Retour

Marche de la colère : « Pour vaincre Milei, son plan et ses complices, construisons la grève générale »

Sun, 20 Sep 2026 18:22:32 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Ce samedi se tenait en Argentine une grande « marche de la colère » dans plus de 70 villes. Dans ce texte lu lors de la manifestation, les organisateurs expliquent le programme qu'ils défendent pour affronter Milei et la stratégie pour l'arracher.

Le document d'origine est disponible sur le journal de notre organisation sœur en Argentine, le PTS.

Aujourd'hui, nous sommes venus sur cette place de Mai et nous nous mobilisons dans tout le pays pour faire entendre une colère qui monte de la base. C'est la colère de celles et ceux qui travaillent et qui ont du mal à joindre les deux bouts. La colère des retraité·e·s qui ont travaillé toute leur vie et qui doivent aujourd'hui choisir entre manger ou acheter leurs médicaments. La colère de celles et ceux qui sont licencié·e·s tandis que les grands patrons multiplient leurs profits. La colère d'un peuple qui voit les puissants se partager le pays, acheter les voix et prétendre gouverner avec des cartes truquées. Une colère profonde, née face à tant d'inégalités, tant d'abus et tant de mensonges organisés.

Le gouvernement d'extrême droite de Milei est ébranlé par les conséquences de son propre plan, par le rejet populaire, par les luttes qui secouent le pays et par une succession de crises et de scandales, de l'arnaque $LIBRA [1] à l'affaire Adorni [2], en passant par les dénonciations d'une corruption obscène qui atteint les plus hautes sphères du gouvernement. Il est désormais impératif d'avancer vers la défaite de Milei, de ses complices et de son plan « tronçonneuse » : dans la rue, en organisant et en mobilisant toute la colère ouvrière et populaire, et en réclamant une grève nationale s'inscrivant dans un véritable plan de lutte menant à la grève générale.

Colère parce que 30 000 entreprises ferment et que 300 000 emplois sont détruits, tandis qu'on récompense ceux qui font fuir les capitaux. Parce qu'ils privent les hôpitaux de financement et qu'ensuite ils rejettent la faute sur ceux qui les font fonctionner grâce à leur travail. Parce qu'ils s'en prennent à l'université, aux enseignants, aux étudiants et aux scientifiques ; ils privent les cantines communautaires de nourriture et ont supprimé le programme « Retour au travail » pour 950 000 familles. Parce qu'ils imposent des mesures d'austérité aux personnes en situation de handicap. Parce qu'ils qualifient de « liberté » le privilège d'une poignée de personnes et prétendent criminaliser la protestation de ceux qui luttent pour leurs droits.

Colère parce qu'ils persécutent les artistes, vident la culture de sa substance et veulent faire taire toute voix critique.

Colère parce que, 50 ans après le coup d'État génocidaire, ils persistent dans l'impunité et le négationnisme. Ils sont 30 000, c'était un génocide et nous continuons à réclamer Mémoire, Vérité et Justice.

Ce ne sont ni des erreurs ni des excès isolés. C'est un plan de guerre contre le peuple travailleur, mené par la classe capitaliste, les grands groupes économiques, les banques, l'impérialisme, le Fonds monétaire international et les fonds vautours. Ils veulent un pays aux salaires de misère et sans droits du travail. Ils veulent s'approprier nos biens communs, les entreprises publiques et la terre, aggraver la dépendance et faire peser sur les majorités le coût d'une dette extérieure usuraire et frauduleuse que le peuple n'a pas contractée et qui n'a profité qu'aux spéculateurs.

Milei n'est pas arrivé là tout seul. Il a pu progresser grâce au soutien des gouverneurs et des blocs politiques patronaux qui lui ont garanti des lois, ses droits de veto, des accords et la gouvernabilité. Chaque fois qu'il a eu besoin d'un soutien, il a trouvé des législateurs, y compris parmi différents secteurs du péronisme, prêts à négocier les droits du peuple. Le Sénat vient d'approuver, pratiquement à l'unanimité, 67 dossiers de nomination judiciaire transmis par le gouvernement. Des juges qui continueront à rendre des jugements injustes pendant des années et exerceront leurs fonctions pendant des décennies au service du pouvoir économique et de ce plan de pillage, d'inégalité et de misère.

