Retour

Le Medef veut faire payer les arrêts maladie aux travailleurs : tous en grève le 29 septembre !

Tue, 22 Sep 2026 18:47:45 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Alors que le gouvernement prépare de nouvelles économies sur les arrêts maladie, Patrick Martin propose de ne plus indemniser les arrêts de courte durée. Une mesure portée par un patronat radicalisé, qui contraindrait de nombreux salariés à choisir entre leur santé et leur salaire.

Invité dans l'émission Télématin sur France 2 ce mardi, le président du Medef Patrick Martin a demandé au gouvernement la mise en place d' « arrêts maladie d'ordre public », c'est-à-dire la suppression pure et simple du paiement des jours d'arrêt de courte durée par l'Assurance maladie et les complémentaires santé.
En pleine campagne de promotion de son livre « Génération empêchée », le représentant en titre d'un patronat toujours plus radicalisé affirme que « la rationalité, c'est de dire qu'il n'y a plus de marges de manœuvre » et s'engouffre dans la brèche ouverte cet été par Edouard Philippe, qui avait parlé d'un effet « open bar sur les arrêts maladie » lors de l'université d'été du Medef.

Alors que le ministre du travail Jean-Pierre Farandou exigeait vendredi dernier 2 milliards d'euros d'économie sur les arrêts de travail de la part des organisations patronales et salariées, le président du Medef enfonce le clou et s'attaque directement aux travailleurs les plus fragilisés. Sur le plateau de Télématin, il les accuse de profiter d'un « droit » à l'arrêt de travail : « On sait bien que certains salariés peuvent être tentés de prendre des arrêts maladie qui ne sont pas parfaitement justifiés » car cette « dérive » « ne leur coûte rien », une grande partie des entreprises prenant en charge le paiement des jours de carence via les accords de branche.

Reprenant le chiffre de +7% par an d'arrêts maladie, Patrick Martin ajoute qu' « il y a un nombre d'arrêts maladie de courte durée qui augmente de manière parfois suspecte ». Selon lui, la fin du remboursement des arrêts de courte durée aurait un « effet comportemental », car les salariés qui ne peuvent pas se permettre de perdre des jours de salaire seraient forcés de continuer à travailler malgré leur état de santé dégradé.

Surfant sur l'inflation des coûts du carburant et sur la période de préparation du budget 2027, le Medef se cacher derrière le discours des « caisses vides » et des « entreprises pressurisées » pour continuer à garantir les profits des grandes multinationales françaises, qui se gavent grâce aux guerres impérialistes et à la militarisation du pays. L'explosion du déficit s'inscrit dans le déclin du capitalisme français, tandis que le gouvernement poursuit sa politique de réarmement. En témoigne la hausse continue des crédits consacrés aux armées, avec une augmentation prévue de 6,4 milliards d'euros l'an prochain, mais aussi le déversement d'argent public vers les grandes entreprises depuis plusieurs décennies, sous les gouvernements Hollande puis Macron. Pendant ce temps, les dividendes explosent : pour le second semestre 2026, ceux versées par les entreprises du CAC 40 ont atteint la somme record de 61 milliards.

Face à un patronat radicalisé, le mouvement ouvrier a la responsabilité d'unir l'ensemble des secteurs en lutte dans les prochaines semaines : seule une mobilisation large sera capable de mettre un terme aux politiques d'austérité et à l'attaque massive contre la santé des travailleurs et des plus fragiles. Il y a urgence à rejoindre l'appel à la grève des raffineurs, des travailleurs de la RATP, des pompiers, mais aussi la journée de grève dans la fonction publique du 29 septembre prochain. Et, le 17 octobre, à faire déborder la colère par une mobilisation massive.

Crédit photo : Capture d'écran de Patrick Martin, président du Medef et invité mardi 22 septembre dans l'émission Télématin sur France 2

/ / / / /