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« Comme si 450 euros étaient superflus » : le gouvernement s'attaque à l'allocation de rentrée scolaire

Tue, 22 Sep 2026 19:07:32 CEST

Révolution Permanente

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Après l'annonce des 54 milliards d'euros de coupes budgétaires, le gouvernement prévoit de durcir les conditions d'attribution de l'allocation de rentrée scolaire, avec une coupe de 600 millions d'euros. Une offensive qui cible une nouvelle fois les classes populaires et fait peser sur les enfants le coût de la crise.

Cinq ans après la fake news de Blanquer sur les écrans plats achetés par les parents d'élèves à la place de fourniture scolaires, la Macronie termine son deuxième mandat, en déclinant une offensive brutale contre les classes populaires et les familles. Et l'argumentaire est empreint de mépris de classe, comme en témoigne la déclaration de Lecornu, formulée sur le ton de l'évidence, selon laquelle l'allocation « n'est pas toujours en lien avec les besoins des familles ».

Le poncif est bien connu : soupçonner les parents modestes de ne pas vraiment prendre soin de leurs enfants en préférant les dépenses « superflues » aux achats de fournitures scolaires. Une posture qui contraste avec les lamentations gouvernementales sur les résultats catastrophiques de la France dans la récente étude Pisa 2025.

Dans la réalité pourtant, l'ARS [Allocation de Rentrée Scolaire] ne couvre qu'un tiers des dépenses scolaires annuelles de ses bénéficiaires, comme l'a montré une étude de la CAF menée en 2023. L'étude précise : « Si elles [les familles] n'avaient pas perçu l'ARS, elles auraient dû diminuer encore plus leurs autres dépenses. »

Étant professeur de philosophie à Sarcelles, je peux confirmer entendre très peu de mes élèves se vanter de leur nouvelle télé achetée avant la rentrée, et j'ai au contraire très vite abandonné l'idée de leur faire acheter un simple livre. Sans parler des sorties scolaires qui deviennent toujours moins envisageables avec la succession des coupes dans le budget du Pass culture. Comme si une aide de 450 euros était superflue pour des familles déjà à découvert le 10 du mois ?

Le comble du cynisme réside dans la combinaison parfaite de cette suppression de l'ARS avec le nouveau flicage des découverts bancaires dès le 20 novembre prochain. Le message est limpide : Achetez vos fournitures vous-mêmes, et si vous êtes à découvert, nous veillerons à ce que vous vous endettiez toujours plus par des prêts à la consommation avant de bloquer votre compte.

Ce n'est pas tout. Cette énième offensive visant les classes populaires intervient alors que le prix des fournitures ne cesse d'augmenter, avec une nouvelle progression de 2% cette année par rapport à juillet 2025, qui s'ajoute à celle de l'an dernier (+2%), et surtout à la hausse faramineuse des prix de 10% de 2023. Et pourtant, le pire est encore à venir, puisque l'enquête de l'UFC-Que choisir n'a pas encore mesuré l'effet de la variation des prix des matières premières dues aux conflits au Moyen-Orient. L'inflation ne se restreint d'ailleurs pas aux fournitures scolaires mais s'ajoute à celle du prix de l'essence qui prend à la gorge tant les familles que les personnels. Il faudra désormais compter ses sous avant de déposer son enfant à l'école avant d'aller au travail !

Il est toujours plus clair que le gouvernement entend faire payer la crise aux classes populaires. Et ce pour poursuivre coûte que coûte une politique austéritaire qui doit permettre de reverser les économies faites à un budget des Armées qui a plus que doublé depuis 2017, pendant que dans le même temps, les grandes entreprises réalisent des bénéfices records sur le dos du reste de la population. Alors que le prix du litre d'essence frôle désormais les 3 €, Total a ainsi vu exploser ses bénéfices, avec une augmentation de 72 % de son résultat net au premier semestre 2026 !

Face aux coupes budgétaires et à l'inflation, familles et personnels sont dans le même bateau, partagent la même facture d'essence et constatent ensemble les effets de la hausse des prix.

En tant qu'enseignant, une des revendications que je porte pour l'école est ainsi celle de la gratuité sans condition de toutes les fournitures scolaires, mais aussi des transports et de la cantine, qui sont autant de conditions pour garantir un véritable droit démocratique à l'éducation. Car si on ne peut pas faire cours sans cahier et sans stylo, on ne peut pas non plus apprendre à des jeunes qui ont faim, de même que le simple fait de pouvoir se rendre à l'école devrait être garanti pour tous les élèves – la suppression des transports scolaires par la mairie RN d'Hayange montre que c'est encore une revendication à l'ordre du jour !

Face à un gouvernement radicalisé, qui a déjà montré tout le zèle dont il était capable lorsqu'il s'agit de répression, il ne tient donc qu'à nous de faire front pas seulement pour l'école, mais aussi pour l'ensemble des services publics, contre les politiques austéritaires et militaristes. Dès le 29 septembre, parents, élèves et personnels, nous devons être ensemble dans la rue, non seulement contre les offensives sur les services publics, mais contre la hausse du prix de la vie. Nous devons être aussi là le 17 octobre, avec nos organisations syndicales, pour répondre à la colère qui s'exprime et menace d'exploser à nouveau contre la macronie !

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