Une proposition qui, tout en cherchant à surfer sur la colère sociale, vise à détourner l'attention des véritables responsables de la situation, TotalEnergies et les profiteurs de guerre.

En cette rentrée, la hausse des prix du carburant atteint un stade critique pour les travailleurs. Devant les mesures dérisoires proposées par le gouvernement Lecornu et alors que les classes dominantes redoutent un éventuel retour des Gilets jaunes, les candidats à la présidentielle avancent leurs propositions. Marine Le Pen propose de son côté une diminution de la TVA de 20 % à 5,5 % sur les hydrocarbures et l'énergie.

Le RN présente cette baisse comme une mesure d'urgence pour « rendre leur argent aux Français ». Le député RN Jean-Philippe Tanguy l'estime comme une concession minime représentant « 1% de la dépense publique », soit environ 12 à 16 milliards d'euros. Pour financer ces mesures, Tanguy indique vouloir réaliser des économies, notamment sur « les aides sociales en faveur des étrangers », la contribution française à l'Union européenne et le Fonds vert. Le RN propose par ailleurs de réduire fortement les crédits de l'Aide médicale de l'État (AME), notamment à travers des amendements de Jean-Philippe Tanguy.

Derrière cette mesure que le RN présente au service des classes populaires, le parti de Marine Le Pen propose donc des mesures racistes visant notamment les étrangers précaires et des dispositifs destinés aux populations les plus vulnérables, tout en réduisant les dépenses consacrées à l'écologie. Avec cette orientation, le RN cherche en réalité à surfer sur la colère des travailleurs face au prix du carburant, tout en détournant l'attention des véritables profiteurs de guerre : les grandes multinationales, au premier rang desquelles TotalEnergies.

Cette stratégie prolonge le refus du RN de taxer les superprofits des géants pétroliers.À l'Assemblée nationale, les députés d'extrême droite ont systématiquement rejeté les amendements visant à prélever sur les bénéfices exceptionnels de la grande distribution et de la raffinerie. Le porte-parole du RN, Thomas Ménagé, est allé jusqu'à justifier ce refus en déclarant qu'« il faut aussi que les pétroliers puissent avoir une marge minimum ».

Pendant que le RN défend le droit des actionnaires à s'enrichir, la spéculation bat son plein. L'escalade militaire au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d'Ormuz servent de prétexte à TotalEnergies pour vendre au prix fort du carburant raffiné. Cette spéculation a permis de faire bondir le titre boursier du géant de l'énergie de près de 23% depuis le début d'année, la multinationale accumulant des dizaine de milliards de dollars de bénéfices. Le RN préfère prendre dans les poches du contribuable plutôt que de s'en prendre aux dividendes de Patrick Pouyanné et du grand patronat.

Derrière le vernis social, le RN cherche surtout à alimenter une colère « anti-taxe » contre l'État, en déplaçant le débat sur un terrain individuel plutôt que sur un terrain de classe. En faisant des propositions sur la baisse de la TVA, impôt aussi injuste soit-il, ce qu'il cherche c'est surtout à éviter une contribution aussi minime soit-elle des grandes entreprises. Le RN peut multiplier les discours sur le pouvoir d'achat et la défense des travailleurs, mais lorsqu'il s'agit de Total, il sait reconnaître une « grande entreprise française dirigée par des patriotes » et saluer « l'efficacité et la performance » de ses dirigeants, comme le faisait Jean-Philippe Tanguy devant Patrick Pouyanné en 2022. Cette démarche s'inscrit dans la quête de respectabilité menée par Marine Le Pen et Jordan Bardella devant le MEDEF pour rassurer les marchés financiers.

Face à l'offensive du patronat et du gouvernement, les travailleurs et les classes populaires ne peuvent rien attendre de l'extrême droite. Le Rassemblement national ne sera jamais l'allié des travailleurs et des classes populaires. Pour imposer une véritable riposte et faire payer les profiteurs de guerre, nous devons porter haut les revendications d'urgence du monde du travail.

Il est primordial de revendiquer la baisse et le plafonnement immédiat des prix du carburant pour stopper le racket à la pompe. L'expropriation sans indemnité ni rachat de TotalEnergies et des grands groupes énergétiques, pour placer la gestion de ce secteur stratégique sous le contrôle direct des travailleurs et de la population. La préparation de la journée de mobilisation du 29 et l'appel de la CGT TotalEnergies à la grève des raffineurs le 8 octobre constituent des points d'appui propices pour construire un mouvement de grand ampleur afin de dénoncer l'austérité et ses conséquences pour l'ensemble de la population.

Crédits photo : capture d'écran LCI

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