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Argentine, États-Unis, France… : retour sur les avancées du Courant Révolution Permanente en 2026

Mon, 21 Sep 2026 21:28:59 CEST

Révolution Permanente

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Retour sur une réunion importante de la coordination du Courant de la Révolution permanente (Quatrième Internationale), dont fait partie RP aux côtés d'autres organisations révolutionnaires en Argentine, au Brésil, au Chili, en Bolivie, au Mexique, aux États-Unis, en Espagne, en Allemagne, en Italie, au Costa Rica, en Uruguay, au Venezuela et au Pérou.

La réunion se tenait dans un contexte international bouleversé par la défaite stratégique des États-Unis (et d'Israël) dans la guerre en Iran, qui accélère le déclin de l'impérialisme étatsunien et la crise interne de la présidence Trump, qui pourrait subir un revers cuisant lors des midterms, le 3 novembre prochain. Nous avons discuté de deux points centraux : 1) en amont du congrès de Left Voice, nous avons abordé la situation aux États-Unis, en particulier l'émergence de DSA et la signification des victoires de « candidats socialistes » lors de certaines élections ; 2) la situation en Argentine, en particulier l'orientation politique adoptée par le PTS.

Nous proposons ici une synthèse des principales discussions et des orientations marquantes du CRP depuis la dernière conférence de notre courant international, qui s'est tenue à São Paulo, au Brésil, en décembre 2025.

États-Unis. La décadence impérialiste, la crise organique, le tournant à gauche et le rôle de « Left Voice » en tant qu'organisateur collectif

La discussion a tout d'abord porté sur la situation politique et les perspectives d'émergence d'une gauche révolutionnaire aux États-Unis, sur la base des documents du nouveau congrès de Left Voice qui s'est tenu à New York du 18 au 20 septembre.

Dans leurs rapports, les camarades de Left Voice (LV) ont synthétisé certaines des définitions les plus importantes des documents du Congrès : 1) au cours du second mandat de Trump, en particulier avec la guerre en Iran, les tendances à la crise organique, qui se développent depuis la crise de 2008, se sont aggravées ; 2) cette crise s'exprime, sur le plan extérieur, par une accélération du déclin de l'impérialisme étasunien, confronté à la concurrence stratégique de la Chine, et, sur le plan intérieur, par un essoufflement accéléré du trumpisme lui-même, qui dirige un gouvernement autoritaire affaibli et dont la popularité est au plus bas ; 3) le régime bipartisan est en crise et, depuis la Grande Récession de 2008, une polarisation politique prend un caractère aigu avec, à droite, l'émergence du trumpisme et, à gauche, l'émergence de DSA, quelques années après le développement du sanderisme. Le Parti républicain est divisé en factions rivales – MAGA, les partisans de l'« America First », les néoconservateurs – qui s'affrontent de plus en plus intensément alors que le rôle unificateur que jouait Trump s'affaiblit de manière croissante. Le Parti démocrate, après la présidence de Biden et la défaite aux élections de 2024, ne parvient pas à rétablir le leadership de l'establishment néolibéral, même s'il devrait probablement au moins reprendre le contrôle de l'une des chambres lors des élections de mi-mandat ; 5) de nouveaux processus de lutte des classes se développent, comme le mouvement contre le génocide à Gaza et, surtout, la grande lutte de Minneapolis contre l'ICE et la politique fascisante de Trump contre l'immigration ; 6) dans ce contexte de crise des deux partis impérialistes, de résistance au trumpisme et de processus avancés de lutte des classes, un virage à gauche se dessine sur le plan politique, comme en témoigne le fait qu'une majorité de jeunes âgés de 18 à 24 ans se déclarent partisans du « socialisme », bien que dans une optique qui demeure encore social-démocrate.

Ce virage à gauche est aujourd'hui canalisé par DSA qui, selon ses organisateurs, compte actuellement plus de 120 000 adhérents à l'échelle nationale (bien que le nombre de militants actifs soit inférieur) et se construit comme une fraction à l'intérieur du Parti démocrate. DSA a conquis certains postes importants au sein du régime, comme la mairie de New York avec l'élection de Zohran Mamadani. En interne, des tensions existent entre les secteurs de la direction, qui cherchent à approfondir ce projet de gestion de l'État impérialiste étasunien et aspirent à un renouveau du Parti démocrate, et d'autres ailes qui remettent en cause cette orientation et qui, notamment dans les secteurs de base qui se situent clairement à gauche, soulignent la nécessité de construire un troisième parti, indépendant du Parti démocrate et lié aux syndicats.