Les gouverneurs ne sont pas seulement les complices de ce gouvernement d'extrême droite. Dans leurs provinces, ils font peser l'austérité sur le peuple travailleur : ils maintiennent les salaires des fonctionnaires et des enseignants en dessous du seuil de pauvreté, réduisent les budgets de la santé et de l'éducation, précarisent l'emploi public, persécutent ceux qui s'organisent et décomptent les jours de grève des enseignants afin de limiter le droit légitime à la grève et de tenter de briser la lutte. Certains se présentent comme des opposants, mais loin de prendre des mesures pour que ce soient les riches qui paient la crise, ils gouvernent ouvertement au service des intérêts des sociétés minières, des compagnies pétrolières, des propriétaires terriens et des grands entrepreneurs. Aucun de ces secteurs ne propose d'abroger l'ensemble de la législation d'austérité et de capitulation, pas même d'abroger la réforme du travail ni de cesser de payer la dette illégitime envers le FMI.

Par exemple, le gouvernement de la province de Buenos Aires a refusé d'intervenir pour garantir la continuité de la production de Fate et le maintien de ses emplois, privilégiant un accord avec des entrepreneurs tels que Madanes Quintanilla et Paolo Rocca ; et nous avons appris ces dernières heures que la justice avait ordonné l'évacuation de l'occupation de Fate par ses travailleurs.

Nous dénonçons également la responsabilité des directions des centrales syndicales. Leur pacte a permis à Milei de poursuivre sa campagne de destruction. La bureaucratie de la CGT a négocié dans le dos des travailleurs et des travailleuses et a fini par trahir la lutte contre la réforme du travail esclavagiste. Au lieu de mobiliser l'énorme force de la classe ouvrière pour la faire échouer, elle a transformé nos droits en monnaie d'échange avec le gouvernement et le patronat, en échange de la préservation de ses caisses et de ses privilèges.

Lire aussi : « Marche de la colère » : une réussite qui ouvre des perspectives pour la lutte des classes en Argentine

Face à chaque attaque, la bureaucratie syndicale a répondu par des mesures isolées et sans continuité ; elle a divisé les revendications ou laissé de côté des luttes fondamentales. Il ne suffit pas d'appeler à une grève pour évacuer la colère, puis de repartir sur la voie des compromis. Nous avons besoin d'une nouvelle grève générale de la CGT s'inscrivant dans un véritable plan de lutte national voté lors d'assemblées et de plénières de délégués, jusqu'à ce que nous ayons fait échouer le programme des grands patrons et du FMI.

Dès le premier jour du mandat de Milei, la résistance s'est manifestée. Avec des mobilisations et des revendications dans les rues, ainsi que des grèves générales. Ce combat est mené par les travailleurs et travailleuses qui défendent la santé publique et les salaires, comme à l'hôpital Garrahan. Ceux et celles qui font face aux licenciements et défendent leurs emplois, comme les travailleurs de Fate aux côtés du Sutna. Le corps enseignant et les communautés éducatives, soutenus par les syndicats et les sections militantes dans tout le pays ; les universités, avec des marches massives de travailleurs universitaires et d'étudiants ; la science et la culture ; les organisations syndicales militantes, les piqueteras ; les femmes et les personnes de toutes les diversités, comme lors de la grande marche du 3 juin pour « Ni Una Menos » et de la manifestation massive du 1er février ; les peuples autochtones ; les assemblées environnementales ; les personnes en situation de handicap et leurs familles ; et tous les secteurs qui refusent d'être la variable d'ajustement.

Les retraité·e·s sont l'un des plus grands exemples de cette résistance. Milei les a choisis comme victimes privilégiées de sa tronçonneuse, mais ils ont réagi en devenant des combattant·e·s infatigables. Mercredi après mercredi, ils défilent devant le Parlement, font face à la répression et montrent qu'il n'y a pas d'âge pour défendre la dignité. Leur lutte est celle de tout le peuple travailleur et nous invitons d'ici toutes et tous, ce mercredi 23 septembre, à les accompagner à l'occasion de la Journée des retraités devant le Parlement.

