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Jeux de Bazeilles à Angoulême : une commémoration au service de la propagande militariste

Mon, 21 Sep 2026 20:02:05 CEST

Révolution Permanente

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Le 10 septembre, les militaires du 1er Régiment d'Infanterie de Marine d'Angoulême ont défilé dans les rues à l'occasion de la commémoration de la bataille de Bazeilles. Une journée de propagande militariste en plein centre-ville, marquée par des épreuves sportives et des exercices militaires, qui porte en elle le souvenir d'une boucherie napoléonienne devenue une mythologie au service de l'État.

Les soldats du 1er Régiment d'Infanterie de Marine d'Angoulême (RIMa) ont pour rituel annuel de commémorer la bataille de Bazeilles. En ce début de mois de septembre, la ville d'Angoulême et son équipe municipale portaient ainsi les « jeux de Bazeilles » dans les rues de la ville. Un spectacle militariste au service de la propagande guerrière du gouvernement.

La bataille de Bazeilles a été transformée en mythe fondateur pour les troupes de Marine. Elle s'est déroulée du 31 août au 1er septembre 1870 et constitue un épisode particulièrement sanglant de la guerre franco-prussienne. Cette guerre emportera le Second Empire et ouvrira la voie à la Commune. Non loin de Sedan, les généraux napoléoniens choisissent d'envoyer à l'abattoir une division entière pour reprendre le village de Bazeilles, alors contrôlé par les troupes allemandes. 2 655 marsouins y sont tués, blessés ou portés disparus. Une quarantaine d'habitants y laissent la vie et le village brûle. Le tout pour défendre la peau de Louis-Napoléon Bonaparte, qui capitulera le lendemain. C'est cette boucherie que le 1er RIMa a commémorée une fois de plus cette année et qu'une pirouette a convertie en sacrifice héroïque.

Autour du mythe de la « maison de la dernière cartouche », cette bataille a rapidement été intégrée à l'idéologie guerrière. Elle est devenue l'exemple type de valeurs telles que le culte de la mission, la ténacité et le renoncement. Le chef d'état-major François Lecointre écrit en 1999 : « Bazeilles offre l'illustration tragique de ce déséquilibre contre lequel on ne peut rien ! » Autrement dit, Bazeilles a été transformée en parangon du sacrifice imposé par les circonstances. Cela permet à l'État d'enjoliver les conséquences meurtrières de ses guerres. La ville d'Angoulême, conduite par la majorité de Xavier Bonnefont (Horizons), joue un rôle actif dans cette commémoration annuelle. Sous couvert d'une cérémonie historique mêlée à une fête sportive, celle-ci constitue une véritable propagande militariste.

Enfin, il est nécessaire de rappeler la dimension profondément coloniale de ce régiment. Installé à Angoulême depuis 1984, le 1er RIMa – plus ancien régiment des troupes de marine – est une unité historiquement mobilisée sur les fronts coloniaux. Il a été le 1er régiment d'infanterie coloniale de 1900 à 1958 et a participé activement à de nombreuses conquêtes coloniales. Il a notamment été engagé en Afrique, en Corée, ainsi que dans les guerres d'Indochine et d'Algérie. Aujourd'hui, le régiment et ses 1 150 « marsouins » ont une vocation d'intervention tournée vers les territoires dits d'outre-mer et l'espace sahélien. Ils perpétuent ainsi leur mission historique de défense des intérêts de l'impérialisme français.

La propagande guerrière menée par la ville d'Angoulême s'inscrit dans la continuité de la relance militariste de l'État français. Le 18 novembre dernier, le général Mandon affirmait lors du congrès des maires de France que le pays devait « restaurer sa force d'âme » pour « accepter de perdre ses enfants et de souffrir économiquement. » L'objectif de l'opération était de faire des élus locaux des relais de cette propagande : « les maires ont un rôle fondamental à jouer. J'ai besoin que vous partagiez cette vision ». Il semblerait que Xavier Bonnefont soit un parfait intermédiaire dans cette course à la mort. Avec un cynisme absolu, les conseillères à la petite enfance et l'adjointe à l'enfance se sont jointes à l'événement. Quitte à vouloir sacrifier nos enfants, elles y avaient toute leur place.

Alors que les services publics et les classes populaires subissent l'austérité qui finance la militarisation, il faut renouer avec le meilleur de la tradition antimilitariste et révolutionnaire. Comme le dit Anasse Kazib, candidat à l'élection présidentielle pour Révolution Permanente : « Nous ne sommes qu'au début d'une course à la militarisation qui mène à la guerre. Seuls les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires peuvent l'arrêter, mais pour ça il va falloir s'organiser et renverser le système ! » Face aux génocides et au réarmement généralisé, l'antimilitarisme anti-impérialiste s'impose comme une nécessité vitale.

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