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Répression : 300 personnes rassemblées en soutien aux enseignantes d'Utrillo menacées de mutation

Mon, 21 Sep 2026 17:42:20 CEST

Révolution Permanente

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Ce jeudi 17 septembre, à la suite de l'appel à la grève lancé par l'intersyndicale 93, environ 300 personnes se sont rassemblées devant le rectorat de Créteil pour soutenir les deux enseignantes du lycée Utrillo de Stains, réprimées pour avoir dénoncé des faits de VSS et de racisme envers des élèves.

Après une première journée de mobilisation le 3 septembre réussie, l'intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de grève et à un rassemblement au rectorat de Créteil en soutien à Julie et Sabrina, les deux enseignantes menacées de mutation forcée pour avoir dénoncé des faits de racisme et de VSS et convoquées ce jeudi 17 septembre au rectorat

Un large front unitaire réuni devant le Rectorat de Créteil !

À l'appel de l'intersyndicale du 93, réunissant la CGT, SUD, le SNES-FSU et la CNT, un large front unitaire s'est constitué, rassemblant différents secteurs de l'éducation du 93. De nombreux personnels étaient présents aux côtés de parents d'élèves, du Collectif Antirep et d'élus, ainsi que plusieurs délégations de grévistes venues d'établissements de l'ensemble du département, notamment des enseignants et des AED de Saint-Denis, d'Épinay-sur-Seine, de Stains, de Villepinte, de La Courneuve, etc.

Dans sa prise de parole, Sabrina a dénoncé l'hypocrisie du ministre : « Monsieur Geffray nous dit : “Protégez”. Nous avons voulu protéger, et on veut nous punir d'avoir protégé. »

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Une représentante syndicale a rappelé que plusieurs élèves avaient témoigné de propos et de comportements inadaptés de la part de l'enseignant mis en cause — parmi lesquels les propos « il court comme un pd » ou « bande de couscous », ainsi que son entrée dans les vestiaires des filles sans autorisation.

Pour avoir dénoncé ces agissements, Julie et Sabrina ont donc été reçues ce jeudi par une délégation de représentants du rectorat. Selon le communiqué de l'intersyndicale, ces derniers « ont nié toute corrélation entre les signalements de VSS effectués et les sanctions qui les visent aujourd'hui », affirmant que ces sanctions seraient la conséquence de l'enquête administrative, laquelle aurait fait apparaître « des tensions dans l'équipe ».

À l'issue de ce rendez-vous, nous avons appris la mise en place d'une procédure contradictoire, une étape inédite dans la gestion des recours au sein de l'Éducation nationale. Concrètement, plutôt que de recevoir directement leur mutation, Julie et Sabrina recevront leur dossier afin de pouvoir prendre connaissance des éléments qui leur sont reprochés et préparer leur défense. Elles seront de nouveau reçu au rectorat le 23 septembre, date à laquelle l'institution rendra sa décision finale.

Cette décision témoigne de la fébrilité de l'institution face au rapport de force construit par une mobilisation unitaire importante. L'ouverture de cette procédure contradictoire constitue une brèche dans laquelle nous devons nous engouffrer en poursuivant la mobilisation et en renforçant l'auto-organisation ! C'est pourquoi nous devons être encore plus nombreux le 23 septembre à faire grève et se rassembler une nouvelle fois devant le rectorat de Créteil pour exiger l'abandon de toute sanction et soutenir nos camarades !

Une mobilisation qui dénonce le rôle fondamental de l'institution dans la reproduction des violences

Les différentes prises de parole ont dénoncé l'inversion de la culpabilité ainsi que l'hypocrisie d'une institution qui prétend faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) une priorité, tout en sanctionnant celles et ceux qui les dénoncent. Les interventions ont également mis en évidence le lien entre le durcissement de la répression à l'encontre des personnels mobilisés, les politiques d'austérité et la dégradation continue des conditions d'enseignement et d'accueil dans les établissements publics, particulièrement dans le 93. Comme cela a notamment pu être pointé par les collègues du Lycée Jean Renoir à Bondy, qui ont directement fait le lien du cas Utrillo avec leur propre mobilisation de l'an dernier où ils se sont liés à leurs élèves pour dénoncer le racisme dans leur établissement.

D'autres allocutions ont aussi souligné le caractère national de ce durcissement autoritaire, en faisant notamment référence au cas des quatre professeurs syndicalistes à Aix-Marseille sanctionnés pour avoir dénoncés le manque de moyens dans leur établissement.

Ce rassemblement a ainsi permis de faire entendre d'une voix unanime la contradiction entre les discours institutionnels et les politiques réellement menées. Alors que le gouvernement affirme vouloir lutter contre les violences faites aux élèves, les personnels mobilisés ont rappelé l'ampleur du manque de moyens dans les établissements - sous-effectifs dans les pôles médico-sociaux, moyens insuffisants consacrés à l'EVARS, volonté de 4000 suppressions de postes d'enseignants, dégradation des bâtiments scolaires et conditions d'accueil parfois indignes, en particulier dans les établissements des quartiers populaires -, rendant impossible tant le travail de prévention que de prises en charges des violences.

A défaut d'investir dans l'éducation, le gouvernement privilégie des réponses sécuritaires, telles que l'interdiction des téléphones ou le développement de la vidéosurveillance dans les établissements, déplaçant du même coup la responsabilité de la dégradation de l'enseignement vers les élèves eux-mêmes, en présentant notamment l'« ensauvagement » comme un problème central, dans une rhétorique raciste visant encore une fois les quartiers populaires.

Face au saut répressif généralisé qui accompagne la saignée budgétaire et la militarisation de l'école, seul le front le plus large possible et le rapport de force pourront faire reculer une institution déterminée à sauver son image et à mettre au pas les personnels de l'éducation et les élèves. De ce point de vue, il est essentiel de s'emparer de la grève nationale des services publics rejoint par les pompiers qui aura lieu le 29 septembre. Alors que l'austérité et l'inflation frappent de plus en plus durement l'ensemble de notre classe, il est urgent de sortir des mobilisations séparées pour construire un large mouvement capable de s'opposer aux offensives du gouvernement et d'exiger une autre perspective pour les travailleurs et la jeunesse, à commencer par des investissements massifs dans l'éducation et les services publics.

Soyons nombreuses et nombreux ce mercredi 23 septembre devant le rectorat de Créteil à 14h pour montrer notre solidarité face à la répression ! Mais aussi le 29 septembre pour porter nos revendications plus largement contre les politiques austéritaires et autoritaires du gouvernement Macron !

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