Saint-Pierre-des-Corps : la police réprime une nuit de colère après avoir percuté un jeune à moto
Mon, 21 Sep 2026 16:47:09 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalUn jeune en moto a été violemment percuté par la police, samedi 19 septembre. Alors que la police invoque un « refus d'obtempérer » et a réprimé les manifestations de colère dans le quartier, il faut poursuivre la lutte contre les violences policières, le nouveau permis de tuer du gouvernement et toutes les lois racistes et sécuritaires.

Samedi 19 septembre, sur le parking commercial de la Rabaterie à Saint-Pierre-des-Corps, banlieue de Tours, un jeune en moto a été violemment percuté par un véhicule de la police nationale. Sur les images de l'accident, la moto a été complètement broyée par le choc de l'impact tandis que l'impact a déplacé les blocs de béton à proximité. Face à la violence du choc, le jeune a été pris en charge par les secours et serait dans un état grave.
Après que le jeune en moto a été percuté, les habitants qui ont assisté à la scène se sont rassemblés autour de lui pour lui porter secours tandis que plusieurs quartiers de Saint-Pierre-des-Corps, mais aussi le quartier Sanitas à Tours, se sont mobilisés face à la répression policière. Au total, c'est plus d'une centaine de gendarmes et de policiers ainsi qu'un hélicoptère qui ont été déployés pour réprimer la colère des quartiers populaires durant la nuit du 19 au 20 septembre.
La préfecture d'Indre-et-Loire a, quant à elle, réagi en indiquant qu'un policier a été placé en garde à vue pour « blessure routière ». Sur les plateaux des chaînes d'information en continu, les représentants des syndicats de police ont monopolisé la parole médiatique en déballant leur discours sécuritaire avec l'appui de la droite et de l'extrême droite pour justifier l'interpellation extrêmement violence du jeune homme qui aurait pu lui coûter la vie : qu'il s'agisse des « rodéos urbains » ou du « refus d'obtempérer », c'est avec les mêmes prétextes que l'État justifie les agissements des forces de répression et criminalise les victimes.
Sans surprise, c'est la loi Cazeneuve de 2017, passée par le Parti socialiste, qui est à nouveau invoquée alors que le texte fait du « refus d'obtempérer » un motif légal d'utilisation mortel d'une arme à feu. Au-delà des tirs mortels, la légitimation de l'impunité policière ne peut qu'encourager les « parechocages » à répétition dont nous avons été témoin ces dernières années, comme en avril 2023 lorsque des policiers ont percuté le scooter de trois jeunes dans le 20ème arrondissement de Paris après les avoir menacés avec leur arme de service.
Après plusieurs révélations sur les violences de la police de Carcassonne et alors que l'Assemblée a validé en première lecture la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les tirs policiers, donnant un nouveau permis de tuer aux forces de répression, les évènements de Saint-Pierre-des-Corps s'inscrivent ainsi dans une liste toujours plus longue de violences policières.
Au lendemain des mobilisations qui ont eu lieu partout en France contre la loi « permis de tuer », ces nouveaux agissements de la police témoignent de la nécessité de poursuivre la mobilisation contre le projet de loi du gouvernement. La campagne présidentielle ne fera que renforcer ce climat de criminalisation généralisée des quartiers populaires alors que Retailleau se propose de créer un « état d'urgence anti-trafic » pour pouvoir utiliser l'armée pour les boucler. Il y a urgence à exiger l'abrogation de l'ensemble des lois sécuritaires qui ont pavé la voie à ce nouveau texte, à commencer par la loi Cazeneuve, ainsi que l'ensemble des lois racistes et islamophobes. Une perspective à défendre en indépendance des institutions, qui produisent et reproduisent les violences policières et la protection de leurs auteurs et à articuler avec la lutte pour la justice et la vérité pour toutes les victimes de violences policières.
Image venant d'une capture d'écran de la vidéo publiée par Thomas Portes