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Laval : la répression policière s'abat sur le quartier de Saint-Nicolas

Tue, 22 Sep 2026 21:23:07 CEST

Révolution Permanente

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A Laval, dans le quartier de Saint-Nicolas, l'État et la police ont réprimé les jeunes de quartiers populaires, avec le soutien des médias. Retour sur une opération de répression raciste et sécuritaire.

Dans le quartier Saint-Nicolas, quartier populaire de Laval, le samedi 7 septembre un contrôle de police pour excès de vitesse se transforme en agression. Un passant a filmé la scène, en dénonçant un « contrôle abusif ». On voit plusieurs agents de police jeter un homme au sol et tenter de le maîtriser alors qu'il se débat. Plusieurs personnes sont intervenues, visiblement choquées par la brutalité du contrôle de police. Les policiers ont fait usage à plusieurs reprises de bombes lacrymogènes. Un des habitants interpellés par la police a raconté le déroulement des faits. « [Le policier] met mon frère en joue [...] je descends pour dire à mon frère "éloigne toi du contrôle, laisse-les faire leur travail". A ce moment-là le policier me prend par le col et me tire. Mon frère voit ça, c'est normal que le ton monte. »

En réaction à ces violences policières, plusieurs jeunes du quartier « dont des jeunes de 11 à 12 ans » se sont révoltés dans la nuit du 11 au 12 septembre. L'Etat, notamment la préfecture de Mayenne, ont utilisé cet événement pour lancer une opération de répression policière en déployant les CRS de plusieurs départements. Les policiers ont attaqué le rassemblement à l'aide de gaz lacrymogène et de tirs de LBD. Une trentaine de douilles de LBD ont été retrouvées, comme le montre La Garde Antifasciste 53 sur X, ce qui expose l'ampleur de la répression subie par la cinquantaine de jeunes sur place : « Après les violences policières qui ont enflammé le quartier de St Nic à Laval malgré les appels au calme de la famille. Le quartier reste jonché de grenades et douilles de LBD40 »

Durant cette même nuit, trois CRS ont agressé un éducateur qui discutait avec des jeunes près de la maison de quartier de Saint-Nicolas, en le frappant à la cuisse, au bras, à l'épaule et à la tête. L'éducateur souffre de plusieurs hématomes ainsi que d'une plaie au crâne nécessitant 7 agrafes. Cette violence policière a conduit le médecin à lui prescrire deux jours d'ITT et six jours d'arrêt de travail. Un proche de l'éducateur témoigne :, « Ce que je trouve choquant, c'est qu'en rentrant du travail, aujourd'hui, on n'est pas à l'abri des policiers ».

Le commissaire de police a déclaré porter plainte contre l'éducateur pour rébellion : une méthode classique de la répression policière qui vise à inculper les victimes pour blanchir les policiers.

Cette opération de répression raciste contre les quartiers populaires s'ancre dans un contexte de violences policières, quelques jours après la mort de Youssef à Carcassonne, où un enregistrement a révélé le racisme décomplexé des policiers. Comme le déplore un des habitants du quartier : « les jeunes en ont marre de subir au quotidien des contrôles au faciès »

À Laval comme ailleurs, les quartiers populaires subissent une répression toujours plus brutale, tandis que l'impunité policière demeure. Face à cette situation, il est urgent de poursuivre et d'amplifier la mobilisation contre les violences policières, en toute indépendance des institutions, et d'exiger justice et vérité pour toutes leurs victimes. Nous apportons tout notre soutien aux victimes et à leurs proches.

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