Dans ce contexte, le rôle de Left Voice, journal ouvrier intégré au Réseau international de La Izquierda Diario et au CRP, est d'agir en tant qu'« organisateur collectif » des camarades qui interviennent dans l'enseignement (à CUNY), dans les luttes contre l'ICE et la politique raciste de Trump, dans les campagnes contre la répression des militants, (comme les 15 de Minneapolis), au sein du mouvement antiraciste, notamment à Los Angeles où Julia Walace est une figure reconnue, ou encore à Détroit. Nous luttons pour faire émerger une véritable gauche révolutionnaire aux États-Unis qui combatte l'impérialisme et construise l'unité avec les exploités et les peuples opprimés du monde entier. Left Voice est au service de la lutte pour un parti de la nouvelle classe ouvrière, qui rompe avec la tragique tradition de cooptation démocrate des luttes sociales et du mouvement ouvrier et qui porte un programme anti-impérialiste et anticapitaliste.

Argentine. Transformer notre nouveau positionnement politique en organisation partisane et en coordinations de front unique

À partir d'un rapport d'Emilio Albamonte, nous avons débattu en profondeur de l'orientation du PTS en Argentine qui vise à avancer dans la construction d'un parti de la nouvelle classe ouvrière. Dans son rapport, Emilio Albamonte a fait le point sur les avancées des cadres de coordination et des comités qui se rassemblent dans tout le pays afin d'organiser l'énorme sympathie dont bénéficie Myriam Bregman, personnalité politique préférée des Argentins, depuis le lancement de cette campagne lors du rassemblement du 1er mai à Ferro. Emilio a également développé certains concepts centraux abordés dans les entretiens que nous avons publiés dans La Izquierda Diario (LID), comme l'idée d'une « fusion » avec les secteurs les plus actifs et les plus militants du grand mouvement qui commence à s'organiser au sein des comités dans le but de construire un parti de la nouvelle classe ouvrière.

La discussion a également porté sur la manière dont nous pouvons impulser, depuis ces nouveaux cadres, la mobilisation et la lutte contre le gouvernement de Milei, le FMI et l'impérialisme. La Marche de la Colère du 19 septembre, organisée par plus de 350 organisations et d'importantes personnalités du monde de la culture ce week-end et qui a rassemblé entre 30 000 et 70 000 manifestants dans la seule ville de Buenos Aires, constitue une première démonstration en ce sens. Notre objectif n'est cependant pas d'organiser une manifestation ou une marche isolée, mais de poursuivre, à un niveau supérieur, l'organisation dans chaque province, chaque ville et chaque quartier du pays. La Marche de la Bronca a été une formidable occasion de mettre en avant la nécessité de vaincre Milei par la grève générale et non seulement par la voie électorale, comme nous y poussent les forces du régime (ainsi que certains secteurs de la gauche).

Depuis que nous avons lancé la proposition de comités, 200 cadres ont déjà été créés, dans 23 provinces et environ 170 localités ou quartiers, ce qui montre bien qu'il s'agit d'un phénomène national. Des comités se sont même constitués dans des provinces ou des localités où nous n'avions pas de militants auparavant ou à l'initiative de personnes qui nous ont contactés via les réseaux sociaux pour les mettre sur pied.

Environ 7 500 personnes (dont les militants du PTS) ont participé aux dernières réunions de comité. À ces nouveaux participants s'ajoutent ceux qui ont pris part aux réunions précédentes, aux commissions (comme celles consacrées à la lutte féministe), aux ateliers sur le Manifeste ou à d'autres activités. Il faut aussi compter les participants qui sont actifs sur les réseaux sociaux. Les comités font donc partie d'un réseau beaucoup plus vaste. Cette sphère d'influence s'étend non seulement grâce aux réseaux sociaux de Myriam Bregman, de Nicolás del Caño, de Christian Castillo ou d'Alejandro Vilca et à leurs discours publics, mais aussi par le biais de La Izquierda Diario, des émissions en streaming comme « Se viene el zurdaje » ou « El Círculo Rojo », diffusée par Radio con Vos, et d'autres initiatives qui se déroulent dans chacune des provinces et que nous devons continuer de développer. Il convient également de souligner qu'entre 30 et 50 % des participants aux réunions des comités nous rejoignent via un formulaire de contact en ligne, grâce auquel près de 17 000 personnes se sont inscrites, et que des camarades se consacrent entièrement à cette tâche, qui inclut l'intégration des nouveaux membres aux comités.