Depuis cette place, nous embrassons et soutenons toutes les luttes ouvrières et populaires du pays. À partir d'aujourd'hui, nous allons vers la victoire de toutes les luttes, car un triomphe renforce l'ensemble et aucune lutte ne restera isolée. Nous encourageons la création de comités de coordination regroupant tous les secteurs en lutte ainsi que les secteurs combatifs et démocratiques des organisations de la classe ouvrière.

L'unité ne peut pas se limiter à un simple slogan : nous devons la construire dans la rue, en nous coordonnant depuis la base et en entourant chaque conflit de solidarité.

L'attaque s'acharne tout particulièrement contre les femmes et les personnes de la diversité, qui subissent la pauvreté, la précarisation et la destruction des politiques publiques. Le gouvernement nie la violence de genre, encourage les crimes de haine, démantèle les programmes d'aide et s'en prend à nouveau au droit à l'avortement légal, sûr et gratuit conquis dans la rue, tout en cherchant à s'attirer les faveurs de l'Église et du pape avant sa visite en Argentine. Face à cette offensive réactionnaire, nous nous préparons à participer à la prochaine Rencontre plurinationale à Córdoba et à renforcer un mouvement des femmes et des personnes de diversité indépendant des gouvernements et uni à toutes les luttes. Les acquis obtenus grâce à la vague verte, au mouvement « Ni Una Menos » et à des décennies d'organisation ne se négocient pas et ne se cèdent pas.

Nous dénonçons également l'extractivisme qui livre les territoires, l'eau et les biens communs aux grandes entreprises. L'exploitation minière à grande échelle polluante, la fracturation hydraulique, le déboisement et l'agro-industrie laissent derrière eux des maladies et la destruction de l'environnement tout en générant d'énormes profits privés. Ce pillage n'a pas commencé avec Milei : il est également mis en œuvre par des gouverneurs qui livrent leurs provinces et répriment ceux qui défendent l'eau et la terre. Face à la crise climatique et au risque croissant d'inondations, de sécheresses et d'autres phénomènes extrêmes liés au phénomène « el Niño », nous condamnons les mesures d'austérité et le démantèlement du Service météorologique national et exigeons un budget pour les organismes publics de prévention et d'intervention. Nos territoires ne sont pas des zones sacrifiables. À bas le RIGI, le Super RIGI [3]et la modification de la loi sur les glaciers.

Le mouvement des personnes en situation de handicap est en lutte et a démontré qu'il était possible de faire reculer le gouvernement grâce à une mobilisation nationale. Pendant des mois, les personnes en situation de handicap, leurs familles et les travailleurs du secteur sont descendus dans la rue pour dénoncer le gel des salaires, la précarité de l'emploi et la discrimination. Elles ont également dénoncé la corruption au sein d'Incluir Salud et de l'ancienne ANDIS, qui a révélé un immense détournement de fonds, avec des coupes dans les retraites et les prestations, les traitements et les médicaments, et où les fonds détournés sont parvenus jusqu'aux plus hauts fonctionnaires du gouvernement national, qui occupent toujours leurs fonctions ! La lutte a réussi à remettre en cause le projet du gouvernement, mais une loi ne suffit pas si Milei a l'intention de la passer sous silence et de continuer à faire peser l'austérité sur nos droits. Les centrales syndicales n'ont pas non plus pris en compte les milliers de travailleurs en situation de handicap confrontés à des licenciements massifs et à des baisses de salaire.

La violence et le quasi-terrorisme d'État avec lesquels on tente actuellement d'expulser de leurs territoires ancestraux nos communautés autochtones, les Diaguitas à Peñas Negras (Catamarca) et les Mapuches dans les Lof Quintxikew et Lof Melo (Neuquén), à Santa Rosa (Jujuy), ainsi que le siège illégal et violent dont sont continuellement victimes toutes les communautés autochtones ou sédentaires qui luttent pour leur survie et défendent la Mapu-Pachamama. Nous nous prononçons contre toutes les expulsions et en faveur de la défense des droits territoriaux des peuples autochtones. Nous exigeons la fin de la persécution, de la criminalisation et de la violence d'État à l'encontre des communautés. La terre ne peut rester concentrée entre les mains des grands propriétaires terriens, des grandes entreprises et des spéculateurs alors que des milliers de familles n'ont nulle part où vivre.

