Retour

Briqueterie de Colomiers : les salariés se mobilisent contre la fermeture partielle du site !

Mon, 21 Sep 2026 23:42:01 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Les salariés de l'entreprise Bouyer Leroux de Colomiers se sont mobilisés le 15 septembre dernier pour sauver leurs emplois alors que l'entreprise a annoncé la fermeture d'une partie du site et la suppression de 43 des 55 emplois présents malgré un bénéfice de 15 millions d'euros à l'échelle du groupe en 2025.

Le 15 septembre, une quarantaine d'ouvriers de la briqueterie Bouyer Leroux de Colomiers se sont mobilisés contre la fermeture de leur usine. Munis d'une banderole où on pouvait lire « SCOP qui licencie, quel avenir pour ses salariés ? », ils se sont réunis au rond-point d'accès à la rocade, entre Pibrac et Colomiers pour protester contre cette décision injuste et distribuer des tracts aux automobilistes. Nathalie qui y travaille depuis 30 ans, dénonce les conditions d'arrêt de l'activité à Ici Occitanie : « J'ai été très, très surprise de l'annonce. Il y a de la colère et puis il y a de la tristesse parce qu'on ne sait pas comment va évoluer le site. Ça fait très mal au cœur. Ici, les gens habitent dans des maisons en briques toute leur vie. J'habite une maison Gélis [le nom historique de l'usine] et ma fille aussi. »

Cette mobilisation intervient suite à l'arrêt de la production début juin par la SCOP Bouyer Leroux, dans le but de fermer la ligne de production de briques pour ne conserver qu'une plateforme logistique sur le site. Ainsi sur les 55 salariés, 43 emplois seraient supprimés, laissant sur la paille et dans une grande incertitude des dizaines de salariés.

Face à cette casse sociale, des salariés témoignaient de leur colère à La Dépêche, comme Jean-Philippe : « On pensait finir notre carrière ici, comme les anciens avant nous. » Nathalie ajoute : « La plupart des employés ont été formés sur le tas, ici. Beaucoup sont peu qualifiés et repartir au Smic après 20 ou 30 ans de maison va être un drame. »

Cette décision, annoncée le 23 juin, a été vécue comme un choc d'autant plus fort qu'un accord avait été signé pour maintenir l'activité jusqu'au 28 février 2028, avec des aides de l'État. Si Bouyer Leroux, numéro 1 dans la fabrication de briques en France, se cache derrière la contraction du marché du bâtiment neuf et le non-respect environnemental de la production à Colomiers, cette fermeture répond en réalité à une logique lucrative qui mène à des licenciements lorsqu'un site est jugé insuffisamment rentable.

Le fait que Bouyer Leroux soit une SCOP et que l'entreprise appartienne majoritairement à ses salariés sociétaires ne supprime pas cette réalité. Certes, ces derniers disposent d'un pouvoir formel important : ils élisent les administrateurs tandis qu'au moins trois quarts des membres du conseil d'administration doivent être salariés de l'entreprise. Mais la gestion quotidienne reste entre les mains d'une direction dotée de pouvoirs étendus et tous les salariés ne décident pas de l'orientation de l'entreprise. Surtout, la propriété coopérative ne soustrait pas Bouyer Leroux aux contraintes de la concurrence et de la rentabilité. Ainsi, même dans une SCOP, des choix de gestion peuvent se faire au détriment des travailleurs.

C'est d'autant plus scandaleux que l'entreprise a généré 15 millions de bénéfice net sur sa branche brique et est classée comme « à risque financier très faible » par le Journal des Entreprises. La communication de l'entreprise elle-même indique clairement sa dynamique et son objectif de croissance. D'autre part, les investissements liés à la décarbonation et au respect des normes ont eu lieu sur les autres sites sans difficulté. Comble de l'hypocrisie, l'entreprise a aussi annoncé des reclassements en interne, c'est-à-dire sur des sites partout en France, ce qui implique des déménagements de plusieurs centaines de kilomètres pour des ouvriers qui ont leur vie dans la région.

Ce projet de licenciement intervient dans un contexte de précarité grandissante, avec des prix des carburants qui explosent, des services publics constamment attaqués pour financer la militarisation dans une situation internationale de plus en plus tendue tandis que le gouvernement entend rogner sur toutes les prestations sociales dans le cadre d'un budget 2027 qui prévoit 54 milliards d'euros de coupes budgétaires.

Face à cette décision, il faut défendre l'interdiction des licenciement mais aussi l'ouverture des livres de comptes de toutes les entreprises afin que les travailleurs puissent savoir où va la richesse qu'il produise. De plus, il faut exiger des CDI pour tous les travailleurs afin de garantir la sécurité de l'emploi, en interdisant les contrats précaires qui mettent les travailleurs en concurrence afin de tirer les salaires et conditions de travail vers le bas. Enfin, la revalorisation des salaires et leur indexation sur l'inflation est une nécessité vitale face à la détérioriation des conditions de vie.

/ / / /