L'un des aspects les plus significatifs est que, selon les endroits, 40 à 50 % des membres des comités sont très actifs. Avec eux, nous menons une expérience de « fusion », en dirigeant les tâches et les objectifs votés au sein des comités, au sein d'équipes communes avec les militants du PTS. Il s'agit d'un début très prometteur. Très souvent, ceux qui nous ont rejoints récemment nous « devancent à gauche » par leur attitude militante, ce qui ouvre la possibilité de « renouveler les couches dirigeantes » au sein des équipes qui animent les comités.

D'autre part, les membres des comités sont, en général, très « organiques » : les enseignants se distinguent à Buenos Aires tandis qu'en Patagonie, des travailleurs du secteur pétrolier rejoignent également le mouvement. On observe également une avancée très qualitative dans les lycées du pays où les femmes jouent partout un rôle de premier plan. À cela s'ajoute le fait que des délégués d'écoles, d'usines ou du secteur des services, des présidents de conseils d'élèves ou des délégués de classe commencent à se réunir avec nous.

Concrètement, il y a eu une grande effervescence pour préparer la marche du 19 septembre et mobiliser massivement. La « marche de la colère », initialement lancée par Myriam Bregman et reprise avec beaucoup d'enthousiasme par les comités, a fait écho au profond malaise social face au gouvernement, à l'opposition péroniste complice des politiques de Milei et à la paralysie des grandes centrales syndicales. La marche a touché la base de certaines organisations péronistes, bien que les grandes organisations de masse n'aient pas appelé à y participer. Les comités pour la création d'un parti de la nouvelle classe ouvrière ont pour défi d'accroître leur influence et de voir dans quelle mesure ils peuvent agir en tant que « multiplicateurs » de force, c'est-à-dire promouvoir l'auto-organisation et des coordinations grâce auxquelles nous pourrons articuler un « volume de forces » toujours plus grand. Cela pourrait permettre de lancer de « grandes opérations » comme le front unique ouvrier, dans la perspective de vaincre Milei et son programme, le FMI et les grands patrons, par la grève générale et en défendant un programme de transition qui défende la nécessité que les capitalistes paient la crise (un programme qui s'appuie sur le Manifeste du PTS et le programme du FITU) et la perspective d'un gouvernement des travailleurs et des travailleuses.

Notre internationalisme pratique et la lutte pour une Internationale de la révolution socialiste

Depuis la dernière conférence internationale qui s'est tenue à São Paulo en décembre 2025, au cours de laquelle nous avons adopté le nom de « Courant Révolution Permanente », nous avons franchi des étapes importantes pour approfondir notre internationalisme pratique et faire avancer la lutte pour la reconstruction d'une Internationale socialiste révolutionnaire. Nous allons maintenant passer brièvement en revue les activités les plus marquantes de notre courant.

Une délégation composée de camarades du PTS, du MRT du Brésil, de la section catalane de la CRT et du PTR du Chili a participé aux préparatifs de la flottille Sumud en solidarité avec Gaza, dénonçant le génocide perpétré par l'État d'Israël. Auparavant, nous avions déjà participé à la Marche mondiale vers Gaza et à la flottille en 2025, avec notre camarade Bruno Gilga comme porte-parole de la délégation brésilienne.

Une mission du PTS, composée de camarades du secteur de la santé, s'est rendue au Venezuela pour collaborer avec nos camarades de la LTS qui mènent un travail intense depuis les tragiques tremblements de terre dans le cadre d'actions de solidarité ; les camarades du MTS au Mexique se sont également coordonnés avec la LTS dans un contexte extrêmement difficile marqué par le pillage impérialiste des ressources vénézuéliennes et la transformation du pays en un protectorat néocolonial aux ordres des États-Unis dont Delcy Rodríguez, qui applique les ordres de Trump et de Rubio, s'est rendue complice. Nous avons également mis en œuvre cette politique au travers de la grande campagne internationale de solidarité avec le peuple vénézuélien organisée par Pan y Rosas afin d'apporter de l'aide aux victimes du désastre.