Par ailleurs, nous avons besoin de solutions concrètes à la crise du logement et de l'habitat du peuple, crise aggravée par un gouvernement inhumain et antipopulaire qui déréglemente le marché locatif et intensifie les expulsions, affectant de manière critique la vie quotidienne de six millions et demi de familles. Ni de maisons sans habitants, ni d'habitants sans maisons !

Le 6 août, nous avons démontré qu'il était possible de les vaincre. La mobilisation unitaire au Congrès et dans tout le pays a contraint le gouvernement à retirer les chapitres qui élargissaient la mainmise étrangère sur les terres et modifiaient la loi sur la gestion des incendies afin de favoriser la spéculation immobilière. Ce fut une victoire des organisations environnementales, paysannes, autochtones, syndicales, sociales et politiques qui, ensemble, avons fait face à la capitulation et à la répression. Même si le Sénat a adopté le reste du projet de loi, y compris les expulsions « express » et les restrictions aux expropriations, un précédent important a été établi : lorsque les luttes s'unissent et descendent dans la rue, nous pouvons faire reculer le gouvernement et ses complices.

Nous joignons notre colère contre la persécution et l'emprisonnement de celles et ceux qui luttent. Nous exigeons la libération d'Eneas Gallo et de Milton Tolomeo, ainsi que l'abandon des poursuites contre toutes et tous les militants. Nous rejetons les procédures disciplinaires visant à sanctionner et à licencier les travailleurs et travailleuses de l'ATE Garrahan et de l'APyT, ainsi que la tentative de licenciement de la secrétaire générale de l'Association des techniciens et professionnels de l'hôpital, de même que les poursuites pénales visant à traduire en justice les militants de la FATE, la persécution des camarades de la direction de l'Ademys, ainsi que la violente persécution judiciaire et gouvernementale contre les mouvements piqueteros. Nous exigeons également l'acquittement des 19 militants de Jujuy opposés à la réforme constitutionnelle de 2023 et des enseignants de Misiones. Près de 200 travailleurs et délégués du métro ont été mis en examen dans une affaire judiciaire engagée par Jorge Macri : nous exigeons la fin de cette persécution.

Nous condamnons également la décision de retirer l'asile politique à la famille Villalba, dont les fillettes argentines ont été assassinées par l'État paraguayen.

Depuis cette place, nous affirmons qu'il n'y aura pas d'issue favorable pour le peuple tant que des milliards de dollars seront consacrés au remboursement d'une dette illégitime, frauduleuse et usuraire. Chaque dollar versé au Fonds monétaire international est soustrait aux salaires, aux retraites, à la santé, à l'éducation et au logement. Nous luttons pour le non-paiement de la dette et la rupture avec le FMI. Que ce soient ceux qui se sont enrichis et qui ont fait fuir les capitaux qui paient la crise.

L'offensive impérialiste ne se limite pas à l'Argentine. Le gouvernement Trump cherche à réaffirmer la domination des États-Unis sur l'Amérique latine et les Caraïbes. Nous dénonçons l'incursion militaire au Venezuela, l'enlèvement de son président ainsi que le pillage des ressources pétrolières et minières. De même que l'aggravation du blocus économique brutal contre Cuba. Nous condamnons également les sanctions, les menaces, la présence militaire et l'ingérence des ambassades et du Département d'État dans les processus politiques et électoraux de nos pays. Au-delà des divergences que nous pouvons avoir avec tel ou tel gouvernement, nous défendons le droit des peuples à décider de leur propre destin. L'Amérique latine n'est pas l'arrière-cour des États-Unis. Pas de base militaire commune avec les États-Unis. Dehors les Anglais des Malouines. Dehors les Yankees d'Amérique latine.

Nous ne pouvons manquer d'exprimer notre condamnation du génocide que l'État d'Israël mène contre le peuple palestinien, avec le soutien politique, militaire et économique des États-Unis et des principales puissances impérialistes.

