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Flambée des prix du carburant : il faut faire payer les profiteurs de guerre !

Mon, 21 Sep 2026 22:39:31 CEST

Révolution Permanente

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Les prix moyens des carburants ont franchi ce dimanche des nouveaux records tandis que Total continue d'engranger des profits colossaux. Un rappel de l'urgence d'une mobilisation massive du mouvement ouvrier alors que la rentrée sociale est marquée par une colère généralisée contre la vie chère et l'austérité.

Alors que la situation était déjà critique pour les travailleurs à la rentrée, les prix des différents carburants en France ont battu ce dimanche des records historiques, bien supérieurs au pic enregistré en 2022. Le litre de gazole bat le record établi la veille avec un prix moyen de 2,41 € le litre, tandis que le SP95-E10, carburant le plus vendu, dépasse les 2,17 € et le SP98 les 2,28 €. À Ostwald, en Alsace, une station affichait même le prix hors norme de 2,99 € le litre de gazole. Cette nouvelle hausse s'inscrit dans la continuité des tendances inflationnistes depuis le début de l'agression impérialiste de l'Iran par les États-Unis et Israël et met toujours plus en difficulté les travailleurs et les ménages qui dépendent de leur véhicule pour travailler et se déplacer.

En parallèle, le ministre de l'Économie Roland Lescure a annoncé ce lundi une pénurie « d'au moins un carburant » dans 17 % des stations-service, tout en essayant de rassurer son auditoire en expliquant que « les raffineries tournent à plein ». Une situation qui peut notamment s'expliquer par l'afflux de consommateurs vers les stations du groupe, puisque la multinationale applique depuis juillet une mesure de plafonnement des prix à 1,99 € pour l'essence et 2,25 € pour le diesel. Mais ces prix à peine en deçà de la moyenne nationale ne changent rien aux dépenses déjà intenables de millions de travailleurs et ne servent qu'à booster les ventes de Total, qui a enregistré des profits records en spéculant sur la guerre en Iran.

De son côté, le gouvernement écarte toute possibilité de baisse des taxes sur les carburants, comme l'a également affirmé Roland Lescure. En effet, une telle baisse (de la somme pourtant très minime de 20 centimes par litre) représenterait environ 10 milliards d'euros, un trou dans le budget pro-patronal du gouvernement qui prévoit une cure austéritaire de plus de 50 milliards.

Mais alors que le gouvernement craint que la colère contre le coût des carburants ne réveille la contestation sociale, alors que des appels à se mobiliser le 17 octobre se font entendre, il tente de trouver une issue pour apaiser la situation tout en protégeant les intérêts du patronat : une réunion s'est ainsi tenue lundi à Matignon au sujet de « l'accompagnement à court et moyen terme », avec l'évocation d'un vague dispositif « d'aide aux Français qui travaillent ». Mais la manœuvre s'annonce des plus compliquées.

Qu'il s'agisse des divers ports bloqués par des pêcheurs dans le Sud ces derniers jours, de la grève des raffineurs appelée le 8 octobre ou du spectre d'un retour des Gilets jaunes le 17 octobre, la colère sociale grandit et se nourrit du mépris constant des grands patrons.

Pour faire face à la situation actuelle, il est nécessaire de supprimer la TVA de 20 % sur les hydrocarbures, un impôt particulièrement injuste puisqu'il frappe tous les consommateurs, quels que soient leurs revenus, et de mettre immédiatement en place une baisse et un blocage des prix afin que le carburant reste accessible à toutes et tous. Il faut également mettre fin à tous les mécanismes spéculatifs qui permettent au grand patronat, des distributeurs aux producteurs, de spolier les travailleurs au nom de la « liberté des prix » et de la concurrence.

Pour cela, il est indispensable d'exproprier les acteurs centraux de cette rente spéculative, à commencer par les grands pétroliers comme Total : il faut exiger l'ouverture complète de leurs livres de comptes pour révéler les bénéfices faramineux qu'ils cherchent à maintenir secrets, puis leur nationalisation, sans indemnités ni rachats, sous le contrôle des travailleurs et de la population. Dans le même temps, alors que nos salaires réels ont été érodés par des années d'inflation et par la spoliation orchestrée par les grands capitalistes — qui ont tiré profit des crises du Covid et de la guerre en Ukraine —, il est nécessaire d'exiger une augmentation de 400 euros pour tous, assortie d'une indexation automatique sur l'inflation.

Mais ces revendications vitales ne pourront être arrachées qu'en unifiant et en coordonnant les différents secteurs en lutte, ce que chaque date de mobilisation doit servir à construire, de la grève de la fonction publique et des pompiers du 29 septembre à la mobilisation du 17 octobre contre l'inflation, en passant par la grève des raffineurs du 8 octobre. Face à une crise du capitalisme mondial et aux offensives toujours plus austéritaires du gouvernement, il faut organiser la lutte !

Capture d'écran France 24.

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