Nous avons établi une étroite collaboration entre le PTS, le PTR et le MRT avec les camarades de la LORCI en Bolivie, qui ont joué un rôle de premier plan dans l'immense lutte contre le gouvernement de droite de Rodrigo Paz en encourageant les blocages et l'auto-organisation pour faire face à la trahison de la bureaucratie de la COB. C'est dans ce contexte que La Izquierda Diario de Bolivie a fait un bond en avant.

Au Brésil, les camarades du MRT mènent une intense activité politique, en intervenant dans les syndicats comme dans le syndicat des enseignants de Santo André et le Sintusp, dans le mouvement étudiant, comme à l'université de São Paulo, et dans le mouvement antiraciste à travers Quilombo Vermelho. Actuellement, ils participent à la grève des employés du secteur bancaire. De plus, nos camarades déploient une importante activité idéologique et politique dans les « Casas Marx » de différentes villes, avec des débats auxquels participent les principaux intellectuels de gauche brésiliens. Dernier évènement en date : l'inauguration de la Casa Marx de Belo Horizonte, qui a réuni plus de 700 personnes. En août, le MRT a organisé une importante tournée de Myriam Bregman, qui a présenté son livre Zurda, publié en portugais sous le titre Moderada Nunca, devant une salle comble. La visite de Myriam a eu un grand retentissement politique et a suscité beaucoup d'intérêt dans les grands médias nationaux, comme la Folha de São Paulo et O Globo, qui lui ont consacré de longues interviews.

Au Mexique, les camarades du MTS se sont particulièrement distingués lors de la grève des enseignants pour des retraites dignes, qui s'est déroulée pendant la Coupe du monde de football. Ils ont également joué un rôle actif dans la lutte contre les licenciements dans la fonction publique sous le gouvernement Sheinbaum, en soutenant le collectif « Nous voulons un travail digne » et en coordonnant la lutte avec d'autres mouvements. Par ailleurs, le 1er mai, ils ont inauguré la Casa Marx de Mexico, où se sont tenues d'importantes journées de réflexion et de débat, en présence d'intellectuels de renom et de figures de proue de la gauche, à l'occasion du 86e anniversaire de l'assassinat de Léon Trotsky.

Au Chili, le PTR intervient dans les mobilisations, principalement portées par la jeunesse, contre le gouvernement du pinochetiste Antonio Kast qui, quelques mois seulement après son entrée en fonction, est déjà profondément impopulaire et se heurte à la résistance de différents secteurs face à ses politiques anti-ouvrières et autoritaires. La dernière grande mobilisation a eu lieu le 5 septembre, à l'initiative de la Coordinadora de Estudiantes Secundarios, à laquelle ont participé plus de 5 000 jeunes qui ont dû faire face à la répression brutale des carabiniers. L'une des orientations clés du PTR consiste à organiser à grande échelle la jeunesse, qui est à l'avant-garde de la lutte contre Kast et qui montre la voie pour affronter la droite et l'extrême droite sur le continent.

Dans l'État espagnol, la fusion entre la CRT et Corriente Roja – Quatrième Internationale, qui compte dans ses rangs des dirigeants historiques du mouvement trotskyste comme A. Parras, progresse, à l'issue d'un processus de discussion et d'intervention commune dans la lutte des classes, comme lors de la grande grève de l'éducation en Catalogne et dans d'autres régions. Cette fusion a déjà commencé à montrer tout son potentiel lors de l'université d'été du CRT – Corriente Roja, placée sous le signe du slogan : « Penser la révolution. Prendre parti », à laquelle ont participé 300 camarades.

En Allemagne, les camarades de RIO ont également organisé un camp d'été qui a réuni plus de 200 participants, dans un contexte marqué par la montée électorale de l'AfD et la résurgence de Die Linke, un parti qui défend une orientation très clairement réformiste mais qui traverse une crise importante en raison de sa participation à des gouvernements aux politiques austéritaires, tandis que des dizaines de milliers de jeunes l'ont rejoint car ils y voient un instrument pour faire face à l'extrême droite. En Italie, la FIR a tenu sa conférence en juin, ce qui a permis de consolider les bases programmatiques et politiques du groupe.