Les bombardements, les famines orchestrées, les déplacements forcés et la destruction d'hôpitaux, d'écoles et de logements visent à expulser et à anéantir le peuple palestinien. Nous dénonçons la complicité du gouvernement de Milei, aligné sans réserve sur Netanyahu, et exigeons la rupture des relations politiques, diplomatiques, commerciales et militaires avec l'État d'Israël. Nous condamnons la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran ainsi que toute leur offensive impérialiste. Halte au génocide. Vive la lutte du peuple palestinien. Pour une Palestine libre, du fleuve à la mer.

Depuis cette place, nous lançons un programme visant à rassembler les revendications les plus urgentes de notre peuple travailleur :

Nous ne pouvons ni attendre ni faire confiance à ceux qui prétendent s'opposer à Milei tout en votant ses lois, en négociant avec son gouvernement ou en appliquant l'austérité dans les provinces, et qui laissent passer tous les licenciements. Nous ne pouvons pas non plus attendre passivement les prochaines élections alors que chaque jour, des emplois, des salaires, des droits et des services publics sont détruits. Nous devons nous préparer à faire échouer l'ensemble du plan des grands groupes économiques et du FMI, à annuler la réforme du travail et toute la législation d'austérité et de capitulation, et à récupérer chaque droit qu'on nous a retiré.
Nous devons unir les luttes qui, aujourd'hui, s'opposent séparément à un même plan. C'est pourquoi cette Marche prône le soutien actif, l'unité et la victoire de toutes les luttes, et se bat pour transformer toute cette colère en une force nationale capable de vaincre l'austérité.

Nous exigeons que la CGT, aux côtés de la CTA, appelle à une grève nationale et élabore un véritable plan de lutte en vue d'une grève générale. Nous appelons à organiser des assemblées sur chaque lieu de travail et des plénières de délégués mandatés pour discuter de la suite à donner. Et comme nous savons qu'il ne suffit pas de faire des revendications auprès des directions, nous appelons à une coordination par la base, dans chaque syndicat, école, université, hôpital et quartier, ainsi que dans toutes les provinces, entre les organisations ouvrières, sociales, politiques, étudiantes, féministes, écologistes, culturelles, de retraités, de défense des droits de l'homme et des peuples autochtones.

L'exemple du peuple bolivien, acteur d'une rébellion populaire massive contre le gouvernement de Paz, ainsi que celui des grandes révoltes ouvrières et populaires en Argentine, comme le Cordobazo ou celle de 2001, montrent la voie pour mettre fin au gouvernement de Milei et à sa politique anti-ouvrière et de bradage national, en préparant la grève générale pour les vaincre.

Notre colère n'est pas l'indignation isolée de chacun. C'est une colère partagée et organisée, qui se transforme en rassemblement, en coordination et en lutte. Comme le chantaient Pedro et Pablo, c'est une « colère qui est aussi de l'espoir ». Aujourd'hui, cet espoir se lève, défile dans tout le pays et se prépare à devenir une force capable de les vaincre.

C'est pourquoi nous manifestons contre Milei, ses complices et tout son projet.

Nous manifestons contre ceux qui gouvernent au service des banques, des multinationales et du FMI.

Nous manifestons contre ceux qui répriment et persécutent ceux qui luttent.

Nous manifestons contre l'impérialisme, le génocide en Palestine et l'agression contre les peuples d'Amérique latine.

Nous manifestons pour que la colère dispersée se transforme en force organisée.

Nous manifestons en faveur de la grève nationale de la CGT et des CTA et pour un véritable plan de lutte menant à la grève générale.

Pour le soutien, l'unité et la victoire de toutes les luttes !

Pour la défaite de Milei, de ses complices et de tout le plan des grands patrons et du FMI !

Organisons et mobilisons toute la COLÈRE ouvrière et populaire !

APPEL À LA MARCHE DE LA COLÈRE LANCÉ PAR PLUS DE 350 ORGANISATIONS DE TOUT LE PAYS


[2] Voir cet article sur la démission de Michel Adorni en juillet dernier : « Argentine. Avec la démission de son chef de cabinet, Milei est plus isolé que jamais ».

[3] Le RIGI est un « régime d'incitation aux grands investissements » mis en place en 2024 par Milei qui permet d'accorder d'énormes avantages fiscaux aux grands investisseurs et la libre disponibilité des dollars jusqu'en 2038.

/ / / / / / / / / /