Le point le plus marquant de la construction européenne de notre courant est l'avancée de Révolution Permanente en France, qui a fait un bond en avant dans sa construction et son influence politique, tant au sein du mouvement ouvrier que du mouvement étudiant. Ces derniers mois, cette avancée s'est traduite dans les résultats électoraux de son organisation de jeunesse, Le Poing Levé, aux élections nationales du CROUS, où elle a obtenu 25 000 voix, devenant ainsi l'une des principales organisations étudiantes du pays, dans les rassemblements anti-impérialistes organisés quelques mois plus tard, qui ont rassemblé 1 600 jeunes dans quatre villes, ou encore dans les deux mandats de conseiller municipal que RP a obtenus lors des élections municipales à Saint-Denis. En juin, face au procès de deux de ses militants poursuivis pour leur soutien à la Palestine, RP a mené une vaste campagne contre la répression des voix pro-palestiniennes en France et en Europe, qui a culminé dans une grande soirée-évènement à laquelle plus de 1 000 personnes ont assisté à Saint-Denis en présence de Myriam Bregman. En parallèle, le rassemblement devant le tribunal de Paris a mobilisé les principales organisations politiques, syndicales et pro-palestiniennes de la gauche française et s'est tenu en présence de Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle pour La France insoumise (LFI). Actuellement, RP mène une grande campagne politique pour permettre à Anasse Kazib, dirigeant syndical et principal porte-parole de l'organisation, de se présenter comme candidat lors des prochaines élections de 2027. Face au néo-réformisme de LFI, renforcé par la crainte de l'extrême droite, RP se bat pour une stratégie d'indépendance de classe et anti-impérialiste, en plaçant au centre de son programme la force de la nouvelle classe ouvrière. Une campagne qui ne fait que commencer et qui suscite déjà de l'intérêt, comme en témoigne le fort retentissement qu'elle a eu lors de la Fête de l'Humanité (organisée par le journal L'Humanité), mais aussi les attaques de l'extrême droite, alors qu'un député européen du Rassemblement national (RN) a appelé à dissoudre l'organisation en raison de sa dénonciation des violences policières et de ses appels à la mobilisation.

Ce ne sont là que quelques exemples auxquels s'ajoutent les activités des camarades d'Uruguay, du Costa Rica et du Pérou ainsi que les réflexions politiques, théoriques et stratégiques des groupes qui composent le CRP.

En collaboration avec March To Socialism, organisation révolutionnaire qui milite en Corée du Sud, nous animons un journal du CRP en anglais, consacré à l'analyse et au suivi de l'actualité en Asie. Ce projet constituait l'une des résolutions centrales de la conférence du CRP à São Paulo. L'objectif de ce site est de diffuser largement les idées socialistes et révolutionnaires au sein de la classe ouvrière de la région et d'intervenir dans les débats de la gauche asiatique.

Enfin, nous progressons dans l'élaboration commune, avec March To Socialism, Rouge (Belgique) et What Is To Be Done (Canada), d'un Manifeste pour une Internationale de la Révolution socialiste sur la base d'accords programmatiques et stratégiques importants : 1) une position commune sur la guerre en Ukraine contre le « campisme », qu'il soit pro-OTAN ou pro-Russie ; 2) une position qui se prononce clairement en faveur de la défaite des États-Unis et d'Israël dans la guerre d'agression impérialiste contre l'Iran en toute indépendance politique à l'égard du régime réactionnaire iranien ; 3) la lutte contre le génocide à Gaza et le projet colonial de nettoyage ethnique de l'État d'Israël et la lutte pour le droit à l'autodétermination du peuple palestinien ; 4) la revendication de la théorie-programme de la révolution permanente ; 5) l'indépendance de classe et la nécessité de s'opposer tant aux stratégies de « moindre mal » et de collaboration de classe face à l'extrême droite qu'à celles qui visent à administrer l'État capitaliste ; 6) la lutte pour l'hégémonie ouvrière et pour l'auto-organisation, le front unique ouvrier et l'émergence de conseils (soviets).

Avec ce manifeste, nous voulons lancer un appel aux secteurs de l'avant-garde du mouvement ouvrier et de la jeunesse, aux organisations ou aux mouvements de gauche qui s'orientent dans une direction révolutionnaire, afin d'engager la discussion et de faire une expérience politique commune dans la lutte des classes pour avancer dans la reconstruction d'une Internationale révolutionnaire qui, en raison de son programme et de sa stratégie, est à nos yeux la Quatrième Internationale. Car, comme le disaient Marx et Engels, dans Le manifeste du parti communiste, la lutte de la classe ouvrière et des opprimés contre le capitalisme et pour le socialisme est nationale dans sa forme, mais internationale dans son contenu.

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